Berliner Boersenzeitung - Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

EUR -
AED 4.254415
AFN 76.45815
ALL 92.767003
AMD 423.410914
ANG 2.073379
AOA 1063.459921
ARS 1723.633132
AUD 1.629398
AWG 2.088111
AZN 1.96965
BAM 1.95513
BBD 2.33356
BDT 142.16943
BGN 1.96516
BHD 0.436729
BIF 3463.77428
BMD 1.158453
BND 1.478874
BOB 13.457213
BRL 6.028362
BSD 1.158588
BTN 110.711575
BWP 15.597587
BYN 3.524146
BYR 22705.677553
BZD 2.330271
CAD 1.606415
CDF 2635.479795
CHF 0.939053
CLF 0.026941
CLP 1060.319982
CNY 7.808726
CNH 7.811686
COP 3631.437173
CRC 520.414888
CUC 1.158453
CUP 30.699003
CVE 110.225793
CZK 24.188959
DJF 205.8807
DKK 7.475503
DOP 67.795885
DZD 154.025615
EGP 58.135689
ERN 17.376794
ETB 187.428931
FJD 2.553404
FKP 0.856093
GBP 0.854759
GEL 3.023308
GGP 0.856093
GHS 12.801379
GIP 0.856093
GMD 85.14226
GNF 10178.379534
GTQ 8.840741
GYD 242.400639
HKD 9.087061
HNL 31.059952
HRK 7.535159
HTG 151.606073
HUF 363.802935
IDR 20849.256722
ILS 3.436285
IMP 0.856093
INR 110.857401
IQD 1517.860095
IRR 1592351.483705
ISK 142.200064
JEP 0.856093
JMD 183.547089
JOD 0.821396
JPY 184.572252
KES 149.8804
KGS 101.306416
KHR 4691.734973
KMF 494.659597
KPW 1042.607983
KRW 1637.148784
KWD 0.357661
KYD 0.965565
KZT 534.074639
LAK 26136.703131
LBP 103743.396942
LKR 384.438233
LRD 210.295198
LSL 18.728938
LTL 3.42061
LVL 0.700737
LYD 7.361477
MAD 10.740719
MDL 19.946077
MGA 4990.224969
MKD 61.555443
MMK 2432.50473
MNT 4165.971899
MOP 9.362429
MRU 46.450079
MUR 54.366575
MVR 17.898703
MWK 2009.05936
MXN 19.730417
MYR 4.70344
MZN 74.036731
NAD 18.728938
NGN 1568.49915
NIO 42.634835
NOK 10.903996
NPR 177.136992
NZD 1.960873
OMR 0.445431
PAB 1.158588
PEN 3.899813
PGK 5.130175
PHP 71.440054
PKR 321.555186
PLN 4.313621
PYG 6978.51773
QAR 4.235293
RON 5.236556
RSD 117.358226
RUB 98.408476
RWF 1700.309874
SAR 4.340128
SBD 9.323905
SCR 16.026056
SDG 695.654019
SEK 11.013061
SGD 1.479593
SHP 0.858258
SLE 28.390719
SLL 24292.177953
SOS 662.164467
SRD 43.771563
STD 23977.636876
STN 24.491288
SVC 10.138394
SYP 15062.20497
SZL 18.733094
THB 38.263496
TJS 10.68826
TMT 4.06617
TND 3.385696
TOP 2.789277
TRY 55.504834
TTD 7.851207
TWD 36.915495
TZS 3058.31343
UAH 51.828764
UGX 4310.46676
USD 1.158453
UYU 46.423487
UZS 13747.360818
VES 893.835467
VND 30357.259198
VUV 135.919513
WST 3.167779
XAF 655.7181
XAG 0.017561
XAU 0.000262
XCD 3.130777
XCG 2.088175
XDR 0.819086
XOF 655.723758
XPF 119.331742
YER 274.835983
ZAR 18.788139
ZMK 10427.464404
ZMW 21.827236
ZWL 373.021373
  • AEX

    -3.0200

    1114.8

    -0.27%

  • BEL20

    98.0000

    5762.49

    +1.73%

  • PX1

    -57.0000

    8579.6

    -0.66%

  • ISEQ

    -65.9300

    14265.96

    -0.46%

  • OSEBX

    4.3800

    2090.12

    +0.21%

  • PSI20

    -35.1700

    9219.73

    -0.38%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    544.5900

    4736.98

    +12.99%

  • N150

    -21.3700

    4339.26

    -0.49%

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier
Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Dans la pénombre, Robert Tomlinson cueille des tiges de rhubarbe dite "forcée", à la lumière de la bougie. Depuis quatre générations, sa famille perpétue cette tradition dans le nord de l'Angleterre, malgré des menaces comme le réchauffement climatique.

