Berliner Boersenzeitung - A Gaza, la "Smile Kitchen Academy" renaît de ses cendres malgré les pénuries

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A Gaza, la "Smile Kitchen Academy" renaît de ses cendres malgré les pénuries
A Gaza, la "Smile Kitchen Academy" renaît de ses cendres malgré les pénuries / Photo: Omar AL-QATTAA - AFP

A Gaza, la "Smile Kitchen Academy" renaît de ses cendres malgré les pénuries

Dans cette école de cuisine de Gaza-ville, les élèves tentent de monter une mayonnaise, portant fièrement des vestes blanches floquées d'un drapeau palestinien. Rien ne laisse penser que l'établissement a déjà été détruit deux fois et qu'il manque de tout pour ses plats.

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Nabil al-Shawaf improvise ses cours en fonction de ce qu'il trouve sur le marché. Ce jour-là, poivrons, piments jalapeño et sauce tomate.

Au programme: apprendre à monter une mayonnaise, une sauce jalapeño et une sauce tabasco, annonce le chef.

Sur sa veste, un smiley coiffé d'une toque, logo de cette école baptisée "Smile Kitchen Academy", ouverte en 2016. Pourtant en 10 ans, elle n'a pas connu que des jours heureux, bombardée par Israël en 2021, puis en 2023, après l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.

Fermée trois ans, elle a pu rouvrir cette année, à la faveur de la trêve fragile en vigueur depuis octobre 2025. Mais "il y a une pénurie de matières premières et le coût de l'électricité et du carburant est très élevé. Cela nous empêche de fournir les plus hauts standards en arts culinaires", déplore Nabil al-Shawaf.

Ravagée par deux ans de guerre et soumise depuis à des violences quotidiennes, la bande de Gaza ne produit même pas assez de nourriture pour subvenir aux besoins élémentaires de sa population.

Environ 75 % de ses terres agricoles ont été détruites ou endommagées depuis octobre 2023, selon l'agence de l'Onu pour l'alimentation, la FAO.

De plus, Israël contrôle tous les points d'entrée de ce minuscule territoire et refuse l'accès à un large nombre de biens, estimant qu'ils pourraient être détournés par le Hamas pour fabriquer des armes.

- Après la famine -

"Quand la guerre est arrivée, tout a été détruit. Nous avons connu la famine et le déplacement", témoigne une des étudiantes, Huda Zamo.

Cette épreuve l'a convaincue à 34 ans de se consacrer à la cuisine pour nourrir les autres et de délaisser son ancienne activité de vente de vêtements en ligne.

"Beaucoup de recettes nous conviennent bien, car elles sont très différentes des plats locaux", explique-t-elle, une toque posée sur son voile rose poudré.

Au moins 1,6 des 2,1 millions habitants de ce territoire palestinien sont en insécurité alimentaire aiguë, selon l'Onu, principalement en raison des restrictions israéliennes sur les marchandises entrant à Gaza.

Depuis le fragile cessez-le-feu, les camions d'aide et de marchandises entrent plus facilement, mais beaucoup de produits restent trop chers pour la plupart des Gazaouis.

"Il y a une forte implication des étudiants malgré ces circonstances difficiles. Les étudiants ont des espoirs et des rêves qu'ils souhaitent réaliser", constate Ahmed Abou Taha, directeur de l'école.

Après une formation d'un an, ils pourront travailler dans les établissements gazaouis mais aussi à l'étranger, affirme-t-il, car l'école est liée à l'organisation Worldchefs, basée à Paris, qui a certifié des écoles partout dans le monde dont celle-ci. Ils devront cependant avant cela obtenir un laissez-passez d'Israël, qui exerce un blocus ferme sur le petit territoire.

"Ce que nous apprenons à l'école, on peut l'appliquer partout dans le monde", s'enthousiasme Huda Zamo ajoutant "si Dieu le veut, cela portera ses fruits à l'avenir.

(U.Gruber--BBZ)