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Les secours s'activent jeudi matin pour retrouver des centaines de disparus, dont de nombreux touristes étrangers, après la crue dévastatrice qui a fait mercredi au moins 165 morts à la frontière entre le Népal et le Tibet, un territoire chinois.
Les autorités népalaises ont indiqué mercredi avoir récupéré 162 corps et la Chine a fait état de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 165 morts.
Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain.
Dans un premier temps, les médias d'Etat chinois ont fait état d'un glissement de terrain du côté tibétain de la frontière, près du poste-frontière de Gyirong situé à 1.800 m d'altitude, évoquant 3 morts et 265 disparus.
Puis le Népal a à son tour été touché, la crue balayant la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot au no5d de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.
Nombre des personnes disparues sont des touristes étrangers, et le bilan devrait encore grimper, selon des responsables.
Dans une vidéo de surveillance vérifiée par l'AFP, un bâtiment imposant de plusieurs étages ainsi que des personnes qui tentent de fuir sont soudainement engloutis par un torrent très puissant.
Une autre, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s'abattre sur un parking en surplomb d'une rivière paisible quelques instants plus tôt, balayant autocars et bâtiments avec une force dévastatrice.
- 341 étrangers disparus -
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a appelé mercredi la nation himalayenne à "rester unie". "L'Etat est à vos côtés avec tous ses moyens et ressources", a-t-il assuré.
Côté chinois, la télévision publique CCTV a également montré des eaux tumultueuses charriant des branches et des débris, ainsi qu'une route inondée. Près de 800 secouristes et 150 véhicules ainsi que des chiens renifleurs et des vedettes ont été déployés pour participer aux opérations de sauvetage, selon l'agence officielle Chine nouvelle.
Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe, soulignant que "la priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes".
Côté népalais également, les forces de l'ordre poursuivent les évacuations des familles vivant dans les zones inondables et les secouristes continuent de rechercher des survivants au milieu de la boue et des débris, après que des torrents d'eau boueuse ont enseveli les étages inférieurs de bâtiments de plusieurs niveaux.
Quelque 403 touristes – dont 341 étrangers – étaient portés disparus plusieurs heures après la catastrophe, selon le ministère népalais du Tourisme.
- Villages "rayés de la carte" -
Parmi les ressortissants étrangers figurent 142 Indiens, ainsi que des Britanniques, des Malaisiens, des Australiens, des Néerlandais, des Américains, des Portugais, des Sud-Africains, des Sud-Coréens et des Ukrainiens, selon l'office du tourisme népalais.
L'Australie a fait état de 34 ressortissants disparus, le Japon de cinq et la Corée du Sud de neuf.
"Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte", a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
L'organisation a indiqué acheminer du matériel d'urgence, notamment des couvertures, des trousses de premiers secours, des brancards et des housses mortuaires.
Selon le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, le cours d'une rivière pourrait avoir été obstrué avant de se libérer brutalement, entraînant une soudaine et puissante montée des eaux en aval.
Selon l'Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe, des données satellitaires de Planet Labs laissent penser qu'un "glissement de neige et de roches" à la frontière sino-népalaise pourrait avoir déclenché la crue.
- Frère disparu -
Les habitants sont traumatisés par cette catastrophe tandis que des experts ont averti qu'une obstruction persistante du cours d'eau pourrait déclencher un nouveau torrent dévastateur.
"J'ai reçu un appel de mon beau-frère ce matin. Ils pleuraient et m'ont dit que leur maison avait été entièrement emportée par les eaux. Trois membres de la famille ont été secourus, mais son frère est toujours porté disparu", a raconté Raju Bhadel, 56 ans.
L'armée népalaise mène des opérations aériennes tandis que les habitants des zones situées le long de la rivière ont été appelés à évacuer.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud.
En juillet 2025, 17 personnes avaient disparu après un glissement de terrain près de Gyirong, avait rapporté Chine nouvelle à l'époque.
Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.
(F.Schuster--BBZ)