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La France a connu mercredi sa journée la plus chaude jamais enregistrée et plusieurs régions du Royaume-Uni sont désormais en alerte rouge. Les températures maximales devaient même dépasser les 30°C pour plus de 350 millions de personnes en Europe, soit près des deux tiers de la population du continent.
Au moins 94 millions d'Européens, en majorité des Français et des Espagnols, devaient même faire face à plus de 35°C à un moment de la journée, selon les calculs de l'AFP.
Une situation qui est la conséquence de la présence au-dessus de l'Europe de l'Ouest d'une immense masse d'air chaud en provenance d'Afrique et comprimée par de hautes pressions en altitude.
Et ce continent va "inévitablement" connaître d'autres épisodes de chaleur extrême à l'avenir, a prévenu Jim Skea, le président du Giec, le groupe d'experts mandatés par l'ONU sur le climat, soulignant que le réchauffement actuel dans certaines régions ou dans les océans dépassait désormais les prévisions des scientifiques.
"Je viens de Marrakech, au Maroc. C'est une ville où il fait très chaud en été mais pas autant qu'ici aujourd'hui", constate Soukaina Amly, rencontrée à Bruxelles, où il a fait plus de 33°C à la mi-journée. "Il fait déjà un peu trop chaud pour nous et, à l'avenir, ça va être de pire en pire. C'est très inquiétant, parce qu'on ne sait pas ce qu'on va faire plus tard", se lamente cette femme de 26 ans.
- Pluie de records -
L'alerte rouge pour chaleur extrême a été émise dans plusieurs régions du Royaume-Uni jusqu'à jeudi soir et ce pour la seconde fois depuis 2021, l'année de la création de ce signal.
Le pays a battu mercredi son record de chaleur pour un mois de juin avec 36,1°C enregistrés à Gosport, sur la côte méridionale de l'Angleterre. Le précédent - 35,6°C - datait du 28 juin 1976 à Southampton (sud) et avant cela du 29 juin 1957 à Londres.
En Espagne, lundi et mardi ont été les journées les plus chaudes enregistrées depuis 1950, avec une moyenne respectivement de 28,08°C et de 28,17°C.
Aux Pays-Bas, Amsterdam a annoncé la gratuité des piscines de plein air. L'Atomium de Bruxelles a réduit ses horaires de visites tout comme le Louvre et la Tour Eiffel à Paris.
La Pologne devrait être touchée à partir de jeudi, tandis que le Danemark, l'Autriche, la Croatie ou la Hongrie se préparent.
L'alerte maximale a ainsi été émise pour le week-end et lundi à Vienne, la capitale autrichienne.
Mercredi, la moyenne de températures diurnes et nocturnes relevées dans 30 stations de référence sur le territoire français a atteint 30°C, effaçant le précédent record... établi la veille.
La vague de chaleur qui touche la France métropolitaine depuis le 17 juin a fait monter le thermomètre jusqu'à 40°C ou au-delà dans plus de 50 des 96 départements, principalement dans l'ouest et le sud, selon une analyse faite par l'AFP
Et la canicule devrait se poursuivre ce week-end, avec des températures attendues autour des 40 à 42°C par endroits.
- "La santé de la population en danger"
"La vague de chaleur qui frappe l'Europe entraîne la fermeture d'écoles et met la santé de la population en danger", a alerté le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre davantage. Les dirigeants doivent donner la priorité aux investissements dans des systèmes de santé résilients face au changement climatique", a-t-il souligné.
Le réseau électrique souffre aussi: environ 68.000 foyers ont été privés de courant mercredi en Bretagne, dans l'ouest de la France, en raison d'un incident sur un transformateur.
Et un réacteur de la centrale nucléaire française de Golfech (sud-ouest) a dû être arrêté en raison du réchauffement excessif de la Garonne, le fleuve dont les eaux servent à le refroidir.
Au Royaume-Uni, le gestionnaire NESO a mis en garde les industriels face à de possibles problèmes d'alimentation en électricité dans la soirée.
En France, la canicule a d'ores et déjà entraîné un pic inédit, "rarement voire jamais observé", de recours aux soins d'urgence en début de semaine, pour des personnes de tout âge, notamment des jeunes, âgés "de 15 à 44 ans", a annoncé l'agence sanitaire nationale.
Le gouvernement a en outre comptabilisé une quarantaine de morts par noyade depuis le 18 juin.
Les critiques pleuvent sur l'impréparation des pouvoirs publics, en particulier pour isoler les établissements scolaires et hospitaliers.
La fournaise frappe en effet nombre de bâtiments vétustes.
"Cette semaine dans nos hôpitaux, hormis dans les plus modernes, les patients comme les soignants crèvent de chaud, ils sont à l'agonie", lâche auprès de l'AFP Yann Le Baron, le secrétaire national du syndicat Unsa Santé-Sociaux. Les équipes en sont selon lui réduites à "la débrouille", plaquant des couvertures de survie aux fenêtres ou utilisant des climatiseurs mobiles...
(Y.Berger--BBZ)