Berliner Boersenzeitung - Allemagne: des scrutins à haut risque pour le chancelier Friedrich Merz

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Allemagne: des scrutins à haut risque pour le chancelier Friedrich Merz

Allemagne: des scrutins à haut risque pour le chancelier Friedrich Merz

Près de quatre millions d'électeurs allemands sont appelés aux urnes dimanche pour deux scrutins régionaux où les avancées du parti d'extrême droite AfD et de la gauche radicale pourraient provoquer de nouvelles secousses à Berlin et affecter le chancelier Friedrich Merz, déjà très fragilisé.

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"Je serais pour que l'AfD l'emporte, car là ils devront faire leurs preuves: soit il se passe quelque chose, soit c'est la dernière fois qu'ils obtiennent des voix", explique à l'AFP Peter Sommer, un retraité, devant un bureau de vote à Schwerin (nord-est).

Friedrich Merz, 70 ans, a convoqué une réunion de crise de son parti conservateur, la CDU, qui se tiendra juste après l'annonce des premiers résultats.

Anticipant d'éventuelles répercussions du vote, il a annulé son déplacement prévu à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.

Le parti d’extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), pro-Trump et proche de Moscou, avait infligé il y a deux semaines une défaite retentissante à la CDU dans le Land de Saxe-Anhalt, également dans la partie orientale du pays, son bastion.

Un revers électoral alors que la popularité du chancelier est au plus bas et qu'il peine à adopter les réformes économiques promises avec ses partenaires de coalition sociaux-démocrates.

Selon les sondages, l'AfD devrait enregistrer de nouveaux gains dimanche, mais moins spectaculaires qu'en Saxe-Anhalt, où il ne lui manque que quelques sièges pour obtenir une majorité absolue.

- "Sanctionner la CDU" -

Dans le land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sur la mer Baltique, le parti conservateur n'est qu'un spectateur du duel entre le SPD de la présidente de région, la populaire Manuela Schwesig, et l'AfD.

L'extrême droite est créditée de 37% d'intentions de vote, le SPD de 35%, tandis que la CDU est complètement distancée, frôlant dangereusement les 5% nécessaires pour être représentée au Parlement régional.

Un effondrement de la CDU sous ce seuil serait une première historique et un nouveau désaveu pour M. Merz.

Dans la ville-Etat de Berlin, la situation est bien différente mais également tendue pour la CDU, dont est issu le maire actuel et qui est au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke (autour de 20% chacun). Les deux étant talonnés de près par l'AfD (18%).

Une défaite de la CDU y constituerait un nouveau camouflet pour le chancelier, d'autant plus s'il est infligé par Die Linke, qui reproche au "chancelier de l'austérité" de démanteler l'Etat-providence.

Devant un bureau de vote dans le sud de la capitale, Moritz Lembke-Oezer, 43 ans, espère que la "la CDU soit sanctionnée" par ce scrutin, "et qu'ensuite éventuellement Friedrich Merz ne soit plus là", explique-t-il à l'AFP.

Mais il craint que son affaiblissement "puisse profiter à l'AfD".

Berlinois de naissance, il raconte avoir été marqué par l'envolée des loyers dans une ville encore très abordable il y a une vingtaine d'années. Il votera pour Die Linke, dont la tête de liste berlinoise, Elif Eralp, a fait du plafonnement des loyers son principal cheval de bataille.

Au pouvoir depuis 16 mois, M. Merz avait promis de relancer l'économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l'immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l'AfD.

Mais le parti d'extrême droite est désormais en tête des sondages au niveau national. Et la cote de popularité personnelle de M. Merz oscille juste au-dessus des 10%, plombée par plusieurs gaffes ou propos qui ont pu heurter.

- Salut nazi -

Le dirigeant n'est pas aidé par le contexte international: comme le reste de l'Europe, l'Allemagne subit les perturbations du marché mondial provoquées par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz, aggravées ces derniers jours par le nouveau front en mer Rouge.

Les prix des carburants ont retrouvé des niveaux équivalents à ceux de la première envolée du printemps, avec un prix moyen du diesel à 2,42 euros le litre samedi midi.

En réponse, le gouvernement a annoncé vendredi un nouveau rabais fiscal d'environ 17 centimes le litre pour tout l'automne, ainsi que des discussions pour introduire un plafonnement des prix au plus tard au 1er janvier.

Une annonce qualifiée de "mauvaise blague" et de tentative d'"influencer les gens à la toute dernière minute" par le candidat d'extrême droite en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Leif-Erik Holm, lors de son dernier meeting samedi à Schwerin, la capitale régionale.

Au cours du meeting, une spectatrice a fait ce qui ressemblait à un salut nazi à plusieurs reprises, visiblement adressé à des contre-manifestants de gauche, selon des images de l'AFP.

(G.Gruner--BBZ)