Berliner Boersenzeitung - Azerbaïdjan: le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour "espionnage"

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Azerbaïdjan: le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour "espionnage"
Azerbaïdjan: le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour "espionnage" / Photo: AFPTV STRINGER - AFP/Archives

Azerbaïdjan: le Français Martin Ryan condamné à dix ans de prison pour "espionnage"

Un tribunal azerbaïdjanais a condamné lundi un Français, Martin Ryan, à dix ans de prison pour "espionnage", a constaté un correspondant de l'AFP, une affaire née dans un contexte de tensions entre Paris et Bakou, qui ont depuis diminué.

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Le procès de cet homme d'affaires, qui vivait depuis quatre ans en Azerbaïdjan au moment de son arrestation en décembre 2023, avait débuté en janvier 2025. Le Parquet avait requis onze ans de prison.

Lors d'une audience à Bakou lundi, Martin Ryan a été reconnu coupable d'espionnage au profit de Paris, des accusations rejetées par la France.

Il était jugé aux côtés d'un complice présumé, Azad Mamedli, un citoyen azerbaïdjanais accusé pour sa part de "haute trahison" et qui a été condamné à douze ans d'emprisonnement.

Selon l'accusation, Martin Ryan a été recruté par des membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) française qui travaillaient à l'ambassade de France à Bakou. Ces derniers ont ensuite été expulsés.

Il aurait reçu notamment l'ordre d'obtenir des informations sur les relations entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Algérie et la Somalie, ainsi que des photographies d'armements livrés à Bakou par le Pakistan et des informations sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine.

- "Je ne suis pas un espion" -

Dans sa dernière prise de parole lundi avant le verdict, Martin Ryan a rejeté ces accusations et répété avoir agi sans être conscient que ses activités pouvaient être utilisées à des fins d'espionnage.

"Je ne suis pas un espion et j'ai tenté de le prouver tout au long du procès", a-t-il affirmé, selon des propos traduits par un interprète.

Il a affirmé se considérer "seulement coupable" d'avoir établi des contacts avec des employés de l'ambassade française et de n'avoir pas partagé d'informations à leur sujet avec les autorités azerbaïdjanaises.

Paris a rejeté catégoriquement, à plusieurs reprises, ces allégations, affirmant que M. Ryan était victime de tensions diplomatiques entre la France et ce pays du Caucase riche en hydrocarbures.

Les relations bilatérales étaient tendues depuis la reprise par Bakou, en septembre 2023, de tout le contrôle du territoire du Karabakh alors à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100.000 habitants.

Bakou reprochait alors le soutien de Paris à l'Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l'Azerbaïdjan d'une ingérence concernant ses territoires d'outre-mer, ce que Bakou nie.

- Réchauffement diplomatique -

Mais, depuis l'automne dernier, les liens entre les deux pays ont montré des signes d'amélioration.

Le 8 mars, le président français Emmanuel Macron et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont entretenus par téléphone et ont discuté, selon Bakou, des possibilités de relancer leurs relations.

"Depuis un peu plus d'un an, nous avons repris des contacts plus actifs afin de pouvoir remettre la relation sur de meilleurs rails par rapport à l'ensemble des différends que nous avions et que nous avons encore", avait affirmé en février une source diplomatique française à l'AFP, sous couvert d'anonymat.

"Nous souhaitons pouvoir mener à bien un processus de normalisation avec l'Azerbaïdjan", avait-elle ajouté, précisant que l'affaire Martin Ryan était l'un de ces "différends".

En octobre, M. Aliev avait déclaré que "les malentendus passés" entre Paris et Bakou avaient été "résolus" après sa rencontre avec M. Macron à Copenhague.

Dans de nombreux pays autoritaires d'ex-URSS, tels que l'Azerbaïdjan, une condamnation officielle peut être une étape nécessaire avant un échange de prisonniers ou une grâce.

(U.Gruber--BBZ)