Berliner Boersenzeitung - Crise de l'énergie: 15% d'augmentation des prix maximum, promet Borne

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Crise de l'énergie: 15% d'augmentation des prix maximum, promet Borne

Crise de l'énergie: 15% d'augmentation des prix maximum, promet Borne

La France a annoncé mercredi son plan de bataille pour passer l'hiver face à la pire crise énergétique en Europe depuis les années 1970: la Première ministre en a appelé à la sobriété et à la solidarité européenne pour "éviter les coupures", et a plafonné les prix du gaz et l'électricité à 15% en 2023 pour protéger les Français contre la flambée historique des cours.

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Comme ses voisins européens, l'Etat va continuer à dépenser des milliards d'euros pour atténuer l'impact de la crise. Un chèque énergie exceptionnel sera versé à la fin de l'année à 40% des ménages, soit 12 millions de foyers: 200 euros pour les 20% les plus modestes, et 100 euros pour les autres 20%.

Dans la première version du bouclier tarifaire, le tarif réglementé de l'électricité avait augmenté de 4% en février 2022, et celui du gaz avait été gelé au niveau d'octobre 2021. Non seulement les ménages, mais aussi les copropriétés, les logements sociaux, les petites entreprises et les plus petites communes, environ deux tiers d'entre elles selon Elisabeth Borne, bénéficieront de ce tarif plafonné à 15% l'an prochain.

Sans ce "bouclier", les tarifs auraient augmenté de 120% selon le gouvernement. L'Etat paiera la différence: cela lui en coûtera 45 milliards d'euros "brut" en 2023, mais 16 milliards d'euros en "net", après 29 milliards d'euros de reversements des entreprises productrices d'énergie renouvelable.

Si la cheffe du gouvernement a fait part de ses craintes en cas d'"hiver particulièrement froid cumulé à des difficultés d'approvisionnement", elle a insisté sur le fait que "dans les scénarios les plus probables, si chacun prend ses responsabilités et fait preuve de la sobriété nécessaire, il n'y aura pas de coupure".

Pour sa première conférence de presse depuis sa nomination à Matignon, Elisabeth Borne a souligné que les factures moyennes augmenteraient "de l’ordre de 25 euros par mois pour les ménages qui se chauffent au gaz" contre 200 euros sans bouclier, et d'environ "20 euros par mois" pour l'électricité, contre 180 euros sans bouclier.

Pour ceux qui se chauffent au fioul ou au bois, une aide votée cet été au Parlement sera versée d'ici la fin de l'année.

Le gouvernement a en revanche rappelé qu'aucun chèque alimentaire spécifique n'était prévu prochainement, mais qu'il ne fermait pas la porte à la prolongation d'une remise sur chaque litre de carburant l'an prochain.

Marine Le Pen, cheffe des députés RN, a dénoncé sur Twitter une "double peine pour les Français" qui vont "subir une hausse de 15% des tarifs de l’électricité et du gaz et d’autre part, ils vont devoir payer par leurs impôts, le bouclier tarifaire."

"Annoncer 15% de hausse des tarifs de gaz, d'électricité sans augmenter les salaires, fallait oser!" s'est insurgé Fabien Roussel, chef du PCF. Même ton du député LFI Manuel Bompard qui fustige un gouvernement faisant "payer le peuple et l’Etat pour ménager les ultrariches et les profiteurs de crise".

- Pas de "perte de contrôle" -

Sous l'effet de la guerre en Ukraine, les flux de gaz russe se sont taris vers l'Europe, ce qui fait craindre des pénuries dans l'hiver et provoque une envolée des prix sur les marchés. Or, ce sont les prix du gaz qui entraînent ceux de l'électricité.

Le gestionnaire du réseau français de gaz GRTgaz avait déjà tenu à rassurer mercredi matin sur les capacités de la France à "faire face" à la demande de gaz lors d'un "hiver moyen", et ce tout en développant ses exportations vers l'Allemagne dès la mi-octobre.

Les réserves en France sont aujourd'hui remplies à 95%.

Le gestionnaire du réseau d'électricité RTE a le même jour prévenu que le "risque de coupure ne peut pas être totalement exclu", mais "il pourrait être évité en baissant la consommation nationale de 1 à 5% dans la majorité des cas, et jusqu'à 15% dans les situations météorologiques les plus extrêmes".

Il s'agit pour les entreprises, collectivités et particuliers de baisser ou reporter la consommation de chauffage, d'éclairage ou de cuisson, notamment lors des pics de consommation, entre 8H00 et 13H00 et entre 18H00 et 20H00.

"En aucun cas la France ne court un risque de perte de contrôle totale du système électrique", a affirmé RTE.

Le problème de la France est que 26 de ses 56 réacteurs nucléaires sont à l'arrêt en raison de travaux ou de problèmes de corrosion. EDF a redit mercredi que les réacteurs à l'arrêt rouvriraient au cours de l'hiver, une fois les opérations de maintenance terminées, mais tout délai dans ces redémarrages accentuerait les risques de coupure.

Le gouvernement français insiste donc sur la nécessaire sobriété des entreprises et des particuliers, et lancera le 10 octobre sa campagne de communication promise, sous le slogan "chaque geste compte".

Un effort de sobriété qu’il faudra sans doute poursuivre au-delà de cet hiver: EDF, qui a rendu public un audit externe destiné à réduire ses durées de maintenance, aura encore de nombreux chantiers à gérer l’hiver prochain et... jusqu’en 2025.

are-pab-im-ngu-boc-nal-dga/ico/ib/eb

(U.Gruber--BBZ)