Berliner Boersenzeitung - Combattre les cyberpirates avec des "corsaires", le pari risqué des Etats-Unis

EUR -
AED 4.095707
AFN 71.375524
ALL 90.629125
AMD 401.864619
ANG 1.996035
AOA 1022.672924
ARS 1723.922219
AUD 1.618655
AWG 2.010215
AZN 1.895337
BAM 1.951988
BBD 2.245914
BDT 138.888795
BGN 1.949246
BHD 0.421306
BIF 3336.609061
BMD 1.115237
BND 1.429006
BOB 13.37648
BRL 6.134826
BSD 1.115123
BTN 104.674643
BWP 15.362036
BYN 3.339603
BYR 21858.651068
BZD 2.242801
CAD 1.572284
CDF 2581.774682
CHF 0.91503
CLF 0.027739
CLP 1091.805975
CNY 7.459268
CNH 7.438833
COP 3615.208992
CRC 505.721557
CUC 1.115237
CUP 26.764537
CVE 110.050107
CZK 24.332021
DJF 198.585581
DKK 7.475279
DOP 67.762239
DZD 152.073356
EGP 60.124507
ERN 16.728559
ETB 183.029391
FJD 2.526681
FKP 0.82712
GBP 0.834326
GEL 2.90513
GGP 0.82712
GHS 13.030141
GIP 0.82712
GMD 83.078765
GNF 9876.713947
GTQ 8.521361
GYD 233.783976
HKD 8.743577
HNL 29.972489
HRK 7.549052
HTG 146.154436
HUF 363.147469
IDR 20196.89173
ILS 3.549723
IMP 0.82712
INR 104.839499
IQD 1690.61247
IRR 2109307.411394
ISK 136.839321
JEP 0.82712
JMD 176.974426
JOD 0.790714
JPY 176.486031
KES 144.880684
KGS 97.525046
KHR 4543.433679
KMF 491.819516
KPW 1003.713526
KRW 1518.808077
KWD 0.346794
KYD 0.929448
KZT 499.850844
LAK 25086.451852
LBP 99861.479711
LKR 370.819259
LRD 189.582556
LSL 18.44129
LTL 3.293006
LVL 0.674596
LYD 7.136066
MAD 10.900218
MDL 19.933417
MGA 5067.286962
MKD 61.5824
MMK 2341.945843
MNT 4017.053808
MOP 9.002227
MRU 45.02009
MUR 52.449594
MVR 17.236008
MWK 1933.754044
MXN 20.794871
MYR 4.529091
MZN 71.274602
NAD 18.442528
NGN 1502.804634
NIO 41.039862
NOK 10.525626
NPR 167.47923
NZD 2.009351
OMR 0.428801
PAB 1.115197
PEN 3.841399
PGK 5.082031
PHP 70.381556
PKR 308.402558
PLN 4.394961
PYG 6969.547044
QAR 4.075748
RON 5.341543
RSD 117.528191
RUB 91.34446
RWF 1645.99659
SAR 4.187376
SBD 8.979576
SCR 15.328421
SDG 670.814858
SEK 11.021667
SGD 1.429924
SHP 0.83146
SLE 25.550526
SLL 23385.973454
SOS 637.298419
SRD 41.914518
STD 23083.160442
STN 24.452253
SVC 9.756948
SYP 14500.315015
SZL 18.43624
THB 37.422868
TJS 10.287089
TMT 3.914483
TND 3.336784
TOP 2.685223
TRY 55.937537
TTD 7.562233
TWD 36.572088
TZS 2947.016612
UAH 50.516904
UGX 4561.114057
USD 1.115237
UYU 44.862398
UZS 13306.017617
VES 996.76453
VND 28530.558211
VUV 133.285758
WST 3.098703
XAF 655.957
XAG 0.021556
XAU 0.000275660932
XCD 3.013984
XCG 2.009631
XDR 0.788531
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 263.391144
ZAR 18.42628
ZMK 10038.473066
ZMW 22.660174
ZWL 359.105955
SSP 6407.257042
MXV 2.339505
  • AEX

    -15.8300

    1099.02

    -1.42%

  • BEL20

    -65.5900

    5540.72

    -1.17%

  • PX1

    -120.2600

    7843.89

    -1.51%

  • ISEQ

    -301.0700

    14173.37

    -2.08%

  • OSEBX

    -24.9000

    2050.38

    -1.2%

  • PSI20

    -177.8800

    9489.32

    -1.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.6000

    4516.39

    +0.57%

  • N150

    -55.9300

    4149.48

    -1.33%

Combattre les cyberpirates avec des "corsaires", le pari risqué des Etats-Unis
Combattre les cyberpirates avec des "corsaires", le pari risqué des Etats-Unis / Photo: Andrew CABALLERO-REYNOLDS - AFP/Archives

Combattre les cyberpirates avec des "corsaires", le pari risqué des Etats-Unis

Des corsaires du XVIIIe siècle aux hackers sous contrat fédéral: les Etats-Unis vont autoriser des entreprises privées à pirater les groupes cybercriminels étrangers, un dispositif jugé sans équivalent qui partage les experts, entre espoir d'efficacité et crainte d'un engrenage incontrôlable.

