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"Refermez vite la porte, la chaleur va entrer!", lance avec le sourire Maria Rosel, 94 ans, en accueillant le maire de son village du centre du Portugal, qui rend visite aux personnes âgées isolées pour s'assurer qu'elles supportent la vague de chaleur frappant le pays.
"C'est comme une famille", confie la nonagénaire, installée dans le petit village de Vale de Figueira, en parlant de l'équipe municipale de Santarém, qu'elle invite à entrer dans son salon, maintenu dans la pénombre grâce aux volets soigneusement fermés pour préserver un peu de fraîcheur.
Cette région de la vallée du Tage, le fleuve qui se jette à la mer à Lisbonne à une centaine de kilomètres, figure parmi celles que l'agence météorologique portugaise a placées en vigilance rouge entre vendredi et dimanche, au moins.
Au total, 12 des 18 districts du territoire continental portugais étaient soumis vendredi à ce niveau d'alerte maximale.
Alors que le thermomètre d'une station météo de la ville de Santarém a grimpé jusqu'à 41,2°C, le coordinateur municipal de la protection civile, Filipe Almeirante, parcourt le village de Vale de Figueira, qui compte près de 150 personnes considérées comme particulièrement vulnérables.
"Nous ne pouvons pas faire de la protection civile uniquement derrière un ordinateur. Nous devons aller sur le terrain et frapper aux portes", explique-t-il à l'AFP, vêtu de son gilet orange de la protection civile, en compagnie du maire de Vale de Figueira, Rui Apolinario.
L'un des principaux défis, souligne-t-il, est de toucher les personnes âgées, souvent peu connectées à Internet et aux réseaux sociaux où sont diffusées les alertes.
- "Refuges climatiques" -
D'autres personnes âgées de ce petit village d'un millier d'habitants sont accueillies chaque jour dans le centre social de jour qui fonctionne tout au long de l'année mais dont le dispositif a été renforcé depuis le début du mois en raison de la canicule.
"On est bien ici. Il ne fait pas très chaud. C'est frais!" se réjouit Maria Tomasia Guerra, 89 ans, assise dans un fauteuil sous la climatisation, aux côtés d'autres pensionnaires.
"Nous ne sortons pas, nous restons à l'intérieur et puis on nous dit toujours de ne pas aller dehors" avec cette chaleur, explique cette femme coquette, qui passe ses journées à discuter, regarder la télévision ou jouer à des jeux de société.
Pour aider la population à faire face à ces températures, les autorités municipales ont par ailleurs activé un réseau de "refuges climatiques" comprenant des églises, des monuments et des bâtiments publics ouverts aux habitants et aux visiteurs en quête de fraîcheur.
La liste de ces lieux d'accueil a été diffusée sur les réseaux sociaux de la municipalité.
"Ces mesures sont utiles mais pour l'instant on n'a pas accueilli beaucoup de personnes. Quand il fait très chaud, les gens préfèrent rester chez eux", indique le sacristain de l'une des églises du centre de Santarém, Ramiro Pereira.
Mercredi, le gouvernement portugais avait appelé la population à suivre les recommandations des autorités sanitaires et demandé aux municipalités d'identifier des locaux pouvant servir de "refuges climatisés" et accueillir des personnes vulnérables identifiées par les services de santé.
Il pourrait s'agir de bâtiments publics mais aussi de locaux privés comme des églises, des centres commerciaux et des hôtels, a précisé mercredi en conférence de presse la secrétaire d'Etat à la Santé, Ana Povo.
(P.Werner--BBZ)