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Une ex-dirigeante industrielle va quitter brusquement le conseil de surveillance de Volkswagen après moins d'un an, privant le groupe en difficulté d'une voix indépendante, au moment où son patron Oliver Blume fait face au scepticisme d'actionnaires sur le rythme du redressement.
Susanne Wiegand, ancienne patronne de Renk Group, un équipementier dans la défense, "nous a informés (mercredi) qu'elle ne souhaitait finalement plus se porter candidate" à une réélection au conseil de surveillance, a déclaré jeudi le président de l'instance de contrôle, Hans Dieter Pötsch, en ouverture de l'assemblée générale tenue en mode virtuel.
La dirigeante de 54 ans avait rejoint le conseil de Volkswagen en juillet dernier, élue sans avoir de lien avec les grands pôles d'influence que sont le groupe, la région actionnaire de Basse-Saxe, les représentants des salariés ou encore la famille fondatrice Porsche‑Piëch.
"Le départ annoncé de Mme Wiegand constitue un signal très négatif", s'agissant d'une personne "extrêmement compétente" et "seule membre véritablement indépendante" au sein de l'organe de censure de Volkswagen, a déclaré jeudi Tanja Bauer, du gestionnaire de fonds Deka, lors de l'assemblée générale.
Mme Wiegand présidait le comité d'audit rattaché au conseil et chargé du contrôle des comptes et de la gestion des risques.
- "Risque de déclin progressif" -
Son départ intervient alors que des médias allemands ont récemment affirmé que des dirigeants jugent le groupe menacé dans son existence, sur la base d'une enquête interne.
Questionné à ce sujet par des représentants d'actionnaires inquiets, le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, n'a pas commenté, soulignant seulement que "les représentants des actionnaires comme ceux des salariés s'accordent pleinement sur la nécessité de transformer notre entreprise".
"Volkswagen court le risque d'un déclin progressif s'il ne mène pas une restructuration déterminée", a averti Mme Bauer, citant une baisse du titre depuis 2025, de près de 20%, comme signe que "le marché ne croit manifestement pas à un redressement durable".
Le modèle historique du groupe de Wolfsbourg, combinant développement en Allemagne, production en Europe et distribution mondiale, "n'est plus viable dans sa forme actuelle", a reconnu M. Blume.
Les difficultés tiennent notamment au retard dans l'électrique, à la concurrence chinoise et à des coûts élevés, alors que le groupe a vu ses bénéfices reculer au premier trimestre après une année 2025 déjà fragile.
Dans ce contexte, la forte révision à la baisse mardi des objectifs pour 2026 du concurrent allemand BMW alimente les inquiétudes sur l'industrie automobile allemande.
Volkswagen met en oeuvre un plan de 50.000 suppressions de postes en Allemagne au sein des marques VW, Audi, Porsche dans l'automobile et Cariad dans l'informatique, et va tailler dans son réseau de production mondial, dont la capacité devrait être réduite à environ neuf millions d'unités par an.
En Allemagne, la production sur les sites de Dresde et d'Osnabrück doit progressivement cesser, et des réductions de capacités sont prévues ailleurs, notamment sur le site historique de Wolfsburg.
Mais un "durcissement des conditions" oblige le groupe à "accélérer encore la transformation", le directoire préparant un nouveau plan qui sera "décidé cet été", selon M. Blume.
(B.Hartmann--BBZ)