Taille du texte:

Le mémorandum, signé mercredi par Donald Trump, charge les ministères de la Justice et de la Sécurité intérieure d'un programme inédit: des entreprises américaines, agréées et liées par contrat, pourront espionner et attaquer des organisations criminelles transnationales.

La Maison Blanche justifie son projet par les dommages des rançongiciels, de la "sextorsion" et des fraudes en ligne, qui auraient coûté, selon elle, 20,8 milliards de dollars aux Américains en 2025.

Le texte prévoit d'autoriser les partenaires privés à mettre hors service les serveurs des pirates ou infiltrer durablement leurs machines avec des logiciels espions.

Chaque opération nécessitera une pré-autorisation du gouvernement et les entreprises devront déposer une caution d'au moins un million de dollars. Toute action risquant de causer des morts ou des blessés est exclue, ainsi que tout ce qui atteindrait le seuil de l'"usage de la force" en droit international.

"Le secteur privé détient les données. Le secteur public détient les pouvoirs. Ce mémorandum les réunit", se félicite auprès de l'AFP Ari Redbord, ancien procureur fédéral devenu responsable des affaires publiques de TRM Labs, société d'analyse qui travaille avec les autorités américaines.

Il assume la comparaison historique: des "lettres de marque cyber", du nom des licences qui autorisaient jadis des navires privés, les corsaires, à attaquer les ennemis de leurs souverains.

L'analogie inquiète en partie Alan Woodward, professeur de cybersécurité à l'université de Surrey (Royaume-Uni), pour qui les licences des Etats n'ont jamais garanti la docilité des corsaires: "On peut distribuer des commissions. On ne peut pas distribuer l'obéissance", dit-il à l'AFP.

"Le verdict de l'Histoire sur les corsaires n'est pas qu'ils étaient immoraux. C'est qu'ils ont fini par causer plus d'ennuis, et que le jeu n'en valait plus la chandelle."

Faux procès, répond Ari Redbord: le système de Surcouf, le corsaire français, et de ses homologues britanniques ou néerlandais, a échoué "parce qu'il n'existait aucun moyen de surveiller un navire une fois sorti du port. La supervision, qui s'arrêtait au quai, accompagne désormais l'opération du début à la fin".

- Volte-face inexpliquée -

Le programme constitue pourtant une volte-face. En mars, un haut conseiller de la Maison Blanche assurait que l'administration n'avait "aucune envie de combattre les pirates avec des pirates", selon le média The Record. Et le directeur national du cyber, Sean Cairncross, excluait toute campagne offensive menée par le privé.

Ce revirement en cinq mois n'a encore reçu aucune justification officielle. "Je ne sais pas comment répondre", reconnaît auprès de l'AFP Jason Healey, chercheur à l'université Columbia et historien du cyberconflit.

Pour cet ancien de la Maison Blanche, le programme n'a toutefois rien d'un chèque en blanc: vérifications, contrats, approbations, "tout cela est adossé à l'Etat de droit", contrairement aux hackers que tolèrent ou pilotent la Russie, la Chine ou l'Iran.

Son inquiétude est ailleurs: "cette administration a systématiquement affaibli les organes qui pourraient exercer cette supervision", dit-il, citant le renseignement national et le limogeage du directeur de la NSA.

Quant au risque de représailles russes, il balaie: "Je me fiche que Poutine juge impoli qu'on démantèle un groupe qui attaquait des hôpitaux pendant une pandémie!"

Les géants américains de la tech pratiquent déjà une large activité cyber, mais sous contrôle judiciaire: Microsoft fait démanteler des infrastructures criminelles par décision de justice depuis quinze ans, Google mène ses propres opérations, mais uniquement sur ses propres infrastructures.

Le programme leur permettrait d'aller au-delà, sans supervision judiciaire, seulement étatique.

Sollicités par l'AFP sur leur intention d'y participer, Google n'a pas donné suite et Microsoft a fait savoir qu'il était trop tôt pour commenter, le mémorandum étant encore à l'étude.

Une prudence que M. Woodward comprend: une entreprise participante "cesse d'être un simple spectateur" aux yeux de ceux qu'elle attaque, et doit s'attendre à un ciblage direct "de ses propres réseaux, de ses dirigeants et de ses employés".

Les règles précises du programme, dont une annexe restera classifiée, doivent être fixées d'ici 60 jours.

D'ici là, chaque camp a son critère. M. Woodward redoute "une lente accumulation de cibles mal attribuées, de poursuites à l'étranger et de migraines diplomatiques". M. Redbord fixe la barre ailleurs: "Si les victimes ne récupèrent pas leur argent, le reste ne compte pas pour grand-chose."

(O.Joost--BBZ)