Berliner Boersenzeitung - En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

EUR -
AED 4.244095
AFN 72.238294
ALL 95.372284
AMD 425.796151
ANG 2.06913
AOA 1060.87932
ARS 1666.425323
AUD 1.645042
AWG 2.083044
AZN 1.96205
BAM 1.953563
BBD 2.33237
BDT 142.008622
BGN 1.929829
BHD 0.436749
BIF 3456.011584
BMD 1.155642
BND 1.488857
BOB 7.982928
BRL 5.980676
BSD 1.157975
BTN 110.157817
BWP 15.66388
BYN 3.198473
BYR 22650.577968
BZD 2.329066
CAD 1.610999
CDF 2630.240525
CHF 0.922046
CLF 0.026922
CLP 1059.562004
CNY 7.826873
CNH 7.829369
COP 4133.360674
CRC 534.36897
CUC 1.155642
CUP 30.624506
CVE 110.537428
CZK 24.155246
DJF 206.212616
DKK 7.474292
DOP 67.444433
DZD 154.415675
EGP 59.769094
ERN 17.334626
ETB 186.69382
FJD 2.565295
FKP 0.865794
GBP 0.862646
GEL 3.062231
GGP 0.865794
GHS 13.53236
GIP 0.865794
GMD 84.362162
GNF 10143.742709
GTQ 8.805993
GYD 241.695338
HKD 9.056591
HNL 30.966168
HRK 7.536284
HTG 151.409548
HUF 355.547032
IDR 20730.825921
ILS 3.426073
IMP 0.865794
INR 109.99554
IQD 1513.89067
IRR 1589209.620649
ISK 143.415251
JEP 0.865794
JMD 182.866048
JOD 0.819311
JPY 185.301319
KES 149.597305
KGS 101.060519
KHR 4651.803407
KMF 493.458925
KPW 1039.910279
KRW 1761.879588
KWD 0.357313
KYD 0.962706
KZT 564.118937
LAK 25427.003378
LBP 103701.165527
LKR 389.896923
LRD 210.888196
LSL 19.090762
LTL 3.412309
LVL 0.699036
LYD 7.380399
MAD 10.697739
MDL 20.089171
MGA 4858.165953
MKD 61.644694
MMK 2425.892117
MNT 4135.66961
MOP 9.324504
MRU 46.239086
MUR 55.320381
MVR 17.866471
MWK 2008.048602
MXN 20.143708
MYR 4.695487
MZN 73.84741
NAD 19.080017
NGN 1571.511134
NIO 42.613163
NOK 10.9758
NPR 176.674176
NZD 1.98582
OMR 0.444356
PAB 1.155287
PEN 3.964718
PGK 5.068301
PHP 70.967382
PKR 322.252183
PLN 4.241193
PYG 7133.084127
QAR 4.212892
RON 5.238643
RSD 117.393517
RUB 83.180202
RWF 1695.652111
SAR 4.338219
SBD 9.2978
SCR 15.2614
SDG 693.959869
SEK 10.929077
SGD 1.487078
SHP 0.862803
SLE 28.486827
SLL 24233.231754
SOS 661.854339
SRD 43.306568
STD 23919.450643
STN 24.530497
SVC 10.108513
SYP 127.735505
SZL 19.04542
THB 37.992299
TJS 10.778352
TMT 4.056302
TND 3.361473
TOP 2.782508
TRY 53.317883
TTD 7.836095
TWD 36.525244
TZS 3033.557216
UAH 52.021726
UGX 4358.047531
USD 1.155642
UYU 46.766854
UZS 13896.592375
VES 655.217886
VND 30409.556564
VUV 137.850305
WST 3.1738
XAF 656.790594
XAG 0.017745
XAU 0.000274
XCD 3.123179
XCG 2.082034
XDR 0.816837
XOF 656.79344
XPF 119.331742
YER 275.793755
ZAR 19.102984
ZMK 10402.158979
ZMW 20.567193
ZWL 372.116167
  • AEX

    1.8800

    1046.86

    +0.18%

  • BEL20

    16.0900

    5565.12

    +0.29%

  • PX1

    4.1000

    8203.43

    +0.05%

  • ISEQ

    88.4100

    13089.38

    +0.68%

  • OSEBX

    -2.9900

    1990.11

    -0.15%

  • PSI20

    -28.5800

    8902.89

    -0.32%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -53.7700

    4180.4

    -1.27%

  • N150

    -7.9600

    4180.5

    -0.19%

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après
En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après / Photo: ilia YEFIMOVICH - AFP

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

Assis à la table recouverte d'une nappe plastique fleurie de son préfabriqué, Meir Goldmintz dit réaliser son rêve d'il y a 20 ans: "revenir à Sa-Nur", minuscule colonie israélienne surplombant les villages palestiniens du nord de la Cisjordanie occupée.

Taille du texte:

Le rétablissement de cette colonie, démantelée en 2005 comme trois autres des environs et toutes celles de la bande de Gaza lors du retrait israélien de ce territoire, est particulièrement symbolique.

