Berliner Boersenzeitung - Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient

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Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient
Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient / Photo: HENRY NICHOLLS - AFP

Inflation en hausse: l'économie britannique rattrapée par la guerre au Moyen-Orient

Le taux d'inflation au Royaume-Uni a grimpé en mars, poussé comme ailleurs par l'envolée des prix des carburants: l'économie britannique, qui montrait enfin des signes de redressement en début d'année, a été rattrapée en mars par la guerre au Moyen-Orient.

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L'indice des prix à la consommation (CPI) est reparti à la hausse le mois dernier, à 3,3% sur un an, contre 3% en février, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS).

L'accélération de l'inflation, en ligne avec les attentes des économistes, s'explique "largement par la hausse des prix des carburants, qui ont connu leur plus forte progression en près de trois ans", résume Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS.

L'économie britannique avait pourtant semblé amorcer un redressement en début d'année, selon des chiffres publiés récemment par l'institut statistique, avec une hausse surprise de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) en février et un recul inattendu du chômage à 4,9%.

"Il semblait que les responsables politiques avaient dompté le monstre de l'inflation. Mais les règles du jeu ont changé, révélant la vulnérabilité du Royaume-Uni aux pressions extérieures, et le retour à l’objectif d’inflation de 2% apparaît désormais de plus en plus incertain", affirme Joe Nellis, économiste chez MHA.

- "Ce n'est pas notre guerre" -

Le pays, dont le mix énergétique est encore très dépendant du gaz, n'est pourtant pas le seul à voir l'inflation accélérer dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz.

Les Etats-Unis ont vu l'indice des prix à la consommation (CPI) bondir de 3,3% en mars (contre 2,4% en février). En zone euro, il a augmenté de 2,6% (contre 1,9% le mois précédent).

Mais la hausse des prix met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà en difficulté après un énième rebondissement de l'affaire Mandelson (une déclinaison britannique de l'affaire Epstein).

"Ce n'est pas notre guerre, mais elle fait grimper les factures des familles et des entreprises. C'est pourquoi ma priorité numéro un est de maintenir les coûts au plus bas" pour les ménages, a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué.

Le gouvernement britannique a notamment annoncé mardi une réforme pour éviter que la hausse des prix du gaz n'influe de manière démesurée sur ceux de l'électricité, en favorisant les énergies renouvelables.

- "Coûts déjà absorbés" -

Le Royaume-Uni, dont les finances publiques sont extrêmement serrées, reste pourtant l'un des rares pays occidentaux à n'avoir pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien direct aux ménages face à la hausse des prix à la pompe depuis le début du conflit.

Un gel d'une taxe sur les carburants, déjà en place depuis plusieurs années et régulièrement reconduit, doit en principe être supprimé progressivement à partir de septembre.

Deux semaines après le 8 avril, date de l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, celui-ci semble tenir mercredi matin en Iran et dans le Golfe, après l'annonce de la prolongation de la trêve par Donald Trump, qui maintient toutefois le blocus des ports iraniens.

"Même en cas de résolution rapide, il n'y aurait pas de forte baisse de l'inflation. Les coûts déjà absorbés par les entreprises mettent du temps à se résorber, et les comportements de fixation des prix ont tendance à s'ajuster lentement à la baisse", prévient Joe Nellis.

Selon les analystes, malgré la hausse de l'inflation au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre devrait probablement s'abstenir de relever son principal taux directeur lors de sa réunion de la semaine prochaine.

(S.G.Stein--BBZ)