Berliner Boersenzeitung - Guinée: l'ex-dictateur Camara devant les juges et les victimes du massacre du 28 septembre 2009

EUR -
AED 4.291609
AFN 76.58073
ALL 92.528619
AMD 425.601652
ANG 2.091505
AOA 1071.587743
ARS 1752.352384
AUD 1.628755
AWG 2.104905
AZN 1.992911
BAM 1.955348
BBD 2.356355
BDT 142.966963
BGN 1.982339
BHD 0.441098
BIF 3481.695453
BMD 1.16858
BND 1.484557
BOB 13.512877
BRL 6.005918
BSD 1.16993
BTN 111.962128
BWP 15.676378
BYN 3.499891
BYR 22904.167326
BZD 2.352956
CAD 1.610987
CDF 2658.519697
CHF 0.935016
CLF 0.027365
CLP 1076.998257
CNY 7.854318
CNH 7.851268
COP 3559.471204
CRC 532.376979
CUC 1.16858
CUP 30.967369
CVE 110.239526
CZK 24.11458
DJF 208.331859
DKK 7.475768
DOP 68.544161
DZD 155.213138
EGP 59.459453
ERN 17.528699
ETB 189.210777
FJD 2.561058
FKP 0.856616
GBP 0.855693
GEL 3.044158
GGP 0.856616
GHS 13.014993
GIP 0.856616
GMD 85.887752
GNF 10279.624594
GTQ 8.927937
GYD 244.76344
HKD 9.16124
HNL 31.37375
HRK 7.538165
HTG 153.054632
HUF 362.813116
IDR 20640.627932
ILS 3.490784
IMP 0.856616
INR 111.833746
IQD 1532.645838
IRR 1606330.020829
ISK 141.620423
JEP 0.856616
JMD 185.677094
JOD 0.828537
JPY 185.608474
KES 151.237378
KGS 102.192108
KHR 4722.908635
KMF 493.140563
KPW 1051.722312
KRW 1615.900655
KWD 0.360425
KYD 0.974975
KZT 538.64553
LAK 26352.910393
LBP 104771.389521
LKR 385.141002
LRD 212.340932
LSL 18.760265
LTL 3.450513
LVL 0.706863
LYD 7.435282
MAD 10.805403
MDL 20.140346
MGA 5002.843947
MKD 61.510786
MMK 2453.796919
MNT 4201.954717
MOP 9.447517
MRU 46.619227
MUR 55.378703
MVR 18.054268
MWK 2028.631226
MXN 19.768752
MYR 4.717093
MZN 74.648547
NAD 18.760265
NGN 1576.040615
NIO 43.050052
NOK 10.865065
NPR 179.139605
NZD 1.953877
OMR 0.449186
PAB 1.16993
PEN 3.922294
PGK 5.184802
PHP 72.06047
PKR 324.626186
PLN 4.313714
PYG 7047.3715
QAR 4.253017
RON 5.2544
RSD 117.332887
RUB 96.651044
RWF 1723.901642
SAR 4.395529
SBD 9.386336
SCR 16.050191
SDG 702.907438
SEK 11.059388
SGD 1.482747
SHP 0.865761
SLE 28.750655
SLL 24504.536685
SOS 668.64549
SRD 44.13736
STD 24187.245934
STN 24.49434
SVC 10.236635
SYP 15193.876603
SZL 18.747668
THB 38.131016
TJS 10.792606
TMT 4.09003
TND 3.402714
TOP 2.81366
TRY 56.18287
TTD 7.935166
TWD 37.204069
TZS 3100.483345
UAH 52.27692
UGX 4351.994345
USD 1.16858
UYU 47.059126
UZS 13869.79498
VES 910.303051
VND 30529.151601
VUV 137.600505
WST 3.173755
XAF 655.805457
XAG 0.016781
XAU 0.000252
XCD 3.158146
XCG 2.108513
XDR 0.826247
XOF 655.805457
XPF 119.331742
YER 277.04111
ZAR 18.685401
ZMK 10518.613967
ZMW 22.19987
ZWL 376.282272
  • AEX

    3.2000

    1105.97

    +0.29%

  • BEL20

    64.3200

    5807.17

    +1.12%

  • PX1

    31.2800

    8484.43

    +0.37%

  • ISEQ

    157.1300

    14186.95

    +1.12%

  • OSEBX

    17.6500

    2093.58

    +0.85%

  • PSI20

    72.4000

    9354.78

    +0.78%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    90.3900

    4923.96

    +1.87%

  • N150

    31.6700

    4311.41

    +0.74%

Guinée: l'ex-dictateur Camara devant les juges et les victimes du massacre du 28 septembre 2009
Guinée: l'ex-dictateur Camara devant les juges et les victimes du massacre du 28 septembre 2009 / Photo: SEYLLOU - AFP/Archives

Guinée: l'ex-dictateur Camara devant les juges et les victimes du massacre du 28 septembre 2009

L'ex-dictateur guinéen Moussa Dadis Camara et dix anciens officiels militaires et gouvernementaux ont comparu mercredi pour la première fois devant un tribunal de Conakry où ils doivent répondre du massacre, des tortures et autres viols commis en masse le 28 septembre 2009 et juste après, un procès réclamé depuis des années par les victimes.

