Berliner Boersenzeitung - Au lendemain des municipales, l'heure des leçons pour les partis

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Au lendemain des municipales, l'heure des leçons pour les partis
Au lendemain des municipales, l'heure des leçons pour les partis / Photo: ROMEO BOETZLE - AFP

Au lendemain des municipales, l'heure des leçons pour les partis

Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique est attendu lundi pour tirer les leçons du scrutin, alors que la question des alliances et des stratégies pour la présidentielle domine déjà le débat.

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Dans les trois plus grandes villes, Paris, Lyon et Marseille, la stabilité est de mise. Dans la capitale, le socialiste Emmanuel Grégoire savoure sa victoire, après l'avoir célébrée jusque dans le métro ou en déambulant à vélo dans les rues.

Favori des sondages pour 2027, le président du Rassemblement national Jordan Bardella n'a pas manqué de revendiquer "la plus grande percée" de l'histoire du parti, qui a remporté des dizaines de petites et moyennes villes, celle-ci n'est qu'un "commencement", a-t-il promis.

Si le parti d'extrême droite continue d'améliorer son implantation, il n'a pas réussi à faire tomber toutes les barrières entre lui et la droite traditionnelle, qui s'est mise en travers de sa marche à Toulon (Var), Nîmes (Gard), voire à Marseille. A Nice, son allié Eric Ciotti a remporté une victoire majeure, mais sous l'étiquette de l'UDR.

Chantre de l'union des droites, le nouveau maire de Nice affirme que "LR c'est terminé".

Diagnostic évidemment aux antipodes au parti de droite qui, malgré ses échecs à Paris et probablement Lyon, a remporté plusieursvilles importantes: Clermont-Ferrand, Brest, Limoges...

De quoi conforter le chef Bruno Retailleau, déjà candidat à la présidentielle, qui estime avoir montré une "autre voie", entre le "chaos social" insoumis et le "désordre budgétaire" du "programme économique" du RN.

- "Clarification" au bloc central -

La question d'une éventuelle candidature commune de la droite et du centre promet d'agiter encore de nombreux mois l'espace allant de Renaissance aux Républicains en passant par Horizons.

Le parti d'Edouard Phillippe peut souffler après la réélection de son champion au Havre qui, selon les derniers sondages, reste en position de se qualifier au second tour de la présidentielle de 2027.

De son côté, le parti macroniste Renaissance, s'il remporte moins de villes que la droite, a conquis Annecy et surtout Bordeaux, reprise aux écologistes.

Revigoré, son chef Gabriel Attal a souhaité tendre la main à droite et à gauche, mais avec une "pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été absolument écœurés" par les accords entre le PS et LFI.

- "Toxique pour elle-même" -

Comme lui, les caciques du bloc central devraient accentuer ces prochaines semaines leurs critiques sur la volte-face socialiste entre les deux tours.

Le choix de candidats locaux socialistes dans une quinzaine de villes de s'allier aux Insoumis s'est fait après la promesse du PS de ne pas conclure d'accord national.

D'autant que la stratégie s'est révélée parfois perdante, à Limoges ou à Toulouse notamment où les socialistes avaient rejoint LFI au second tour, mais également à Clermont-Ferrand, Tulle, Brest ou Avignon, perdues par le PS.

Le pari a toutefois été remporté à Nantes, conservée par la numéro deux du PS Johanna Rolland.

"La provocation outrancière" et "les dérapages antisémites" sont "une voie sans issue", a lancé dimanche le patron du PS Olivier Faure, en direction de Jean-Luc Mélenchon, tout en estimant que les "gauches irréconciliables" conduiront à une autre "impasse".

Une position qui dénote la difficulté pour le PS à bâtir une stratégie gagnante pour la prochaine présidentielle.

Son homologue coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a lui vu dans des victoires insoumises à Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve, ou encore Vénissieux, un "formidable désaveu" des "calomnies" contre son mouvement.

Il a aussi observé une "vague dégagiste" touchant des sortants socialistes et écologistes.

"La gauche a été toxique pour elle-même dans cette campagne", a jugé la patronne des écologistes Marine Tondelier. "On est à bord du Titanic", a pointé de son côté François Ruffin, candidat à la primaire de la gauche, appelant celle-ci à ne pas "déconne(r)", sous peine d'être coulée par "l'iceberg Rassemblement national".

(T.Burkhard--BBZ)