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Défait à Lorient la semaine dernière, Lens a repris sa marche en avant et provisoirement la tête de la Ligue 1 en éparpillant Angers (5-1) vendredi soir à domicile, en ouverture de la 27e journée.
Bollaert attendait une réaction, il a eu droit à une démonstration. Comme à leur habitude cette saison, les Sang et Or ont très bien rebondi dans la foulée de leur défaite frustrante dans le Morbihan contre Lorient (2-1), et saisi, cette fois, l'occasion de doubler, avec 59 points, le Paris Saint-Germain (57 pts).
Bien sûr, le club de la capitale aura l'occasion de reprendre son trône dès samedi soir en cas de victoire à Nice, et encore une autre par la suite, puisqu'il a encore un match en plus à disputer.
Mais Lens a montré que ce chassé-croisé inattendu qui rythme la saison de Ligue 1 n'était pas fini, et que son faux pas au Moustoir n'était qu'un accident dans son parcours qui dépasse toute espérance.
Pour ce faire, le club du bassin minier, "revanchard" selon son entraîneur Pierre Sage avant la rencontre, a joué avec énormément d'envie et d'engagement, exerçant une pression intense sur les Angevins.
On a parfois vu trois attaquants lensois coller les abords de la surface de réparation adverse, comme si les joueurs de l'Artois étaient animés d'un sentiment d'urgence alors que le match venait à peine de débuter.
- Les cadres donnent le la -
Dans ce cadre de jeu résolument offensif, plusieurs joueurs majeurs de la réussite artésienne ont excellé, comme Florian Thauvin, Odsonne Edouard et Mamadou Sangaré.
Le premier a lancé les siens au bout d'une action peu orthodoxe mais très juste techniquement et exécutée à toute vitesse: une touche jouée rapidement par Matthieu Udol vers Florian Sotoca, puis une déviation de Saud Abdulhamid pour une conclusion de l'international français (13e). Oumar Pona n'a pas eu la main suffisamment ferme.
Non convoqué par le sélectionneur Didier Deschamps pour les deux matchs amicaux des Bleus aux États-Unis, l'ailier voulait peut-être faire passer un message en livrant une performance magistrale.
Car le champion du monde (2018) a ensuite donné une passe décisive à Odsonne Édouard, profitant d'une perte de balle tout proche de ses cages du défenseur Ousmane Camara (25e). L'avant-centre lensois a soigné sa finition en éliminant Jordan Lefort d'un petit pont avant de piquer le ballon joliment au-dessus de Pona, puis ses statistiques (douze buts) en inscrivant un doublé au début de la seconde période (48e), encore lancé en profondeur par Thauvin.
Entre-temps, Mamadou Sangaré avait donné un avantage définitif à Lens d'une frappe superbe aux 25 mètres, presque sans élan (40e). Dans l'orientation du jeu, les récupérations, ou encore l'élimination, le milieu de terrain malien a rappelé, s'il le fallait, qu'il était l'une des révélations du championnat.
Mais il n'a rayonné que le temps de la première période avant de sortir au profit d'Andrija Bulatovic à l'entracte du match, car il était sous la menace d'une suspension en cas de carton jaune.
- Risser en demi-teinte -
Ce troisième but est venu à point nommé pour Lens, qui a souvent laissé de l'espace dans son dos, conséquence de sa stratégie portée vers l'attaque, ce qui a permis aux attaquants du SCO de se montrer dangereux. Mais Robin Risser a repoussé ces assauts (11e, 27e, 42e), souvent menés par Amine Sbaï.
Il a toutefois pêché en tentant une relance dangereuse dans l'axe, qui a mené à la réduction du score de Lanroy Machine (62e). Dans une période un peu moins bonne ces dernières semaines, le jeune gardien (21 ans) n'a donc rassuré qu'à moitié.
Mais cette réduction du score n'a nullement inquiété le Racing, qui a marqué un dernier but, encore splendide: un ciseau de Matthieu Udol (72e) à la réception d'un centre d'Abdallah Sima, qui venait de remplacer Florian Thauvin.
Juste avant la trêve, Lens s'est repris avec la manière, et abordera avec ambition ses deux prochains défis: le derby du Nord à Lille le 4 avril, puis le choc face au PSG une semaine plus tard.
(P.Werner--BBZ)