Un grand pas en arrière éloignant un peu plus la perspective d'un Etat palestinien pour les opposants à la colonisation. Ou une "rectification historique" pour Meir Goldmintz et ses voisins, comme l'avait dit lors de la cérémonie de réinstallation mi-avril le ministre d'extrême droite Bezalel Smotrich.

"Son frère habite à côté", signale Meir Goldmintz, qui compte aussi parmi ses voisins l'influent Yossi Dagan, président du Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie et l'un de ceux évacués il y a 20 ans.

L'AFP a eu un rare accès à Sa-Nur, au bout d'un chemin de terre contrôlé par un barrage de l'armée israélienne. Les colonies juives récemment créées - illégales au regard du droit international comme toutes celles de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 - sont peu friandes des médias étrangers, que leurs habitants jugent hostiles à leur cause.

Un petit groupe reste à distance, l'air méfiant. Seul Meir Goldmintz a accepté de parler à l'AFP - à condition que ce ne soit pas de lui.

"Je ne veux pas que les gens croient que je suis spécial", justifie-t-il. "Mon histoire personnelle n'a pas d'importance, l'histoire, c'est celle du retour du peuple juif".

Lui n'avait jamais habité ici mais a participé aux marches pour réclamer une réinstallation avec les plus radicaux des colons, partisans d'un grand Israël où les Palestiniens n'ont ni place, ni nom. Les "Arabes", comme les appelle cet enseignant en yeshiva (institut talmudique) à l'épaisse barbe grisonnante, kippa noire et chemise claire.

- Vélos d'enfants et bulldozers -

L'installation débute juste. Des ouvriers s'activent sur les poteaux électriques, d'autres creusent au bulldozer. Une route goudronnée longe la dizaine de bungalows blancs. Devant les portes d'entrée, des vélos d'enfants jetés au sol, du linge qui sèche, un hamac, barbecue et trampoline.

L'intérieur est sommaire. "90m2, taille standard", bien moins grand et confortable que son ancienne maison dans une autre colonie, admet Meir Goldmintz. Il y vit avec sa femme et sept de ses huit enfants (l'aînée est mariée) dont les portraits décorent les deux frigos de la pièce à vivre. Rien au mur, des bibliothèques remplies de livres religieux, un piano sous bâche plastique et un canapé.

De la fenêtre, une vue panoramique sur des maisons beiges et champs d'oliviers à flanc de collines. "Ce sont tous des villages arabes, je ne sais pas pourquoi ils sont là puisque c'est une terre juive", lâche Meir Goldmintz.

La réponse des Palestiniens est taguée en arabe sur les murs d'un bâtiment à l'abandon - "la résistance reviendra". Certains graffitis ont déjà été recouverts.

Grignotée de toutes parts, la Cisjordanie, où vivent aujourd'hui plus de 500.000 Israéliens au milieu de trois millions de Palestiniens, voit pousser les drapeaux israéliens depuis 1967, mais le nombre de colonies approuvées par le gouvernement a explosé ces dernières années.

De trois seulement entre 2013 et 2022, le chiffre a augmenté avant de monter à 54 en 2025 et déjà 34 en 2026, selon l'ONG israélienne Peace Now.

"Nous enterrons l'idée d'un Etat palestinien et nous revenons à la colonie de Sa-Nur", avait résumé Bezalel Smotrich le jour de l'inauguration.

- Déterrer les morts -

Meir Goldmintz soutient que personne dans les environs ne leur est hostile. L'autre jour, avance-t-il, il était bloqué dans un embouteillage devant la colonie et des jeunes palestiniens l'ont aidé à passer.

Une vidéo filmée par des Palestiniens le lendemain de la visite de l'AFP raconte une autre histoire.

En contrebas de la colonie, dans le cimetière du village d'al-Asaasa, on voit des hommes porter un corps dans un linceul, vers la sortie. Derrière eux, des colons, armes de guerre en bandoulière, et des soldats israéliens.

Le corps est celui d'un vieil homme décédé ce jour-là. "Pendant que nous l'enterrions, les colons ont commencé à nous provoquer depuis là-haut mais nous les avons ignorés", témoigne auprès de l'AFP son fils, Mohammad Asaasa.

Il avait quitté les lieux une fois l'enterrement terminé, mais des habitants du village l'ont rappelé sur place, pour lui dire que les colons étaient toujours là.

En arrivant devant la tombe, Mohammad Asaasa voit qu'ils ont creusé la terre "pour essayer de déterrer le corps", dit-il.

Dans un communiqué, l'armée israélienne a souligné n'avoir jamais donné de telles instructions, assurant avoir confisqué les outils des colons. Et a condamné "tout acte allant à l'encontre de l'ordre public, de l'Etat de droit, et de la dignité des vivants et des morts".

Mohammad Asaasa, lui, a réenterré son père ailleurs.

(A.Lehmann--BBZ)