Berliner Boersenzeitung - Mali: les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg à travers le pays

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Mali: les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg à travers le pays
Mali: les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg à travers le pays / Photo: anonymous - UGC/AFP

Mali: les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg à travers le pays

Les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont revendiqué samedi une série d'attaques coordonnées avec la rébellion touareg contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir au Mali, en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes importantes du pays sahélien.

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Le Mali est en proie depuis plus d'une décennie aux conflits et aux violences jihadistes, mais depuis la prise du pouvoir en 2020 par la junte, ces attaques de la part des jihadistes et de la rébellion touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) sont sans précédent.

En septembre 2024, le JNIM avait revendiqué une double attaque d'une rare ampleur contre l'aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l'école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.

Les combats entre l'armée et les assaillants, entamés samedi à l'aube, se sont poursuivis intensément dans l'après-midi en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes, en particulier à Kidal, bastion historique des groupes armés indépendantistes dans le nord.

Le FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l'Azawad dans le nord du Mali, a annoncé contrôler Kidal. La ville avait été reprise en novembre 2023 par l'armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d'une décennie de contrôle par des groupes rebelles.

Dans un communiqué diffusé samedi soir, le JNIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, proclame une "victoire", estimant qu'elle est le fruit d'un travail acharné", d'une coordination avec ses "partenaires" et "grâce à la participation active de nos frères du Front de libération de l'Azawad".

Il déclare assumer "la responsabilité" pour les attaques ayant visé samedi "le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l'aéroport international" de Bamako et "les sites militaires dans la ville de Kati" voisine.

Des incertitudes planent sur le sort du ministre de la Défense, du patron du renseignement malien et du chef de la junte malienne.

Selon des habitants, la résidence du ministre a été en grande partie détruite par une forte explosion. Son entourage a démenti des allégations selon lequels M. Camara était blessé.

- "Vaste offensive" -

Samedi après-midi à Bamako, des hélicoptères - qui ont mené des frappes aériennes dans la matinée - tournaient toujours au-dessus de la capitale dans les environs de l'aéroport, a constaté un journaliste de l'AFP. Alors que les rues étaient restées désertes depuis le matin, des passants commençaient à sortir peu à peu pour observer la situation.

Plusieurs artères de la capitale menant à des infrastructures militaires, à l’aéroport et au palais présidentiel de Koulouba étaient bouclées par les forces de sécurité.

"Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le gouvernement a perdu la moitié du pays", a commenté auprès de l'AFP Charlie Werb, analyste du cabinet de conseil Aldebaran Threat Consultants (ATC), évoquant de "graves défaillances de sécurité à Bamako".

Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao (nord), selon des déclarations sur les réseaux sociaux. Sur X, son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, indique que "plusieurs positions sont déjà passées sous le contrôle des forces de l'Azawad".

Des tirs se poursuivaient également, mais de manière plus espacée, samedi après-midi dans la ville voisine de Bamako, Kati, qui abrite la résidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta, et une attaque a eu lieu à Sévaré (centre), selon un journaliste de l'AFP et des résidents.

Aucun bilan de victimes n'était disponible dans l'immédiat.

Le Bureau des Affaires africaines des États-Unis a présenté ses "condoléances les plus sincères aux victimes et à leurs familles", et condamné "fermement l'attaque terroriste d'aujourd'hui au Mali".

- Sort du ministre de la Défense ? -

De son côté, l'Union africaine (UA) a dit "condamner fermement" ces attaques, estimant qu'elles "risquent d'exposer les populations civiles à des dangers importants".

Après avoir annoncé que "des groupes armés terroristes, non encore identifiés", avaient attaqué samedi matin "certains points et casernes de la capitale et de l'intérieur" et que des combats étaient en cours, l'armée malienne a déclaré plus tard dans un nouveau communiqué que la situation était "sous contrôle", en dépit de tirs toujours entendus, et que "plusieurs terroristes ont été neutralisés et des équipements détruits".

"Le JNIM et le FLA ont lancé des attaques coordonnées au Mali. De nombreuses positions de l'armée et de l'Africa Corps (organisation paramilitaire russe, ex-Wagner) continuent d'être prises pour cible à Kati, Kidal, Sévaré et Gao", a résumé Hasret Kargın, chercheur Afrique au cabinet d'intelligence Mintel World.

"Les chances de reprendre des villes comme Kidal et Gao sans appui aérien militaire sont très faibles. Le soutien aérien sera le facteur décisif pour les deux camps", a-t-il relevé.

Dans son communiqué de samedi soir, le JNIM, fait inédit, s'adresse à la Russie et "annonce" vouloir "neutraliser la partie russe du conflit, en échange de la non-prise de cible de cette dernière et d'une coordination visant à construire une relation future équilibrée et efficace" - en d'autres termes, il propose de ne pas attaquer les Russes au Mali en échange de la neutralité de Moscou dans la situation actuelle.

Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes.

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(L.Kaufmann--BBZ)