Berliner Boersenzeitung - Sur le front ukrainien, New York: un nouveau nom et de vieilles peurs

EUR -
AED 4.257438
AFN 73.611946
ALL 94.654754
AMD 426.856521
ANG 2.075569
AOA 1063.638386
ARS 1665.573638
AUD 1.639536
AWG 2.086695
AZN 1.969777
BAM 1.953584
BBD 2.33605
BDT 142.379723
BGN 1.960195
BHD 0.437167
BIF 3467.391525
BMD 1.159275
BND 1.485914
BOB 8.043876
BRL 5.901638
BSD 1.159884
BTN 109.621653
BWP 15.541371
BYN 3.211157
BYR 22721.79
BZD 2.332754
CAD 1.624428
CDF 2689.51814
CHF 0.919462
CLF 0.02609
CLP 1026.839275
CNY 7.833743
CNH 7.836977
COP 3982.109625
CRC 528.300733
CUC 1.159275
CUP 30.720788
CVE 110.536962
CZK 24.115296
DJF 206.026198
DKK 7.461256
DOP 67.93345
DZD 154.043272
EGP 57.857325
ERN 17.389125
ETB 183.600203
FJD 2.589473
FKP 0.862647
GBP 0.864921
GEL 3.066281
GGP 0.862647
GHS 13.097141
GIP 0.862647
GMD 84.626709
GNF 10175.535172
GTQ 8.841048
GYD 242.624784
HKD 9.083337
HNL 30.949393
HRK 7.533786
HTG 151.478174
HUF 348.535614
IDR 20575.508265
ILS 3.387853
IMP 0.862647
INR 109.330643
IQD 1518.65025
IRR 1594003.124933
ISK 144.132697
JEP 0.862647
JMD 183.441916
JOD 0.821948
JPY 185.788888
KES 150.149504
KGS 101.378322
KHR 4651.582898
KMF 492.691657
KPW 1043.347906
KRW 1752.667295
KWD 0.357171
KYD 0.966604
KZT 565.633506
LAK 25538.828023
LBP 103813.076313
LKR 388.572582
LRD 211.161744
LSL 18.774294
LTL 3.423038
LVL 0.701234
LYD 7.390401
MAD 10.717518
MDL 20.240041
MGA 4868.954941
MKD 61.542012
MMK 2433.836376
MNT 4147.104394
MOP 9.358185
MRU 46.463794
MUR 54.63691
MVR 17.922675
MWK 2012.501698
MXN 19.94412
MYR 4.712226
MZN 74.080113
NAD 18.782477
NGN 1575.593434
NIO 42.441173
NOK 11.012475
NPR 175.393533
NZD 1.991231
OMR 0.445739
PAB 1.159884
PEN 3.956038
PGK 5.086609
PHP 69.98892
PKR 322.62413
PLN 4.228653
PYG 7077.971247
QAR 4.220343
RON 5.224894
RSD 117.169146
RUB 84.594089
RWF 1725.0012
SAR 4.349477
SBD 9.345407
SCR 16.363309
SDG 696.143853
SEK 10.886363
SGD 1.486225
SHP 0.865516
SLE 28.692394
SLL 24309.421361
SOS 662.534388
SRD 43.278085
STD 23994.651933
STN 24.808485
SVC 10.148576
SYP 128.137098
SZL 18.776638
THB 37.716433
TJS 10.752004
TMT 4.069055
TND 3.375519
TOP 2.791256
TRY 53.694406
TTD 7.879063
TWD 36.584983
TZS 3043.100318
UAH 51.945824
UGX 4291.132441
USD 1.159275
UYU 46.827286
UZS 13917.09621
VES 690.970094
VND 30519.07365
VUV 138.246819
WST 3.176082
XAF 655.213772
XAG 0.016488
XAU 0.000267
XCD 3.132999
XCG 2.090411
XDR 0.815779
XOF 654.990583
XPF 119.331742
YER 276.632026
ZAR 18.752635
ZMK 10434.880248
ZMW 20.500745
ZWL 373.286077
  • AEX

    12.6300

    1082.7

    +1.18%

  • BEL20

    39.0900

    5703.72

    +0.69%

  • PX1

    -16.9000

    8430.79

    -0.2%

  • ISEQ

    54.7400

    13738.61

    +0.4%

  • OSEBX

    0.5900

    1951.81

    +0.03%

  • PSI20

    68.5700

    9090.72

    +0.76%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    122.0900

    4288.88

    +2.93%

  • N150

    8.1100

    4276.51

    +0.19%

Sur le front ukrainien, New York: un nouveau nom et de vieilles peurs
Sur le front ukrainien, New York: un nouveau nom et de vieilles peurs

Sur le front ukrainien, New York: un nouveau nom et de vieilles peurs

New York, Est de l'Ukraine: derrière l'usine chimique du milliardaire local, la ligne de front est à une poignée de kilomètres. L'unique bâtiment rénové est le centre culturel racontant l'histoire de cette ville qui s'appelait jusqu'à l'an passé Novgorodské.

