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Assaillie de critiques après son projet avorté d'ouverture à des investisseurs privés, la direction de la Fifa a reconnu des "erreurs" et présenté des "excuses", affichant néanmoins un "plein soutien" au président Gianni Infantino, mercredi à l'issue d'une réunion de crise au Maroc.
Cette réunion, qui n'était pas ouverte à la presse, s'est tenue au siège pour l'Afrique de la Fifa, au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat.
La direction de la Fifa a diffusé en fin de soirée un communiqué dans lequel elle reconnaît "que des erreurs ont été commises après la fuite de la proposition dans les médias". "Des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d'un engagement à veiller à ce qu'elles ne se reproduisent plus".
"Il a été convenu qu’il n’était nullement dans l'intention d’exclure le Conseil de la Fifa et les associations membres de la Fifa du processus et que celui-ci aurait dû être géré différemment", admet le communiqué, sans citer nommément M. Infantino.
"Dans ce cas précis, toutefois, il est important de souligner que, bien que des erreurs aient été commises, tout ce qui a été fait l’a été dans le strict respect du cadre réglementaire de la Fifa", ajoute le texte.
Les hauts dirigeants ont volé au secours de Gianni Infantino, attaqué de toutes parts ces derniers jours. "Les membres du Conseil de direction de la Fifa présents ont réaffirmé leur plein soutien au président de la Fifa, Gianni Infantino, en tant que seul responsable élu par les 211 associations membres de la Fifa", indique le communiqué.
- La Fifa "ne tolérera plus aucune atteinte" -
"Le projet ayant été abandonné, il est entendu que la Fifa ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité, à sa bonne gouvernance et à son respect des procédures régulières et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger et préserver son nom et sa réputation", poursuit le texte.
Infantino, critiqué par certains de ses proches collaborateurs, semble passer l'éponge. Il réitére notamment "son plein soutien au Secrétaire général de la Fifa (Mattias Grafström) et à l’Administration de la Fifa pour leur travail indispensable et remarquable dans la mise en œuvre de sa vision."
Grafström, dans une lettre aux salariés de la Fifa et consultée par l'AFP, avait regretté "une série d'événements tristes et condamnables".
Gianni Infantino, qui a assisté mercredi soir à Rabat au match Zambie-Malawi de la Coupe d'Afrique des nations féminine, est à la tête de l'instance depuis dix ans. L'Italo-Suisse a multiplié les projets clivants, jusqu'à annoncer la semaine dernière vouloir créer une société extérieure (la Fifa Forward Enterprise, FFE) pour gérer les activités commerciales de l'instance et les tournois comme les Coupes du monde, avec l'arrivée d'investisseurs privés.
Présenté à la surprise générale mardi dernier après qu'il a été révélé par la presse, le projet a finalement été retiré dans la nuit de vendredi à samedi face à l'opposition de nombreux acteurs du foot, dont la confédération européenne (UEFA).
Plusieurs cadres de la Fifa ont pris leurs distances ces derniers jours avec Infantino, dont Arsène Wenger, actuel directeur du développement du football mondial au sein de l'instance.
Le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, avait démissionné vendredi, disant s'opposer "catégoriquement" au projet d'Infantino.
- Pressions politiques -
Mercredi, le Premier ministre canadien Mark Carney a ajouté sa voix à celle de son homologue britannique Andy Burnham pour fustiger le patron de la Fifa.
"Je n'ai certainement aucune confiance en M. Infantino, après ce qui s'est passé", a taclé M. Carney, "l’idée qu'une bonne gouvernance consiste à ne pas divulguer d'informations à ses plus proches conseillers (...) c'est fatal".
Vendredi, M. Burnham avait jugé que Gianni Infantino était "la mauvaise personne pour diriger" la Fifa.
Dans le monde du football, la pression est venue de la puissante UEFA et de la Concacaf (confédération nord-américaine et des Caraïbes).
La Concacaf a ainsi demandé la semaine dernière une "mise à plat complète" de la gouvernance du président de la Fifa, alors que l'UEFA, qui avait brandi la menace d'un boycott des Coupes du monde pour avoir gain de cause, a dit avoir "perdu confiance" en Infantino.
Infantino est pour l'instant le seul candidat déclaré à sa propre succession à la tête de la Fifa, lors d'un scrutin qui se déroulera en mars 2027 à Rabat.
L'Italo-Suisse de 56 ans a besoin d'une majorité des 211 fédérations membres pour décrocher un nouveau et dernier mandat de quatre ans. Jusqu'ici, une poignée de fédérations (Finlande, pays de Galles, Serbie, Suède) lui ont officiellement retiré leur soutien.
(Y.Yildiz--BBZ)