Berliner Boersenzeitung - Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

EUR -
AED 4.225652
AFN 74.781422
ALL 93.172811
AMD 421.052567
AOA 1054.989049
ARS 1719.121524
AUD 1.645162
AWG 2.073739
AZN 1.966712
BAM 1.952625
BBD 2.316801
BDT 142.037287
BHD 0.433844
BIF 3445.684793
BMD 1.150479
BND 1.475205
BOB 14.004252
BRL 5.872623
BSD 1.150259
BTN 109.610603
BWP 15.644674
BYN 3.362513
BYR 22549.38963
BZD 2.313477
CAD 1.616521
CDF 2602.383819
CHF 0.933234
CLF 0.026952
CLP 1064.251123
CNY 7.768725
CNH 7.775841
COP 3730.370837
CRC 522.516208
CUC 1.150479
CUP 30.487695
CVE 110.733442
CZK 24.214474
DJF 204.463134
DKK 7.476256
DOP 67.015623
DZD 153.007976
EGP 57.663627
ERN 17.257186
ETB 184.018741
FJD 2.552112
FKP 0.853363
GBP 0.857308
GEL 3.003154
GGP 0.853363
GHS 13.4721
GIP 0.853363
GMD 85.135506
GNF 10066.691947
GTQ 8.776194
GYD 241.031269
HKD 9.022224
HNL 30.831984
HRK 7.535344
HTG 150.395619
HUF 364.449882
IDR 20694.817381
ILS 3.501638
IMP 0.853363
INR 109.654226
IQD 1507.127572
IRR 1582196.33128
ISK 142.015652
JEP 0.853363
JMD 182.213385
JOD 0.815707
JPY 180.642471
KES 148.791673
KGS 100.609628
KHR 4645.047021
KMF 492.405068
KRW 1645.311841
KWD 0.356071
KYD 0.958587
KZT 545.649452
LAK 26000.827293
LBP 103025.400201
LKR 386.210115
LRD 208.524101
LSL 19.017405
LTL 3.397066
LVL 0.695913
LYD 7.322825
MAD 10.739434
MDL 20.084204
MGA 4899.755071
MKD 61.416653
MMK 2415.641494
MNT 4134.279366
MOP 9.291565
MRU 46.122794
MUR 53.795901
MVR 17.775066
MWK 1998.382168
MXN 19.949934
MYR 4.711789
MZN 73.518466
NAD 19.0174
NGN 1569.161798
NIO 42.327671
NOK 10.991775
NPR 175.378125
NZD 1.962585
OMR 0.442347
PAB 1.150249
PEN 3.905298
PGK 5.076458
PHP 70.072799
PKR 319.631884
PLN 4.314383
PYG 6861.424306
QAR 4.194359
RON 5.247219
RSD 117.37763
RUB 92.498091
RWF 1688.903264
SAR 4.305701
SBD 9.297142
SCR 15.579762
SDG 690.287687
SEK 11.014508
SGD 1.476323
SLE 28.12944
SOS 657.390936
SRD 43.495
STD 23812.593791
STN 24.458736
SVC 10.064801
SZL 19.017571
THB 38.471631
TJS 10.622786
TMT 4.026677
TND 3.382985
TRY 54.678932
TTD 7.799807
TWD 37.364799
TZS 3043.321989
UAH 51.597975
UGX 4304.756289
USD 1.150479
UYU 46.262154
UZS 13821.855768
VES 860.387379
VND 30242.643122
VUV 136.964711
WST 3.145975
XAF 654.855061
XAG 0.01993
XAU 0.000285
XCD 3.109228
XCG 2.073103
XDR 0.813195
XOF 656.350485
XPF 119.331742
YER 274.271757
ZAR 19.037552
ZMK 10355.697109
ZMW 21.617342
ZWL 370.453789
  • AEX

    3.1900

    1102.22

    +0.29%

  • BEL20

    -18.7600

    5667.28

    -0.33%

  • PX1

    103.8200

    8613.82

    +1.22%

  • ISEQ

    181.3700

    13716.45

    +1.34%

  • OSEBX

    5.0500

    2023.13

    +0.25%

  • PSI20

    55.6100

    9171.7

    +0.61%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -94.5100

    4181.81

    -2.21%

  • N150

    29.4100

    4291.71

    +0.69%

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français
Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français / Photo: JOEL SAGET - AFP/Archives

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

Anthropologue à l'université Paris-Cité, ancienne membre du conseil scientifique créé pendant la pandémie de Covid-19, Laëtitia Atlani-Duault travaille sur l'impact de diverses crises sur les mémoires.