Taille du texte:

Tatiana Krasko en pousse avec fierté l'imposante porte métallique. Entre une petite exposition rendant hommage à l'armée ukrainienne et des instruments de musique, quelques cartes tentent d'expliquer cette "énigme".

Comment une petite ville de l'est industriel ukrainien, où s'étaient installés des colons allemands au XIXe siècle, s'est retrouvée nommée "New York" jusqu'à ce que les autorités soviétiques la débaptisent en 1951 ?

"C'est un mystère toujours pas résolu", reprend Tatiana Krasko, coordinatrice du centre culturel et responsable associative locale. Un mystère que peu cherchent aujourd'hui à résoudre.

Ces derniers jours, des bombardements ont de nouveau retentit autour de la ville alors que la tension grandissante avec les combattants séparatistes pro-russes, et les dizaines de milliers de soldats russes déployés aux frontières ukrainiennes, laissent craindre une invasion par Moscou.

Tatiana Krasko est prise d'un rire amer: "On se dit qu'ils auront peur de bombarder New York".

Elle se reprend aussitôt. "Ce n'est pas si drôle. Il y a des bombardements, New York en a déjà subi".

Novgorodské est redevenue New York à l'été 2021, après cinq ans de "lutte" des militants qui avaient lancé la démarche en 2016. Pourquoi aussi longtemps ? "Il n'y avait pas de désir des autorités", poursuit-elle.

"Peut-être qu'ils avaient peur que ça fasse scandale. Peut-être qu'ils se disaient que New York sur la ligne de front, ça sonnerait bizarre".

Elle ne cache pas qu'une partie de la population, attachée à la mémoire soviétique, a manifesté contre le projet. "Mais les jeunes, ceux qui ont une vie sociale active, étaient tous en faveur du changement".

- "Ca va être la guerre ?" -

Sérioja et Angela, 16 ans chacun et internes dans un collège à une quarantaine de kilomètres, n'ont pas d'avis sur la question. Eux sont revenus pour le week-end mais pensent à repartir. Définitivement, bientôt.

Il n'y a pas grand-chose à faire à New York. Plus qu'un employeur, l'usine de phénol possédée par Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine. La petite gare est le terminus du train de banlieue de Kramatorsk, la grande ville régionale encore sous contrôle de Kiev. Au-delà, c'est Donetsk et les séparatistes soutenus par Moscou.

"Quand on aura grandi, je ne sais pas si ça aura un sens de rester ici plus longtemps. Je ne sais pas combien de temps la guerre va durer. Il va falloir partir", souffle Sergueï.

La guerre est dans toutes les têtes. L'escalade sur la ligne de front depuis vendredi a brusquement tendu les habitants.

"Ca va être la guerre ?", crie depuis son balcon Klava Blynska, 90 ans. "J'en veux pas, de la guerre! Je l'ai déjà vu. J'ai plus envie de vivre, je veux mourir !"

Mieux vaut ne pas lui demander ce qu'elle pense du changement de nom de sa ville. "Ce sont des imbéciles, pourquoi ils ont pris cette décision?", vitupère-t-elle avant de revenir à ce qui la préoccupe: "Si Poutine part en guerre, c'est un crétin !"

Mais pour elle, comme pour beaucoup à New York, le coupable est le gouvernement ukrainien, le révolution proeuropéenne de 2014, qui avait provoqué la fuite du président prorusse Viktor Ianoukovitch et l'annexion en retour de la Crimée par la Russie, puis la guerre dans l'Est.

"Si je vous disais ce que je pense, ils me jugeraient à Kiev", glisse un quinquagénaire avant de refermer le portail de son jardin.

Huit ans d'ukrainisation à marche forcée des autorités, qui ont multiplié des mesures dénoncées par Moscou comme "russophobes" n'ont pas provoqué d'effet visible.

Ella Pylipenko, jeune mère de 29 ans, semble presque avoir envie de se cacher quand elle dit vouloir "que notre terre reste ukrainienne".

"C'est très difficile de vivre ici. Il n'y a nulle part où travailler, les salaires sont petits et il y a ces bombardements", dit-elle, avant d'ajouter avec un peu d'optimisme "tout va bien et nous espérons le meilleur".

(S.G.Stein--BBZ)