Berliner Boersenzeitung - L'Iran prêt à une guerre d'usure qui "détruirait" l'économie mondiale

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L'Iran prêt à une guerre d'usure qui "détruirait" l'économie mondiale

L'Iran prêt à une guerre d'usure qui "détruirait" l'économie mondiale

Comme son ennemi israélien, l'Iran a assuré mercredi être prêt à une guerre longue, douze jours après le début des attaques américano-israéliennes,un conflit régionalisé qui menace l'économie mondiale et l'approvisionnement en pétrole.

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Alors que les prix du pétrole augmentent, que des sites énergétiques sont frappés dans le Golfe, tout comme des navires dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a pour la deuxième fois cette semaine laissé entendre que la guerre pourrait se terminer "bientôt".

"Dès que je souhaiterai que ça s'arrête, ça s'arrêtera", a-t-il dit, estimant qu'il "ne restait pratiquement rien à frapper" en Iran.

Mais il n'a apporté aucune précision quant à ses objectifs de détruire les programmes balistique et nucléaire iraniens, ou de faire tomber le pouvoir.

Affichant leur détermination malgré les bombes, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, se sont dits prêts à une guerre longue et à pilonner les intérêts économiques occidentaux, afin de forcer Washington à cesser sa campagne militaire.

"Ils doivent envisager la possibilité qu'ils soient engagés dans une guerre d'usure de long terme qui va détruire l'économie américaine entière de même que l'économie mondiale", a déclaré Ali Fadavi, conseiller du commandant en chef des Gardiens, à la télévision d'Etat.

En face, Israël, qui frappe l'Iran et le Hezbollah pro-iranien au Liban, affiche la même détermination.

"Cette opération se poursuivra sans aucune limite de temps", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz.

- Evacuation de bureaux à Dubaï -

Dans la capitale iranienne, des déflagrations continuent d'être régulièrement entendues par les journalistes de l'AFP. Mais la vie s'organise.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié, Mahvash, 70 ans, qui vit à Téhéran.

Dans les Etats du Golfe, les frappes sont devenues une réalité quotidienne, inquiétant nombre de gouvernements qui scrutent la montée des prix du pétrole.

D'autres secteurs sont désormais concernés: le géant bancaire Citi a évacué mercredi ses bureaux à Dubaï, la société de conseil Deloitte a aussi demandé à son personnel de quitter leurs locaux et le cabinet PwC a décidé de fermer les siens dans quatre pays du Golfe.

Deux drones sont en outre tombés près de l'aéroport de Dubaï, blessant quatre personnes.

Un travailleur indien dans un terminal de fret a témoigné, sous couvert d'anonymat, avoir vu la frappe: "Il volait tellement bas que je l'ai vu très clairement. Mais il n'y a pas eu de forte détonation lorsqu'il a percuté le bâtiment".

L'Iran, balayant les mises en gardes de Donald Trump, a dit avoir frappé deux navires dans le détroit d'Ormuz, goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Des réservoirs de carburant ont été touchés aussi sur le port omanais de Salalah et l'Arabie saoudite a indiqué avoir neutralisé des appareils visant le champ pétrolier de Shaybah.

Tout navire dont la cargaison de pétrole, ou le bateau lui même, "appartient aux Etats-Unis, au régime sioniste ou à leurs alliés hostiles sera considéré comme une cible légitime", a averti le commandement central iranien des opérations militaires.

Israéliens et Américains ont, eux, touché treize fois des sites énergétiques iraniens, selon un recensement de l'AFP mercredi.

- Déblocage record -

Au lendemain de l'annonce américaine de la destruction de 16 navires suspectés de vouloir miner le détroit d'Ormuz, les dirigeants du G7 se réunissent par visioconférence pour évoquer les conséquences de la guerre.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont déjà décidé mercredi de puiser 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques, le déblocage "le plus important" de l'histoire de l'institution.

L'annonce était anticipée si bien que vers 15H00 GMT, le prix du Brent de la mer du Nord progressait de 3,30% à 90,70 dollars.

Ce brut doit néanmoins permettre de maîtriser les prix et juguler au moins temporairement le spectre de l'inflation.

Mais "les prix peuvent toujours flamber en raison d'un événement extérieur, comme l'attaque d'une raffinerie", prévient Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.

Le blocage du détroit d'Ormuz force des pays à réagir, à l'instar de l'Inde ou de la Grèce, qui a plafonné les marges sur le carburant.

- Guide blessé -

En Iran, le pouvoir défie la pression militaire américano-israélienne.

Désigné dimanche pour succéder à son père, tué dans les frappes au premier jour de la guerre, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n'est en revanche toujours pas apparu publiquement.

La télévision d'Etat l'a décrit comme "blessé" dans le conflit, ce qu'a confirmé l'ambassadeur iranien à Chypre au Guardian, évoquant des blessures aux membres.

Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies, a estimé qu'il était probablement "dans un bunker", car Israël voudrait "l'éliminer rapidement".

La République islamique entend aussi prévenir des manifestations d'opposition. Le chef de la police, Ahmad-Reza Radan a assuré que ses forces avaient "le doigt sur la gâchette".

Des foules d'Iraniens pro-pouvoir s'affichaient elles dans les rues de Téhéran malgré les bombardements. Des funérailles nationales de hauts responsables ont donné lieu au plus grand rassemblement depuis le début de la guerre, selon des journalistes de l'AFP, un évènement encadré par des forces spéciales lourdement armées.

De son côté, Israël poursuit ses attaques sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

burs-dla/cgo

(U.Gruber--BBZ)