Berliner Boersenzeitung - Pas de pause dans les bombardements, le pétrole en hausse dans le sillage de Trump

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Pas de pause dans les bombardements, le pétrole en hausse dans le sillage de Trump
Pas de pause dans les bombardements, le pétrole en hausse dans le sillage de Trump / Photo: ATTA KENARE - AFP

Pas de pause dans les bombardements, le pétrole en hausse dans le sillage de Trump

L'Iran et Israël ont échangé de nouveaux tirs de missiles lundi, sur fond de nouvelle hausse des prix du pétrole, dopés par les derniers propos de Donald Trump sur une éventuelle intervention terrestre américaine en Iran.

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Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue de peser sur l'économie mondiale, notamment via le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Les cours du brut, qui ont augmenté de plus de 50% depuis le début de la guerre, ont de nouveau progressé lundi matin (+2,5%, à plus de 115 dollars), soutenus par les déclarations du président américain qui a évoqué dimanche une possible opération terrestre en Iran pour s'emparer du terminal pétrolier de l'île de Kharg, le plus grand du pays, et "prendre le pétrole" iranien.

"Si les Etats-Unis lançaient une invasion terrestre de l'Iran, ou si Téhéran intensifiait ses frappes de représailles contre les infrastructures énergétiques ou fermait complètement le détroit, les projections d'un baril de pétrole à 200 dollars ne seraient plus une hypothèse farfelue", a ainsi estimé Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, un courtier spécialisé dans le pétrole.

Un navire américain d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines est arrivé dans la région vendredi, selon le commandement militaire américain.

"L'ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre", avait dénoncé dimanche le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Avant d'avertir: "Nos hommes attendent l'arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toute leurs alliés régionaux".

Donald Trump continue toutefois de souffler le chaud et le froid, tant sur la suite des opérations militaires que sur d'éventuels pourparlers avec le pouvoir iranien.

Il a ainsi assuré dimanche qu'"un changement de régime" avait eu lieu en Iran, après les morts des principaux dirigeants de la République islamique dans des bombardements, dont celle au début de la guerre du guide suprême Ali Khamenei, remplacé depuis par son fils Mojtaba, qui n'est toujours pas apparu en public.

"Nous avons affaire à des personnes différentes", "bien plus raisonnables" que leurs prédécesseurs, a déclaré le président américain à des journalistes.

De quoi entrevoir de prochaines négociations? Il est resté flou sur le sujet, disant "entrevoir un accord", "peut-être bientôt", avec ces nouveaux responsables iraniens qu'il ne nomme pas.

Ces derniers jours, le Pakistan, voisin de l'Iran, s'est proposé pour "accueillir et faciliter" des "pourparlers significatifs" entre les deux pays.

- Irruption des Houthis -

Les bombardements se sont poursuivis lundi matin à travers la région.

L'armée israélienne a annoncé frapper de nouveau des sites militaires à Téhéran, en réponse à une attaque de missiles venus d'Iran.

Le gouvernement iranien a assuré dans la matinée que le courant était complètement rétabli à Téhéran et dans sa région, après avoir été coupé la veille à la suite d'attaques contre des installations électriques.

Dans le Golfe, où l'Iran a encore ciblé ce week-end des infrastructures économiques, le Koweït et l'Arabie saoudite ont été visés lundi par de nouvelles attaques. Le premier a déploré une attaque iranienne contre une usine de dessalement qui génère aussi de l'électricité, où un ressortissant indien a été tué. L'Iran a démenti en accusant Israël.

Le gouvernement saoudien a lui indiqué avoir intercepté cinq missiles balistiques qui se dirigeaient vers l'est du pays.

De son côté, Israël, attaqué ce weekend par les Houthis pro-iraniens du Yémen, a dit vouloir "étendre la zone de sécurité" dans le sud du Liban, fief du groupe armé pro-iranien Hezbollah qu'il continue de bombarder jusque dans la banlieue de Beyrouth.

Les bombardements des rebelles houthis, les premiers dans ce conflit, ont renforcé l'inquiétude des marchés, faisant craindre une extension de la guerre en mer Rouge, vers laquelle l'Arabie saoudite a déplacé une grande partie de ses exportations de pétrole pour éviter Ormuz.

Dans le sud du Liban, l'explosion d'un projectile d'origine inconnue a tué un Casque bleu indonésien de l'ONU, a annoncé Jakarta.

L'armée libanaise a elle annoncé la mort d'un soldat dans une frappe israélienne ayant visé, pour la première fois depuis le début de la guerre, l'un de ses barrages dans le sud.

Le gouvernement iranien a par ailleurs assuré que son ambassadeur au Liban resterait sur place, malgré l'ordre d'expulsion émis par les autorités libanaises qui l'accusent d'ingérence.

Israël s'est doté dans la nuit d'un nouveau budget, prévoyant une augmentation massive des ressources allouées à la défense. Le budget approuvé propose une augmentation de près de neuf milliards d'euros, sur un budget total d'environ 40 milliards, soit plus du double qu'en 2023.

burx-emd/anb

(K.Müller--BBZ)