Berliner Boersenzeitung - En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale

EUR -
AED 4.224498
AFN 73.046998
ALL 95.696809
AMD 432.204851
ANG 2.059141
AOA 1054.829329
ARS 1592.010727
AUD 1.675056
AWG 2.070548
AZN 1.940108
BAM 1.948608
BBD 2.309277
BDT 140.680786
BGN 1.966226
BHD 0.433201
BIF 3405.830021
BMD 1.150305
BND 1.476451
BOB 7.951653
BRL 6.045197
BSD 1.146568
BTN 108.672918
BWP 15.806662
BYN 3.412904
BYR 22545.969045
BZD 2.30589
CAD 1.596968
CDF 2625.574789
CHF 0.91761
CLF 0.026955
CLP 1064.331108
CNY 7.950732
CNH 7.960418
COP 4213.548953
CRC 532.434929
CUC 1.150305
CUP 30.48307
CVE 109.859539
CZK 24.520469
DJF 204.166478
DKK 7.471797
DOP 68.248115
DZD 153.002311
EGP 60.777976
ERN 17.254568
ETB 177.243244
FJD 2.596697
FKP 0.865848
GBP 0.867439
GEL 3.082826
GGP 0.865848
GHS 12.562635
GIP 0.865848
GMD 84.544271
GNF 10052.897527
GTQ 8.774615
GYD 240.004211
HKD 9.010715
HNL 30.441648
HRK 7.528973
HTG 150.295301
HUF 389.275139
IDR 19544.594431
ILS 3.609219
IMP 0.865848
INR 109.106617
IQD 1501.956692
IRR 1510637.441228
ISK 143.511534
JEP 0.865848
JMD 180.473921
JOD 0.815557
JPY 184.302906
KES 148.930339
KGS 100.594127
KHR 4592.052002
KMF 492.330608
KPW 1035.277493
KRW 1734.659682
KWD 0.35419
KYD 0.955474
KZT 554.294253
LAK 24936.96454
LBP 102671.866453
LKR 361.167032
LRD 210.383532
LSL 19.688137
LTL 3.396551
LVL 0.695808
LYD 7.318988
MAD 10.71595
MDL 20.138674
MGA 4778.364375
MKD 61.41334
MMK 2414.296687
MNT 4107.901635
MOP 9.250957
MRU 45.779042
MUR 53.799879
MVR 17.772118
MWK 1988.062609
MXN 20.790024
MYR 4.513787
MZN 73.561762
NAD 19.688137
NGN 1591.40025
NIO 42.194273
NOK 11.214469
NPR 173.876271
NZD 2.001196
OMR 0.441809
PAB 1.146568
PEN 3.993959
PGK 4.954714
PHP 69.650797
PKR 319.99678
PLN 4.28198
PYG 7496.333102
QAR 4.180272
RON 5.092741
RSD 116.968302
RUB 93.859963
RWF 1674.320545
SAR 4.316807
SBD 9.250792
SCR 17.299154
SDG 691.333041
SEK 10.880052
SGD 1.481684
SHP 0.863026
SLE 28.24003
SLL 24121.32357
SOS 655.281537
SRD 43.252632
STD 23808.981587
STN 24.40991
SVC 10.031975
SYP 127.140463
SZL 19.686343
THB 37.379115
TJS 10.955068
TMT 4.026066
TND 3.380324
TOP 2.769657
TRY 51.125333
TTD 7.790248
TWD 36.86082
TZS 2958.082533
UAH 50.256218
UGX 4271.236046
USD 1.150305
UYU 46.408718
UZS 13982.394836
VES 538.260113
VND 30296.145905
VUV 137.329595
WST 3.192651
XAF 653.544946
XAG 0.016438
XAU 0.000256
XCD 3.108755
XCG 2.066374
XDR 0.8128
XOF 653.544946
XPF 119.331742
YER 274.462738
ZAR 19.700173
ZMK 10354.122627
ZMW 21.583342
ZWL 370.397594
  • AEX

    -10.5800

    960.22

    -1.09%

  • BEL20

    -21.0300

    4985.22

    -0.42%

  • PX1

    -67.6000

    7701.95

    -0.87%

  • ISEQ

    -51.7200

    11975.33

    -0.43%

  • OSEBX

    -6.5600

    1981.56

    -0.33%

  • PSI20

    -115.1700

    8882.11

    -1.28%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -13.4000

    3607.49

    -0.37%

  • N150

    -43.9600

    3778.5

    -1.15%

En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale
En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale / Photo: Jung Yeon-je - AFP/Archives

En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale

Ils ont quitté leur parti, démissionné, défié un char: tous trois, à leur manière, ont changé de vie ce soir glacial de décembre en Corée du Sud.

Taille du texte:

C'était un mardi, le 3 décembre, il y a un an.

22H00, les programmes télés s'interrompent, font soudain place au président. On ne s'attendait pas à le voir, encore moins à ce qu'il allait dire.

"Je déclare la loi martiale d'urgence".

