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La Commission européenne a détaillé jeudi les mesures qu'elle attend de Google pour que le géant américain se conforme à son obligation de partager les données de son moteur de recherche.
"Google devrait autoriser les moteurs de recherche tiers à accéder aux données de recherche, telles que les données de classement, de requêtes, de clics et de vues, à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires", a précisé l'exécutif européen dans un communiqué.
"L'objectif de ces mesures est de permettre aux moteurs de recherche en ligne tiers, ou +bénéficiaires de données+, d'optimiser leurs services de recherche et de concurrencer la position dominante de Google Search", a précisé la Commission.
Cela inclut les services d'intelligence artificielle proposant des fonctions de recherche.
Cette annonce a été faite par Bruxelles dans le cadre d'une procédure amiable lancée en janvier, pour s'assurer que Google remplisse ses obligations en vertu du règlement européen sur les marchés numériques (DMA).
Cette loi puissante vise à réprimer les abus de position dominante des géants du numérique.
Ces propositions de mesures feront l'objet d'une consultation publique ouverte jusqu'au 1er mai.
La Commission pourra ensuite ajuster les mesures qu'elle entend imposer à Google, dans une décision finale qui sera prise d'ici le 27 juillet. Elle s'est par ailleurs réservé la possibilité d'ouvrir une enquête pouvant conduire à une éventuelle amende, si le groupe américain ne coopérait pas.
De son côté, le groupe américain continue de contester la démarche de la Commission, comme il l'avait déjà indiqué en janvier.
"Des centaines de millions d'Européens font confiance à Google pour leurs recherches les plus sensibles – notamment des questions privées concernant leur santé, leur famille et leurs finances – et la proposition de la Commission nous obligerait à transmettre ces données à des tiers, avec des protections de la vie privée dangereusement insuffisantes", a estimé Clare Kelly, une responsable juridique de Google, dans une déclaration à l'AFP jeudi.
"Nous continuerons à nous opposer fermement à cet abus de pouvoir, qui dépasse largement le mandat initial de la DMA et met en péril la vie privée et la sécurité des citoyens".
Google fait déjà l'objet d'enquêtes lancées par la Commission européenne dans le cadre du DMA, et s'est vu en outre infliger une amende géante de 2,95 milliards d'euros par l'UE en septembre 2025, dans le cadre d'une affaire de concurrence antérieure au DMA.
(A.Berg--BBZ)