Berliner Boersenzeitung - Aux racines des populations du Cap-Vert et de la traite esclavagiste

EUR -
AED 4.235825
AFN 75.545802
ALL 93.537535
AMD 423.305618
AOA 1058.811708
ARS 1726.050045
AUD 1.636636
AWG 2.076101
AZN 1.961033
BAM 1.95855
BBD 2.32222
BDT 142.730393
BHD 0.434886
BIF 3452.671024
BMD 1.153389
BND 1.479477
BOB 14.003296
BRL 5.934074
BSD 1.152999
BTN 110.036059
BWP 15.679013
BYN 3.398271
BYR 22606.431288
BZD 2.318956
CAD 1.622248
CDF 2606.660577
CHF 0.933046
CLF 0.026726
CLP 1055.304781
CNY 7.789473
CNH 7.782898
COP 3701.468641
CRC 522.824977
CUC 1.153389
CUP 30.564818
CVE 110.898381
CZK 24.174001
DJF 204.980328
DKK 7.474932
DOP 67.343891
DZD 153.308454
EGP 57.874195
ERN 17.30084
ETB 184.37006
FJD 2.552393
FKP 0.858551
GBP 0.857378
GEL 3.016125
GGP 0.858551
GHS 13.511962
GIP 0.858551
GMD 85.350816
GNF 10132.525167
GTQ 8.794347
GYD 241.385765
HKD 9.045745
HNL 30.980157
HRK 7.535899
HTG 150.750346
HUF 360.8921
IDR 20725.88762
ILS 3.473801
IMP 0.858551
INR 109.684501
IQD 1510.94005
IRR 1586054.532116
ISK 141.797162
JEP 0.858551
JMD 182.305956
JOD 0.817769
JPY 181.856081
KES 149.249433
KGS 100.863577
KHR 4671.226492
KMF 493.651222
KRW 1647.050939
KWD 0.356917
KYD 0.960828
KZT 543.160821
LAK 26066.599277
LBP 103286.016357
LKR 387.123519
LRD 209.080658
LSL 19.065344
LTL 3.405659
LVL 0.697674
LYD 7.341378
MAD 10.751869
MDL 20.182899
MGA 4953.807106
MKD 61.54284
MMK 2421.733025
MNT 4134.092669
MOP 9.314976
MRU 46.262325
MUR 53.621184
MVR 17.831455
MWK 2003.437477
MXN 19.901041
MYR 4.723245
MZN 73.697531
NAD 19.065769
NGN 1572.5428
NIO 42.429571
NOK 11.006044
NPR 176.060187
NZD 1.961494
OMR 0.443477
PAB 1.153019
PEN 3.915185
PGK 5.098267
PHP 70.350996
PKR 320.440363
PLN 4.295418
PYG 6874.681812
QAR 4.204969
RON 5.24954
RSD 117.355054
RUB 92.995645
RWF 1693.175568
SAR 4.318554
SBD 9.309186
SCR 15.476883
SDG 692.597559
SEK 10.979563
SGD 1.478288
SLE 28.200099
SOS 658.925127
SRD 43.703089
STD 23872.830891
STN 24.91321
SVC 10.089165
SZL 19.065835
THB 38.33829
TJS 10.642103
TMT 4.036863
TND 3.39216
TRY 54.866503
TTD 7.82799
TWD 37.381464
TZS 3062.246425
UAH 51.556685
UGX 4317.987553
USD 1.153389
UYU 46.455425
UZS 13856.819878
VES 849.069652
VND 30292.041232
VUV 137.419199
WST 3.151308
XAF 656.879254
XAG 0.019387
XAU 0.000283
XCD 3.117093
XCG 2.078018
XDR 0.817877
XOF 654.547231
XPF 119.331742
YER 274.974351
ZAR 18.891917
ZMK 10381.891222
ZMW 21.817226
ZWL 371.390901
  • AEX

    10.2500

    1112.49

    +0.93%

  • BEL20

    39.6700

    5707.14

    +0.7%

  • PX1

    52.5500

    8666.63

    +0.61%

  • ISEQ

    82.3000

    13799.05

    +0.6%

  • OSEBX

    -4.0500

    2019.01

    -0.2%

  • PSI20

    -2.7500

    9169.02

    -0.03%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.0300

    4214.68

    +0.79%

  • N150

    12.8800

    4304.64

    +0.3%

Aux racines des populations du Cap-Vert et de la traite esclavagiste
Aux racines des populations du Cap-Vert et de la traite esclavagiste / Photo: JOHN WESSELS - AFP/Archives

Aux racines des populations du Cap-Vert et de la traite esclavagiste

Les origines des populations des îles du Cap-Vert, ancienne plaque tournante du commerce d'esclaves africains, ont été quasiment effacées de l'Histoire. Mais les métissages passés ont laissé des empreintes génétiques et linguistiques, permettant aux scientifiques de remonter le fil du temps, selon une étude.

