Berliner Boersenzeitung - Paris-Roubaix, dernier joyau de la couronne Ineos

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Paris-Roubaix, dernier joyau de la couronne Ineos
Paris-Roubaix, dernier joyau de la couronne Ineos / Photo: Thomas SAMSON - AFP

Paris-Roubaix, dernier joyau de la couronne Ineos

Une pierre manquait à la couronne d'Ineos: dix ans après avoir été sacrée dans le prestigieux Tour de France, l'équipe dominante de la décennie a conquis la reine des classiques, Paris-Roubaix, grâce à Dylan van Baarle et une tactique agressive.

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"Soyons honnêtes, je pense que le Tour de France et Paris-Roubaix sont les deux courses les plus importantes de notre sport", savoure après l'arrivée le patron de l'équipe, Dave Brailsford.

Une heure plus tôt, sa course le long de la piste pour se jeter dans les bras de son coureur néerlandais disait déjà toute sa joie.

"Pour une équipe comme la nôtre qui existe depuis aussi longtemps, ne pas avoir Paris-Roubaix dans notre palmarès aurait été vraiment dommage, si nous ne l'avions jamais fait", reconnaît "Sir" Dave.

Son équipe a déjà accroché à son tableau de chasse des monuments, ces courses d'un jour les plus prestigieuses: Liège-Bastogne-Liège en 2016 avec un autre Néerlandais, Wouter Poels, puis Milan-Sanremo un an plus tard avec le Polonais Michal Kwiatkowski.

- Le coup du sort Moscon à l'automne -

La reine des classiques ne leur a jamais souri jusqu'à dimanche. Surtout l'automne dernier quand l'Italien Gianni Moscon, qui volait vers le succès, a crevé puis chuté pour terminer quatrième.

"Je pensais vraiment que nous allions gagner l'année dernière, se souvient Brailsford. Alors quand Dylan est parti, je me suis dit que les vingt derniers kilomètres seraient longs."

Avant Moscon, Ian Stannard avait bien glané un podium en 2016. Mais Geraint Thomas (7e en 2014) comme Bradley Wiggins (9e en 2014 puis 18e en 2015), qui en avait fait le dernier défi de sa carrière, s'y étaient cassé les dents.

Voilà cette lacune comblée, sous les yeux de celui qui avait déniaisé l'ex-team Sky dans la Grande Boucle en 2012, Bradley Wiggins, désormais consultant sur la moto pour Eurosport. "Wiggo" qui affichait une couche aussi épaisse de flegme que de poussière à l'arrivée.

"Que pensez-vous de ce succès, enfin, de votre ex-équipe à Roubaix, vous qui avez remporté le premier Tour de France de cette équipe ? "J'ai fait ça, moi ?", a-t-il rétorqué.

En dix ans, Sky devenue Ineos a changé de visage. Après avoir rempli les livres de palmarès -– un seul Tour de France lui a échappé de 2012 à 2019 -–, l'équipe britannique a revu sa tactique de rouleau-compresseur.

Pour contrer Jumbo qui a repris le rôle ? Brailsford répond que sa formation britannique veut courir comme le Brésil joue au football.

- Courir comme joue le Brésil -

"Nous avons juste senti que la façon dont nous avons couru le Giro 2020 était si rafraîchissante, tout le monde l'a apprécié et c'était un peu plus dynamique, a-t-il expliqué dimanche. Si vous voulez gagner beaucoup, est-ce que vous voulez le faire comme le Brésil ou l'Allemagne (en football, ndlr) ? Alors pourquoi ne pas s'entraîner comme l'Allemagne et jouer comme le Brésil ? C'est ce que nous essayons de faire."

Dimanche, Ineos a scindé le peloton à 210 kilomètres de l'arrivée en accélérant lors d'un moment d'exposition à un fort vent de côté tout en plaçant ses sept coureurs à l'avant.

"Les gars étaient préparés pour des bordures, on l'avait analysé," explique à l'AFP le directeur sportif Servais Knaven, lui-même ancien vainqueur à Roubaix en 2001.

"Luke Rowe a pris la décision de créer une bordure. Une brillante décision", loue Brailsford. Même si les deux pelotons se sont regroupés avant la trouée d'Arenberg, à une centaine de kilomètre de l'arrivée, ces heures de course-poursuite ont usé leurs concurrents.

"C'est toujours mieux de rouler devant, juge Servais Knaven. Ca a été la clé de ce succès. Cela a coûté beaucoup d'énergie à l'équipe mais ils en ont perdu beaucoup plus derrière. Alpecin a dû brûler presque toutes ses cartouches et la Française des Jeux aussi."

(O.Joost--BBZ)