Berliner Boersenzeitung - Entre souffrance, espoir et abnégation, "l'autre course" des amateurs de l'UTMB

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Entre souffrance, espoir et abnégation, "l'autre course" des amateurs de l'UTMB
Entre souffrance, espoir et abnégation, "l'autre course" des amateurs de l'UTMB / Photo: JEFF PACHOUD - AFP

Entre souffrance, espoir et abnégation, "l'autre course" des amateurs de l'UTMB

Au point de ravitaillement du Lac Combal, 70 km après le départ, les coureurs amateurs de l'UTMB portent samedi les stigmates d'une nuit dantesque marquée par la pluie, le froid et les chutes.

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"On revient de l'enfer", raconte à l'AFP au petit matin Loïc Muller, 34 ans, qui participe pour la première fois à l'épreuve reine des courses en montagne, après y avoir été bénévole il y a quelques années.

"Le col du Bonhomme, c'était pluie, neige, pluie, boue, on est tous tombés au moins une fois", ajoute-t-il ému, le visage rougi par les températures négatives de la nuit.

Après avoir avalé un petit thé et passé quelques minutes assis sur un banc en bois à récupérer, ce passionné de trail venu d'Orange pouvait enfin éteindre sa lampe frontale, ôter sa cape de pluie et se lancer vers le lever de soleil en vallée d'Aoste.

Il lui reste 100 km à parcourir et, s'il n'abandonne pas, une deuxième nuit à encaisser.

Mais sous la tente du point de ravitaillement, il est loin d'être le seul à grimacer en recommençant à trottiner : le lieu fourmille d'activité, bien plus qu'au moment du passage des élites 7 heures plus tôt.

Une poignée de volontaires distribue boissons chaudes, fruits, soupes et gâteaux secs à des coureurs fatigués. "C'était terrible, je suis déjà tombée cinq fois", se lamente Maria Vallejo, une Équatorienne d'une trentaine d'années qui participe avec son mari.

- "Pas le même monde" -

Sa doudoune jaune est à moitié trempée, son pantalon maculé par la boue. Elle réchauffe ses doigts en serrant fermement son gobelet de café. "Moralement, c'est difficile, car on sent la barrière horaire se rapprocher derrière nous", avoue-t-elle presque dépitée.

Comme tous les concurrents au départ, elle a jusqu'à dimanche 16h30 pour passer la ligne d'arrivée. "Je ne sais pas si je vais y arriver... je l'espère".

"Mon conjoint fait la course depuis trois ans et ça n'a jamais été aussi dur", lâche-t-elle au moment où, à quelques mètres seulement, une de ses concurrentes est évacuée par les secours italiens pour une hypothermie.

Les conditions difficiles sur le tracé, avec des températures allant jusqu'à -7°C ressenties, ont poussé les organisateurs à raccourcir légèrement le parcours peu avant le Lac Combal.

"C'est quand même dur. Les montées, il y avait de la boue sur les godasses qui rajoutait du poids, les descentes des chutes à gogo", se remémore Thibault Noailles, lancé autour du Mont-Blanc avec son meilleur ami et désormais un pantalon déchiré.

Lui a déjà terminé l'année dernière. "Pour nous, la course commence vraiment à Courmayeur (20 km plus loin, ndlr). Je ne sais même pas ce qui se passe à l'avant. Il y a deux courses à l'UTMB, ce n'est pas le même monde", estime-t-il.

Les plus rapides mettent environ 20 heures pour faire la boucle. Mais sur les 2.300 engagés, seuls une centaine ne passeront qu'une nuit en montagne. La deuxième devrait toutefois être un peu plus clémente, selon les prévisions annoncées.

En 2024, alors que la météo avait été plutôt bonne, 1.000 coureurs avaient abandonné.

(L.Kaufmann--BBZ)