Berliner Boersenzeitung - En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

EUR -
AED 4.169644
AFN 72.093516
ALL 94.383371
AMD 417.736819
ANG 2.032771
AOA 1041.701222
ARS 1679.480864
AUD 1.648523
AWG 2.045086
AZN 1.9303
BAM 1.958034
BBD 2.286509
BDT 139.642404
BGN 1.919776
BHD 0.428202
BIF 3388.871104
BMD 1.13537
BND 1.474828
BOB 7.845193
BRL 5.922778
BSD 1.135295
BTN 107.433418
BWP 15.532064
BYN 3.199551
BYR 22253.260537
BZD 2.283276
CAD 1.616198
CDF 2576.155678
CHF 0.922636
CLF 0.026528
CLP 1044.052439
CNY 7.709733
CNH 7.736437
COP 3905.83325
CRC 516.805597
CUC 1.13537
CUP 30.087317
CVE 110.383654
CZK 24.247369
DJF 201.778359
DKK 7.475233
DOP 66.547981
DZD 151.595785
EGP 56.336399
ERN 17.030557
ETB 183.035082
FJD 2.5543
FKP 0.860835
GBP 0.862751
GEL 2.997056
GGP 0.860835
GHS 12.715901
GIP 0.860835
GMD 82.251366
GNF 9947.56902
GTQ 8.659881
GYD 237.477232
HKD 8.902155
HNL 30.337193
HRK 7.536362
HTG 148.443948
HUF 356.102114
IDR 20426.449506
ILS 3.392371
IMP 0.860835
INR 107.084501
IQD 1487.335271
IRR 1561191.117191
ISK 144.168984
JEP 0.860835
JMD 178.807954
JOD 0.804989
JPY 183.708645
KES 147.018845
KGS 99.288132
KHR 4561.345018
KMF 492.750507
KPW 1021.833789
KRW 1753.710196
KWD 0.351408
KYD 0.9461
KZT 552.497421
LAK 24920.201678
LBP 102288.732742
LKR 383.007004
LRD 206.790497
LSL 18.835679
LTL 3.352454
LVL 0.686774
LYD 7.272061
MAD 10.674161
MDL 20.106384
MGA 4742.557364
MKD 61.637966
MMK 2383.755532
MNT 4064.701566
MOP 9.169364
MRU 45.394594
MUR 54.735521
MVR 17.552948
MWK 1968.598149
MXN 20.023359
MYR 4.698096
MZN 72.552347
NAD 18.874335
NGN 1557.773921
NIO 41.56604
NOK 11.195854
NPR 171.889122
NZD 2.013017
OMR 0.436557
PAB 1.13533
PEN 3.850378
PGK 4.980815
PHP 69.702664
PKR 315.747061
PLN 4.292478
PYG 6925.023304
QAR 4.127318
RON 5.234856
RSD 117.375708
RUB 85.038488
RWF 1667.739581
SAR 4.268242
SBD 9.141949
SCR 15.322054
SDG 681.786348
SEK 11.093248
SGD 1.473671
SHP 0.847669
SLE 28.100583
SLL 23808.154509
SOS 648.864161
SRD 42.531174
STD 23499.875712
STN 24.527986
SVC 9.933553
SYP 125.494876
SZL 18.835983
THB 37.943514
TJS 10.541259
TMT 3.973797
TND 3.335148
TOP 2.7337
TRY 52.783672
TTD 7.698021
TWD 36.075489
TZS 2975.241646
UAH 50.960592
UGX 4188.779316
USD 1.13537
UYU 45.32251
UZS 13641.475842
VES 704.784587
VND 29899.98042
VUV 134.880228
WST 3.135486
XAF 656.726557
XAG 0.02012
XAU 0.000285
XCD 3.068395
XCG 2.046098
XDR 0.814022
XOF 650.567583
XPF 119.331742
YER 270.927785
ZAR 18.84295
ZMK 10219.681001
ZMW 20.46398
ZWL 365.588817
  • AEX

    -0.3200

    1065.35

    -0.03%

  • BEL20

    -41.1300

    5671.66

    -0.72%

  • PX1

    45.0400

    8385.49

    +0.54%

  • ISEQ

    137.9800

    13936.44

    +1%

  • OSEBX

    -18.2800

    1926.78

    -0.94%

  • PSI20

    -80.4000

    9055.89

    -0.88%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -300.8100

    4116.43

    -6.81%

  • N150

    -15.5400

    4183.4

    -0.37%

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après
En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après / Photo: ilia YEFIMOVICH - AFP

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

Assis à la table recouverte d'une nappe plastique fleurie de son préfabriqué, Meir Goldmintz dit réaliser son rêve d'il y a 20 ans: "revenir à Sa-Nur", minuscule colonie israélienne surplombant les villages palestiniens du nord de la Cisjordanie occupée.

Taille du texte:

Le rétablissement de cette colonie, démantelée en 2005 comme trois autres des environs et toutes celles de la bande de Gaza lors du retrait israélien de ce territoire, est particulièrement symbolique.