Taille du texte:

L'archipel de l'Atlantique fut la première colonie de peuplement européenne en Afrique subsaharienne. A l'arrivée des premiers colons portugais, au XVe siècle, le territoire était inhabité.

Point stratégique au large du Sénégal, sur la route des Amériques, le Cap-Vert devient dès le XVIe siècle une tête de pont de la traite esclavagiste transatlantique jusqu'à son abolition au XIXe siècle. Les esclaves du continent africain y ont été déportés en masse, pour travailler dans les plantations ou pour être vendus de l'autre côté de l'océan. Ce qui a donné lieu à nombre de métissages entre communautés asservies et non asservies, dont les Capverdiens sont issus.

Mais faute d'archives historiques, on en sait très peu sur leurs ancêtres. "L'une des violences de l'asservissement a été l'effacement des racines pour empêcher les gens de retrouver leurs origines", explique à l'AFP Paul Verdu du laboratoire Eco-anthropologie (CNRS-Musée de l'Homme), qui a dirigé l'étude parue cette semaine dans la revue e-Life.

Pour combler ces lacunes, une équipe internationale est partie en 2010 sur les traces génétiques et linguistiques, en prélevant l'ADN de 261 personnes parlant le Kriolu, le créole local, sur les neuf îles habitées de l'archipel.

Grâce à des méthodes et outils d'intelligence artificielle, ils ont pu comparer les données génétiques récoltées avec celles de populations de la péninsule ibérique, pour trouver leurs points commun. Et retracer les métissages anciens.

- Métissages précoces -

Première conclusion: ces métissages ont commencé très tôt, entre les premières générations de colonisateurs et les premiers esclaves déportés. Jusqu'au XVIe siècle, ils se sont faits essentiellement entre des populations ibériques et certaines populations de la région sénégambienne (le Sénégal et la Gambie actuels).

Ces résultats ont surpris les chercheurs, qui s'attendaient à trouver davantage de diversité génétique au regard de l'intensité des migrations qui ont eu lieu à travers les âges. "Côté européen, il y a aussi eu une immigration anglaise (une partie des îles a été sous leur domination, NDLR), française; côté africain, des esclaves déportés de Sénégambie mais aussi du Congo, d'Angola voire du Mozambique (ex-colonies portugaises)... Sans laisser pourtant trace de leurs gènes", dit Paul Verdu.

Ces populations sans descendance ou presque ont néanmoins marqué la culture, puisqu'elles ont laissé des mots dans le lexique créole. En écoutant parler les 261 Capverdiens, selon différents protocoles linguistiques, les chercheurs ont en effet retrouvé la marque de langues bantoues du Congo ou d'Angola, développe cet anthropologue et généticien des populations.

Deuxième conclusion, étonnante elle aussi: les métissages ont marqué le pas entre la deuxième moitié du XVIIe et le XVIIIe siècle. Ce qui peut sembler paradoxal car c'est à cette même période que le trafic d'esclaves a explosé. "On passe d'une dizaine de milliers d'individus déportés par an à plusieurs dizaines, voire centaines de milliers avec l'essor de l'économie de plantation vers 1640", souligne le chercheur.

- Ségrégation accrue -

Bien que plus nombreux, les esclaves n'ont donc "pas fait beaucoup de bébés". Sans doute parce qu'ils ont été rapidement déportés vers les Amériques, contrairement aux générations précédentes installées plus durablement sur l'archipel.

Autre hypothèse: avec l'intensification de la traite esclavagiste s'est développée une séparation plus stricte entre maîtres et esclaves. "On est en plein essor du Code noir à la fin du XVIIe, qui établit des usages de la ségrégation dans les colonies européennes. Les maîtres créent des baraquements d'esclaves et cherchent à contrôler les mariages au sein des communautés asservies", souligne Paul Verdu.

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est l'inverse qui s'est produit, relève-t-il: selon les données génétiques des populations afro-américaines, plus largement étudiées, l'intensification des métissages a coïncidé avec l'explosion du commerce transatlantique esclaves.

"On voit souvent l'histoire de l'esclavage comme un bloc monolithique, or la génétique nous apprend une grande diversité d'histoires", conclut le scientifique.

(K.Müller--BBZ)