Taille du texte:

Des dizaines de victimes dans les travées supérieures du prétoire flambant neuf et des dizaines de journalistes et d'officiels au parterre ont assisté à la scène exceptionnelle d'un juge en robe rouge à col blanc donner lecture du haut d'une tribune drapée dans les couleurs nationales à un ancien chef de l'Etat des charges pesant contre lui.

"Vous comparaissez devant ce tribunal pour avoir (...) en pleine connaissance de cause, par provocation, fourniture d'instructions, participé aux meurtres et aux assassinats commis" dans un stade de la banlieue de Conakry et autour le 28 septembre 2009, a déclamé le président Ibrahima Sory Tounkara d'un ton ferme dénué d'emphase à l'attention du capitaine Camara et, tour à tour, des dix co-accusés présents.

Moussa Dadis Camara et les autres sont aussi accusés d'une litanie de crimes de violences sexuelles, actes de torture, enlèvements et séquestrations, incendies et pillages.

Le capitaine Camara, comme les autres, a écouté avec attention et sans trahir d'émotion la cour lui notifier les chefs d'accusation après lui avoir fait décliner brièvement son identité, sa situation matrimoniale ("marié, père de cinq enfants") et professionnelle ("militaire") et son matricule. Tous sont des soldats ou des gendarmes de grades divers. Le président a choisi de ne pas leur demander s'ils plaidaient ou non coupables.

Puis il a levé l'audience jusqu'au 4 octobre à la demande de la défense qui s'est plainte de n'avoir reçu le dossier que la veille. Le procès est supposé durer plusieurs mois.

- "Ils payeront" -

Strictement procédurale, cette ouverture de procès a quand même fait le bonheur d'Asmaou Diallo, présidente de l'Association des victimes, parents et amis du 28-Septembre-2009. "Ce n'est qu'un début, mais je vous dis que c'est le plus beau jour de ma vie: voir ces bourreaux, Moussa Dadis Camara en tête, dans le box des accusés, c'est incroyable mais vrai, et nous remercions le bon Dieu de nous avoir prêté vie jusqu'à ce jour".

"Ils payeront leur forfaiture", a-t-elle prédit.

Les victimes attendaient depuis longtemps ce procès historique, le premier du genre dans un pays dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires, où l'impunité de forces de sécurité quasiment intouchables a été érigée en "institution", selon une commission d'enquête internationale.

Le 28 septembre 2009, les Bérets rouges de la garde présidentielle, des policiers, gendarmes et miliciens avaient fait couler le sang en réprimant un rassemblement de dizaines de milliers de sympathisants de l'opposition, réunis dans un stade de la banlieue de Conakry pour démontrer pacifiquement leur force et dissuader M. Camara de se présenter à la présidentielle de janvier 2010.

Les exactions, perpétrées avec une cruauté effrénée et une froideur inhumaine selon les témoins, ont continué pendant plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés.

Au cours de ces journées, au moins 156 personnes ont été tuées et des centaines blessées et au moins 109 femmes ont été violées, selon le rapport d'une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU.

Les chiffres réels sont probablement plus élevés.

Fait exceptionnel, la cour a autorisé pour l'Histoire la présence des caméras dans le prétoire flambant neuf, inauguré juste avant le procès. La séance a été retransmise en direct par la télévision nationale.

Karim Khan, procureur de la Cour pénale internationale, institution susceptible de se substituer à l'Etat guinéen si celui-ci manquait à rendre justice, a salué l'instant.

Mais, a-t-il ajouté, "ce n'est que le début d'un processus", et la CPI suivra "de très près" l'évolution du procès.

- Laver son honneur -

La commission internationale impute au capitaine Camara une "responsabilité criminelle personnelle" dans les évènements, car les officiers et les unités impliqués répondaient à son commandement et, qu'il ait ou non donné l'ordre de perpétrer les crimes, il n'a rien fait pour les empêcher.

Porté au pouvoir par un coup d'Etat neuf mois auparavant, écarté quelques mois après le massacre, exilé depuis au Burkina Faso, le capitaine Camara, 58 ans, est rentré dans la nuit de samedi à dimanche à Conakry pour participer à son procès et, selon ses proches, "laver (son) honneur".

Il a pour la première fois dormi en prison. La justice a ordonné mardi son placement en détention ainsi que celui de ses co-accusés encore libres.

Les atermoiements du pouvoir ont longtemps fait douter de la tenue de ce procès.

Le manque de volonté politique et la peur apparente de ranimer de vieux démons ont été mis en cause pour expliquer les retards.

Le procès s'est finalement ouvert sous un nouveau chef de junte, le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir par la force en 2021.

Les défenseurs des droits rappellent cependant le tour de vis donné ces derniers mois aux libertés, et réclament que le procès ne soit pas un faux-semblant.

(O.Joost--BBZ)