Taille du texte:

Dans son livre "Covid-19 Ad Memoriam, Fragments pour les mémoires" (La Documentation française), elle éclaire plusieurs traces d'un "moment de basculement" par des témoignages anonymes récoltés de 2020 à 2024, des photographies d'objets quotidiens de l'ère Covid entrés au MuCem à Marseille, et des dessins de presse de Plantu.

Q. Vous évoquez des "traces profondes" du "moment de basculement individuel et collectif", voire de "rupture anthropologique", de la pandémie de Covid-19. Lesquelles vous paraissent significatives?

R. "Beaucoup ont perdu des proches, sans parfois pouvoir leur dire adieu ni voir une dernière fois leur visage, une expérience qui reste très marquante. Une naissance dans un pays confiné, des enfants à la maison avec des parents qui télétravaillent, des couples qui se déchirent, des familles séparées dans des pays différents, la douleur autour des Ehpad, et, parfois, le bonheur de cette période sont aussi dans les mémoires.

En même temps, la pandémie a accentué les lignes de fracture, comme le racontent les témoignages. Le virus, discriminant par nature, a frappé plus durement les plus vulnérables, en raison de leur âge, leurs conditions socio-économiques ou leurs origines étrangères. On voit également que les règles de gestion de crise, uniformes au nom de l’égalité, ont souvent aggravé des disparités existantes".

Q. La page Covid n'est pas vraiment refermée?

R. "Les effets de la crise ne sont pas tous derrière nous et nous vivons encore ses effets différés. Si nous avons appris à vivre avec le virus, si nos services hospitaliers ne sont plus débordés, si les principales mesures prises durant la pandémie font partie du passé, s’expriment encore des formes de désespérance et de souffrance sociale qui ne concernent pas que les familles endeuillées, voire de souffrance physique pour les personnes atteintes de Covid long.

Cette crise a laissé des marques profondes, elle a fait des morts, creusé les inégalités, sacrifié des étudiants, des professionnels et des malades, elle a parfois laissé un arrière-goût amer à tous ceux qui, applaudis tous les soirs au printemps 2020, se sont ensuite retrouvés rejetés dans l’anonymat et des conditions de travail plus difficiles qu’avant.

Il y a aussi un rapport aux vaccins affecté très fortement, une défiance plus forte dans les autorités".

Q. Pourquoi défendez-vous, à l'unisson d'associations et d'acteurs sanitaires, un devoir de mémoire pour la pandémie?

R. "Pour transmettre aux générations futures mais aussi tirer des enseignements pour se préparer aux crises à venir, pas seulement sanitaires. Les mémoires de la pandémie seront plurielles, mais l'important est d'imaginer collectivement des rituels de passage.

Depuis plusieurs années, des mairies ont organisé des hommages, tous les 17 mars. Pourquoi n'y a-t-il pas, du côté de l’État, de volonté d'une journée d'hommage inscrite au calendrier national, possiblement le 17 mars? Certains demandent des hommages aux victimes du Covid, d'autres aux endeuillés, d'autres encore aux soignants, ma proposition est d'un hommage à la société française tout entière. Ce serait une forme de contre-don du gouvernement, d'autant plus important qu'on parle beaucoup de défiance envers l’État et envers la science mais aussi de se préparer à d'autres crises majeures.

Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis 2021, sans succès, pour créer une journée d’hommage national inscrite au calendrier national. Une nouvelle, portée par un groupe transpartisan de députés et à laquelle j’ai contribué, vient d’être déposée le 11 mars pour relancer ce débat à l'Assemblée nationale.

Certaines mairies ont aussi créé des monuments en mémoire du Covid, mais il n'y a pas de lieu national. Comme il ne s’agit pas de tout attendre de l’État, je crée un lieu de mémoire de la pandémie: il ouvrira en septembre rue de l’École de médecine, au sein de l'université Paris-Cité, et sera un espace dédié avec des expositions permanentes et temporaires, des conférences et des événements".

(O.Joost--BBZ)