Berliner Boersenzeitung - Accord Iran-USA: détente des prix à la pompe, pas encore de retour à la normale

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Accord Iran-USA: détente des prix à la pompe, pas encore de  retour à la normale
Accord Iran-USA: détente des prix à la pompe, pas encore de retour à la normale / Photo: Loic VENANCE - AFP/Archives

Accord Iran-USA: détente des prix à la pompe, pas encore de retour à la normale

La perspective d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran a entraîné dès la semaine dernière une accalmie sur le front des prix à la pompe, mais un retour à la situation d'avant la guerre semble encore très incertain.

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Où en sont les prix ?

Les déclarations depuis quelques jours du président américain Donald Trump sur l'imminence d'un accord, officialisé lundi, ont déjà entraîné une détente des cours du pétrole et, en conséquence, des prix des carburants.

"C'est vrai qu'on a eu beaucoup d'annonces d'accords imminents, etc., qui ne se sont pas produits. Mais il y a eu quand même une espèce de retour de confiance ces 15 derniers jours et surtout la semaine dernière", a déclaré à l'AFP Blandine Ruty, secrétaire générale du syndicat de l'industrie pétrolière française (Ufipem).

Le baril de Brent, référence pour le marché du pétrole, a en effet déjà fondu de plus de 10 dollars en une semaine: à 94 dollars le 8 juin, il s'échangeait lundi autour de 83 dollars.

"Du coup, mécaniquement, les cotations de produits finis (carburants)" sur le marché de référence à Rotterdam "se sont beaucoup détendues cette semaine", a souligné Mme Ruty.

"Qui dit cotations qui se détendent, dit détente des prix à la pompe", a-t-elle souligné.

Les automobilistes qui roulent au gazole, carburant qui a le plus flambé au cours de ce conflit, ont en effet connu un petit répit: il est repassé vendredi sous la barre des deux euros le litre, selon les chiffres fournis lundi par la direction générale de l'Energie et du Climat (DGEC), rattachée au ministère de la Transition écologique.

Le prix moyen du litre de gazole a reculé de près de 2 centimes, tombant à 1,995 euros vendredi 12 juin, contre 2,014 la semaine précédente. C'est la première fois depuis début mars, peu après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, que le gazole passe sous la barre symbolique de deux euros le litre.

Quelle facture pour les vacanciers ?

"En ce qui concerne le super sans plomb 95 E10, il est déjà repassé sous les 2 euros le litre la semaine dernière", souligne Blandine Ruty.

Le litre de SP95 E10 a reculé de 6 centimes, passant à 1,958 euro/l TTC au 5 juin contre 2,018 euros/l TTC la semaine précédente.

"Grossièrement, on peut imaginer que les Français passeront leur été probablement en dessous de 2 euros le litre" sur les principaux carburants, a estimé lundi sur France Info Philippe Chalmin, professeur émérite à l'université Paris-Dauphine et fondateur du cercle CyclOpe spécialisé dans les matières premières.

Le gouvernement va "s'assurer" que la chute de cours du pétrole attendue après la conclusion d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran soit "bien répercutée à la pompe", a déclaré lundi le président Emmanuel Macron sur TF1.

Problème: au-delà des bonnes nouvelles attendues sur le front de la sécurité d'approvisionnement, la demande saisonnière d'essence liée à la période estivale, est de nature à soutenir les cours, souligne Blandine Ruty.

Compte tenu de cet "effet saisonnier", décrit aux Etats-Unis sous le nom de "driving season" ("saison des départs en voitures"), "c'est surtout le gazole qui devrait baisser parce que ce sont ses cotations qui ont le plus augmenté pendant toute cette guerre", selon Mme Ruty.

Les prix à la pompe vont-ils continuer à baisser ?

"Pour que ça baisse vraiment et que ça dure, il faut libérer le détroit d'Ormuz", a souligné lundi sur CNews et Europe 1 le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, qui remarque que concrètement, rien n'est encore fait.

"Vers la fin de l'année, on pourrait se retrouver (...) entre 60 et 70 dollars le baril", comme avant la guerre, selon Philippe Chalmin. Prudent, il estime que cela sera possible "si l'accord est effectivement signé vendredi, si le détroit d'Ormuz est rouvert, etc.".

Et même dans ce cas, "ce n'est pas parce qu'il y a un accord (...) que tout le système (...) va se remettre en ordre de marche immédiatement", a averti le patron du géant TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors de la dernière assemblée générale fin mai.

La confiance des pétroliers est un peu échaudée: avant de ramener les bateaux dans le golfe persique pour aller charger du pétrole, les majors pétrolières veulent s'assurer "que la paix est durable".

(F.Schuster--BBZ)