Berliner Boersenzeitung - Mondial-2022: neutre en carbone ou "aberration écologique", un bilan climatique en question

EUR -
AED 4.397733
AFN 77.835597
ALL 96.757965
AMD 453.90648
ANG 2.143578
AOA 1098.08556
ARS 1729.718292
AUD 1.697621
AWG 2.156954
AZN 2.035406
BAM 1.957977
BBD 2.413193
BDT 146.41276
BGN 2.011006
BHD 0.451397
BIF 3549.189914
BMD 1.197476
BND 1.5119
BOB 8.279204
BRL 6.2252
BSD 1.198137
BTN 110.054802
BWP 15.677428
BYN 3.406701
BYR 23470.533006
BZD 2.409689
CAD 1.62082
CDF 2682.346551
CHF 0.91756
CLF 0.02617
CLP 1033.350264
CNY 8.328028
CNH 8.316191
COP 4395.168649
CRC 594.670998
CUC 1.197476
CUP 31.733119
CVE 110.388174
CZK 24.299159
DJF 213.356287
DKK 7.466647
DOP 75.385061
DZD 154.67909
EGP 56.072896
ERN 17.962143
ETB 186.305506
FJD 2.625527
FKP 0.868923
GBP 0.866542
GEL 3.227194
GGP 0.868923
GHS 13.095558
GIP 0.868923
GMD 87.415407
GNF 10513.819382
GTQ 9.192257
GYD 250.668656
HKD 9.343009
HNL 31.619149
HRK 7.535236
HTG 156.904423
HUF 380.416024
IDR 20110.175367
ILS 3.709632
IMP 0.868923
INR 110.259115
IQD 1569.551345
IRR 50443.68401
ISK 144.798317
JEP 0.868923
JMD 187.818789
JOD 0.849014
JPY 183.295885
KES 154.49848
KGS 104.719618
KHR 4816.414497
KMF 493.359953
KPW 1077.65892
KRW 1708.906127
KWD 0.367003
KYD 0.998514
KZT 603.683605
LAK 25812.802569
LBP 107293.120341
LKR 371.003975
LRD 221.657331
LSL 19.051158
LTL 3.535836
LVL 0.724341
LYD 7.524333
MAD 10.833143
MDL 20.09242
MGA 5345.942815
MKD 61.691988
MMK 2514.677582
MNT 4278.153191
MOP 9.628944
MRU 47.829969
MUR 53.994324
MVR 18.513564
MWK 2077.609574
MXN 20.544547
MYR 4.70968
MZN 76.351282
NAD 19.051158
NGN 1672.850271
NIO 44.089564
NOK 11.458877
NPR 176.087483
NZD 1.973417
OMR 0.460425
PAB 1.198132
PEN 4.008957
PGK 5.128766
PHP 70.457091
PKR 335.178801
PLN 4.206321
PYG 8045.910637
QAR 4.356361
RON 5.096099
RSD 117.399135
RUB 91.668755
RWF 1748.043211
SAR 4.491067
SBD 9.672825
SCR 16.470637
SDG 720.281738
SEK 10.556537
SGD 1.511808
SHP 0.898417
SLE 29.09489
SLL 25110.475749
SOS 683.559879
SRD 45.614209
STD 24785.339103
STN 24.527573
SVC 10.483698
SYP 13243.577429
SZL 19.043249
THB 37.272043
TJS 11.196593
TMT 4.191167
TND 3.426523
TOP 2.883235
TRY 51.9896
TTD 8.132074
TWD 37.47982
TZS 3065.53864
UAH 51.215634
UGX 4289.768719
USD 1.197476
UYU 45.340592
UZS 14496.175194
VES 429.266648
VND 31217.006375
VUV 143.303392
WST 3.263552
XAF 656.687006
XAG 0.010186
XAU 0.000217
XCD 3.23624
XCG 2.159309
XDR 0.816708
XOF 656.684261
XPF 119.331742
YER 285.475503
ZAR 18.81055
ZMK 10778.71862
ZMW 23.812571
ZWL 385.586839
  • AEX

    -4.5100

    997.13

    -0.45%

  • BEL20

    -16.1900

    5380.41

    -0.3%

  • PX1

    -86.4200

    8066.68

    -1.06%

  • ISEQ

    1.3000

    13006.8

    +0.01%

  • OSEBX

    6.8000

    1749.57

    +0.39%

  • PSI20

    9.5200

    8663.41

    +0.11%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -125.5000

    4085.85

    -2.98%

  • N150

    15.2600

    3927.23

    +0.39%

Mondial-2022: neutre en carbone ou "aberration écologique", un bilan climatique en question
Mondial-2022: neutre en carbone ou "aberration écologique", un bilan climatique en question / Photo: STRINGER - AFP

Mondial-2022: neutre en carbone ou "aberration écologique", un bilan climatique en question

Ses organisateurs promettent d'en faire un tournoi neutre en carbone mais la Coupe du monde de football au Qatar, qualifiée d'"aberration écologique" par ses détracteurs, s'annonce beaucoup plus nocive pour le climat que prévu.