Un grand pas en arrière éloignant un peu plus la perspective d'un Etat palestinien pour les opposants à la colonisation. Ou une "rectification historique" pour Meir Goldmintz et ses voisins, comme l'avait dit lors de la cérémonie de réinstallation mi-avril le ministre d'extrême droite Bezalel Smotrich.

"Son frère habite à côté", signale Meir Goldmintz, qui compte aussi parmi ses voisins l'influent Yossi Dagan, président du Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie et l'un de ceux évacués il y a 20 ans.

L'AFP a eu un rare accès à Sa-Nur, au bout d'un chemin de terre contrôlé par un barrage de l'armée israélienne. Les colonies juives récemment créées - illégales au regard du droit international comme toutes celles de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 - sont peu friandes des médias étrangers, que leurs habitants jugent hostiles à leur cause.

Un petit groupe reste à distance, l'air méfiant. Seul Meir Goldmintz a accepté de parler à l'AFP - à condition que ce ne soit pas de lui.

"Je ne veux pas que les gens croient que je suis spécial", justifie-t-il. "Mon histoire personnelle n'a pas d'importance, l'histoire, c'est celle du retour du peuple juif".

Lui n'avait jamais habité ici mais a participé aux marches pour réclamer une réinstallation avec les plus radicaux des colons, partisans d'un grand Israël où les Palestiniens n'ont ni place, ni nom. Les "Arabes", comme les appelle cet enseignant en yeshiva (institut talmudique) à l'épaisse barbe grisonnante, kippa noire et chemise claire.

- Vélos d'enfants et bulldozers -

L'installation débute juste. Des ouvriers s'activent sur les poteaux électriques, d'autres creusent au bulldozer. Une route goudronnée longe la dizaine de bungalows blancs. Devant les portes d'entrée, des vélos d'enfants jetés au sol, du linge qui sèche, un hamac, barbecue et trampoline.

L'intérieur est sommaire. "90m2, taille standard", bien moins grand et confortable que son ancienne maison dans une autre colonie, admet Meir Goldmintz. Il y vit avec sa femme et sept de ses huit enfants (l'aînée est mariée) dont les portraits décorent les deux frigos de la pièce à vivre. Rien au mur, des bibliothèques remplies de livres religieux, un piano sous bâche plastique et un canapé.

De la fenêtre, une vue panoramique sur des maisons beiges et champs d'oliviers à flanc de collines. "Ce sont tous des villages arabes, je ne sais pas pourquoi ils sont là puisque c'est une terre juive", lâche Meir Goldmintz.

La réponse des Palestiniens est taguée en arabe sur les murs d'un bâtiment à l'abandon - "la résistance reviendra". Certains graffitis ont déjà été recouverts.

Grignotée de toutes parts, la Cisjordanie, où vivent aujourd'hui plus de 500.000 Israéliens au milieu de trois millions de Palestiniens, voit pousser les drapeaux israéliens depuis 1967, mais le nombre de colonies approuvées par le gouvernement a explosé ces dernières années.

De trois seulement entre 2013 et 2022, le chiffre a augmenté avant de monter à 54 en 2025 et déjà 34 en 2026, selon l'ONG israélienne Peace Now.

"Nous enterrons l'idée d'un Etat palestinien et nous revenons à la colonie de Sa-Nur", avait résumé Bezalel Smotrich le jour de l'inauguration.

- Déterrer les morts -

Meir Goldmintz soutient que personne dans les environs ne leur est hostile. L'autre jour, avance-t-il, il était bloqué dans un embouteillage devant la colonie et des jeunes palestiniens l'ont aidé à passer.

Une vidéo filmée par des Palestiniens le lendemain de la visite de l'AFP raconte une autre histoire.

En contrebas de la colonie, dans le cimetière du village d'al-Asaasa, on voit des hommes porter un corps dans un linceul, vers la sortie. Derrière eux, des colons, armes de guerre en bandoulière, et des soldats israéliens.

Le corps est celui d'un vieil homme décédé ce jour-là. "Pendant que nous l'enterrions, les colons ont commencé à nous provoquer depuis là-haut mais nous les avons ignorés", témoigne auprès de l'AFP son fils, Mohammad Asaasa.

Il avait quitté les lieux une fois l'enterrement terminé, mais des habitants du village l'ont rappelé sur place, pour lui dire que les colons étaient toujours là.

En arrivant devant la tombe, Mohammad Asaasa voit qu'ils ont creusé la terre "pour essayer de déterrer le corps", dit-il.

Dans un communiqué, l'armée israélienne a souligné n'avoir jamais donné de telles instructions, assurant avoir confisqué les outils des colons. Et a condamné "tout acte allant à l'encontre de l'ordre public, de l'Etat de droit, et de la dignité des vivants et des morts".

Mohammad Asaasa, lui, a réenterré son père ailleurs.

(A.Lehmann--BBZ)