Taille du texte:

Dans le hangar de la ferme familiale à Pudsey, près de Leeds, des centaines de plants d'un rose vif se dressent vers le plafond.

La température est d'environ 14 degrés et l'obscurité quasi totale.

Seul le craquement des pétioles (tiges) prélevés d'un geste expert et le vrombissement intermittent du chauffage viennent perturber le calme quasi religieux.

Avec cette douceur de l'air, "on leur fait croire que c'est le printemps" raconte Robert Tomlinson, 41 ans, slalomant entre ses plants de rhubarbe forcée qui bénéficient d'une appellation d'origine protégée (AOP).

L'obscurité a elle aussi une explication: "Comme il n'y a pas de lumière, la plante ne peut produire de chlorophylle et le sucre va dans la tige plutôt que dans la feuille donc vous avez des tiges plus tendres, plus sucrées".

Autre avantage: la rhubarbe forcée se récolte en hiver, à un moment où il y a peu de fruits et légumes frais.

Dans les étals, elle sera vendue plus cher que sa cousine poussée en plein air, qui ne sera pas cueillie avant le mois de mai.

Avant de passer quelques semaines à l'abri, la rhubarbe forcée est restée deux ans en plein champ.

Une fois à l'intérieur, les tiges grandissent en quelques semaines.

"On les entend littéralement pousser, ça fait comme des +pops+", décrit Robert Tomlinson, qui habite un coin du Yorkshire surnommé le "triangle de la rhubarbe" en raison de la concentration des producteurs.

- Redécouverte -

Son arrière-grand-père a commencé à faire pousser cette plante originaire d'Asie et de Russie à la fin des années 1880. Jusqu'aux années 1960, son goût acidulé était prisé des Britanniques. Puis elle est passée de mode et face à une faible demande, de nombreux producteurs ont jeté l'éponge.

Autrefois plus de 200, ils ne sont désormais plus qu'une dizaine.

Mais ces dernières années, des chefs ont redécouvert ce produit comme Tom Cenci, qui supervise l'approvisionnement à 26 Grains et Stoney street, deux restaurants londoniens.

"Le nombre de recettes est infini", décrit-il avant de faire revenir quelques morceaux dans le jus d'une orange, ajoutant du sucre et un peu de gingembre.

"Elle a un goût légèrement plus sucré" que la rhubarbe poussée en plein air qui peut être plus "filandreuse" compare ce chef. Il n'hésite pas à la marier avec du poisson ou du canard.

La rhubarbe forcée se décline aussi en boissons, du soda aromatisé au gin en passant par le vin effervescent ou le sirop.

Ce regain d'intérêt a permis à Robert Tomlinson de traverser la pandémie sans trop de dommages, malgré la fermeture un temps des restaurants.

Après l'avoir stockée dans des paquets rouge et jaune tamponnés du mot "Harbinger" (la variété cultivée), il envoie sa production "partout dans le pays" mais aussi à "Paris, Berlin, Zurich et même à New York", énumère le cultivateur avec fierté.

Si la demande a grimpé ces dernières années, le Brexit complique cependant ses exportations vers l'Europe, désormais plus chères.

La production demande par ailleurs "beaucoup de travail" et c'est "difficile de trouver des gens pour le faire", confie-t-il tout en empaquetant des tiges aidé seulement de son épouse Paula. Le weekend, leurs deux enfants de 13 et 14 ans leur donnent un coup de main.

Autre défi: le réchauffement climatique, cause d'hivers plus doux.

"Jadis, la saison commençait bien plus tôt qu'aujourd'hui. Le changement climatique l'a un peu décalé", explique Robert Tomlinson. C'est un problème "parce que (les plantes) ont besoin d'une période de froid à l'automne pour regagner en énergie avant que nous les mettions à l'abri".

Malgré ces aléas, le procédé reste le même depuis l'époque de son arrière-grand-père: "La manière de cultiver est quasi inchangée par rapport à cette époque car il n'y a pas d'autres façons de le faire. Donc je continuerai à cueillir à la lumière de la bougie, à la main".

(F.Schuster--BBZ)