Berliner Boersenzeitung - Municipales: après la percée de LFI, les alliances à gauche commencent à se nouer

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Municipales: après la percée de LFI, les alliances à gauche commencent à se nouer
Municipales: après la percée de LFI, les alliances à gauche commencent à se nouer / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP

Municipales: après la percée de LFI, les alliances à gauche commencent à se nouer

Alliances, fusion, retrait, maintien... Au lendemain d'un vote marqué par la percée de La France insoumise et des scores favorables au Rassemblement national comme à Marseille, des alliances à gauche ont commencé à se nouer lundi en vue du second tour des élections municipales.

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Le RN très bien placé à Marseille, les Insoumis en embuscade à Lille ou à Toulouse et toujours en lice à Paris... Sur fond d'abstention historique hors Covid, les résultats ont placé dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, devant de nombreux dilemmes.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires - comme à Mulhouse ou à Poitiers - sont théoriquement possibles.

A Toulouse, 4e ville de France, où LFI est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le PS, une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin. Une telle alliance place la gauche en bonne position pour tenter de battre le maire DVD sortant.

A Lille, les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon, la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat LR, a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon également, la candidate mélenchoniste espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet pour contrer l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas.

- 2027 dans le viseur -

Mais à Paris et Marseille, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec le mouvement mélenchoniste.

En face, le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati. Sarah Knafo (Reconquête), en mesure également de se maintenir, a elle demandé à sa concurrente d'accepter sa "main tendue" sans faire d'"accord d'appareil".

Une position jugée "irresponsable" par l'Insoumis Sébastien Delogu, lui aussi qualifié, qui plaide pour un "front antifasciste".

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi à 18h00, dernier délai pour déposer ses listes en préfecture.

A ce moment-là, les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

- "Tradition à gauche" -

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs plus beaux argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété sur France Inter son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes au premier tour des municipales et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le parti lepéniste, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan. A Toulon, sa députée Laure Lavalette est largement en tête malgré un manque de réserves pour le second tour.

Et à Nice, son allié Eric Ciotti (UDR) est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi (Horizons), symbole d'un bloc macroniste en demi-teinte.

Seul Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre.

(T.Burkhard--BBZ)