Taille du texte:

"Nous sommes engagés à assurer une Coupe du monde de football totalement neutre en carbone. Nous y arriverons en mesurant, réduisant et compensant toutes les émissions de gaz à effet de serre associées au tournoi", a promis Hassan Al-Thawadi, le secrétaire général du Comité d'organisation du Mondial.

Cet engagement peine pourtant à convaincre et des personnalités ont annoncé vouloir boycotter la Coupe du monde en raison de son bilan écologique et humain. L'ancienne star de Manchester United Eric Cantona a dénoncé une "aberration écologique, avec tous ces stades climatisés" ainsi qu'une "horreur humaine", tandis que plusieurs grandes villes françaises ont renoncé à installer des écrans géants pour diffuser les matchs.

La promesse de neutralité carbone est "de la poudre aux yeux", juge Julien Jreissati, directeur de programme pour Greenpeace au Moyen-Orient. Ce "n'est pas une réponse à l'urgence climatique et peut être considéré comme du greenwashing/sportswashing", selon lui.

"Cette publicité autour de la neutralité carbone est trompeuse et n'est pas fidèle à l’impact climatique réel que l'événement va avoir", abonde Gilles Dufrasne, auteur d'un rapport sur le sujet pour l'ONG basée en Belgique Carbon Market Watch.

Selon un rapport commandé par la Fifa, la compétition devrait générer 3,6 millions de tonnes équivalent CO2, contre 2,1 millions lors de la précédente édition en Russie, en 2018. La vaste majorité (95%) provient d'émissions indirectes, liées essentiellement au transport, à la construction des infrastructures et au logement.

Mais ce bilan des émissions est incomplet, juge Carbon Market Watch, qui estime que l'empreinte carbone de la construction des stades pourrait avoir été sous-estimée d'un facteur huit: il faudrait comptabiliser 1,6 million de tonnes de CO2 et non 0,2 million.

Une différence majeure qui reflète un choix méthodologique: le Qatar juge en effet que les stades seront utilisés après la Coupe du monde, et donc que leur impact sur l'environnement n'est pas attribuable au seul événement, tandis que Carbon Market Watch pense l'inverse. La pleine utilisation des stades après 2022 dans un pays de 2,4 millions d'habitants est sujette à caution, estime l'ONG.

Hôte de la Coupe d'Asie de football à l'été 2023, le Qatar, lui, annonce qu'un stade sera entièrement démonté et que les sept autres seront partiellement dédiés à d'autres usages pour le grand public, écoles, bureaux, hôtels etc.

- "Enorme erreur" -

La climatisation des stades, souvent retenue comme symbole de gâchis énergétique et environnemental, ne pèse pourtant pas lourd dans le bilan. "C'est relativement minime comparé aux émissions totales de la construction des stades ou aux émissions totales du transport aérien", confirme Gilles Dufrasne.

Compte tenu de l'impact climatique de la construction des infrastructures, certains observateurs pensent qu'un pays mieux équipé aurait dû être choisi.

"Une énorme erreur a été commise en décembre 2010 au moment de l'attribution de la Coupe du monde face à un pays (les Etats-Unis, NDLR) qui avait toutes les infrastructures", estime Gilles Paché, spécialiste de logistique et professeur à l'université d'Aix-Marseille.

"On partait avec le Qatar sur rien, ex nihilo. On partait sur un événement de taille mondiale fondé sur du sable", ajoute-t-il, alors que "les Etats-Unis étaient vraiment bien équipés" en stades et en hôtels.

Pour atteindre la neutralité, les organisateurs promettent aussi que les émissions du tournoi seront intégralement compensées: ils vont acheter des crédits carbone, correspondant en théorie à une réduction des émissions équivalente à celles du Mondial, réalisées par des tierces parties (par exemple avec des projets d'énergie renouvelable en Turquie).

"La compensation carbone crée une diversion, car elle véhicule l'illusion qu'une solution qui ne nécessiterait pas d'efforts de réduction d'émissions de gaz à effet de serre impliquant des décisions politiques ambitieuses est possible", critique Julien Jreissati. "Nous devons réduire les émissions à la source le plus rapidement possible", estime-t-il.

Pour les prochaines Coupes du monde, Gilles Dufrasne propose une "réflexion systémique" plutôt que de chercher à verdir l'événement à la marge: "réfléchir à la fréquence" ou par exemple "répartir les matches à travers le monde pour jouer dans un stade qui est le plus proche pour les deux équipes qui s’affrontent".

(K.Lüdke--BBZ)