Yoon Suk Yeol dépeint un pays infiltré par des forces communistes pro-nord-coréennes, et envoie l'armée boucler le Parlement. Hélicoptères et chars sont déployés, les fenêtres brisées, l'hémicycle assiégé.

Un nombre suffisant de députés parvient à se faufiler et vote à l'unanimité l'abrogation de la loi martiale. Dehors déjà, des milliers de manifestants hurlent leur indignation d'avoir été renvoyés, l'espace d'une nuit, aux heures sombres de la dictature.

Un an après, l'AFP a parlé à trois personnes dont la vie a pris un tournant:

- Le député transfuge -

Ce soir-là, Kim Sang-wook est l'un des premiers à rallier le Parlement, et à se retrouver nez à nez avec des soldats armés.

"J'ai crié, +L'Assemblée nationale n'est pas un endroit où vous pouvez entrer!+".

Député pour la première fois, du parti présidentiel avec ça. Et alors ? Mu par un "fort sens du devoir, celui d'abolir la loi martiale", il apporte son vote pour rétablir le régime civil, puis se joint à l'offensive de l'opposition contre Yoon Suk Yeol.

Les comptes sont faits: la motion de destitution des démocrates et leurs alliés a besoin de huit voix du Parti du pouvoir au peuple de M. Yoon (PPP) pour passer.

Kim Sang-wook se charge de rassembler des mutins.

"J'encaisserai toutes les insultes, toutes les critiques, alors faites un pas, s'il vous plaît", implore-t-il devant ses camarades.

Le 14 décembre, le président de la Chambre frappe du marteau: 204 députés, dont 12 du PPP, viennent de voter la motion. A quatre bulletins près, c'est assez.

"La première pensée a été le soulagement: nous avions réussi à arrêter ça", se souvient M. Kim.

Les démocrates sont aux anges, les conservateurs furieux. Le jeune député, "seul au monde".

Vient le doute: "que faire", alors qu'il n'a plus "nulle part ou aller" ?

Une photo de lui isolé, en pleurs dans l'hémicycle, fait le tour des réseaux sociaux.

Après des semaines de réflexion, il soutient publiquement le leader de l'opposition, Lee Jae-myung. Yoon Suk Yeol est officiellement déposé en avril, et M. Lee remporte la présidentielle anticipée en juin.

"Ce qui s'est passé après le 3 décembre a donné un sens à ma vie et à mes opinions politiques", assure Kim Sang-wook.

"C'est comme si j'avais trouvé une boussole, un phare. Je sais maintenant où je dois aller, et j'en suis reconnaissant".

- Le démissionnaire solitaire -

L'inspecteur général Ryu Hyuk fonce à son bureau au ministère de la Justice, où il est chargé du contrôle légal.

D'autres hauts responsables sont déjà là.

Cette réunion a-t-elle quelque chose à voir avec la loi martiale, M. le ministre ? "Il a répondu oui, très franchement", rembobine M. Ryu, 57 ans.

La réaction de son patron le convainc de démissionner. En tant que responsable de l'audit interne du ministère, "il ne serait pas approprié de faire un quelconque travail lié à cette déclaration de la loi martiale".

En griffonnant sa lettre à l'extérieur, M. Ryu enrage, et déboule à nouveau dans la salle: "Peu importe vos opinions politiques, la loi martiale n'est pas acceptable !".

Il sera le seul fonctionnaire à démissionner pendant la crise.

Un an plus tard, Ryu Hyuk passe ses journées à faire de la plongée, court des marathons... Lui l'ancien avocat pourrait bien ouvrir un cabinet, mais il n'en est pas encore certain.

En revanche, il en est bien sûr: "Si la loi martiale avait continué, de nombreux responsables publics auraient partagé mon point de vue".

- Celle qui arrêta le blindé -

Kim Da-in n'a appris à conduire que le mois précédent.

Pourtant, elle roule pied au plancher vers l'Assemblée nationale, ses parents sur les sièges passagers.

Plus de quatre décennies après sa dernière activation, "je pense que ma famille ressentait le poids de ce que signifie la loi martiale", raconte la jeune femme de 25 ans à l'AFP.

A leur arrivée, les plans du président ont déjà échoué, mais la fièvre n'est pas encore retombée.

Au milieu du désordre, Kim Da-in repère un blindé de l'armée qui se dirige vers l'Assemblée. Elle se met à courir.

Dressée face au tank, "je n'avais pas peur".

Cette nuit chaotique passée, elle rejoint les manifestations des anti-Yoon, massives des semaines durant, souvent sous la neige, toujours dans le froid.

"Voir ce que ces gens ont créé, cette culture, cette énergie, m'a fait penser qu'ils pouvaient réussir n'importe quoi. Et cela m'a donné envie d'être parmi eux".

Elle qui étudiait en ligne à l'époque veut à présent aller à l'université, côtoyer la jeunesse qui l'a transportée cette nuit-là.

"Je me prépare pour ça", confie "la femme qui a arrêté le char", rendue célèbre par une vidéo en ligne.

"Ce que je veux dire, en tant que femme qui s'est dressée devant ce char, est simple: j'ai l'intention de tenir bon".

(T.Renner--BBZ)