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Des températures chaudes, mais plus respirables: une grande partie de la France voit se terminer dimanche avec soulagement un épisode caniculaire historique de 11 jours, même si le risque d'orages persiste et que la vigilance sanitaire demeure, dans la crainte d'une forte surmortalité.
L'Organisation mondiale de la santé a annoncé dimanche que plus de 1.300 décès étaient déjà imputables à cette vague de chaleur en Europe.
En France, Santé publique France comptabilise depuis mercredi "environ 1.000 décès supplémentaires" par rapport aux mois précédents, avec notamment une hausse de 40% des décès à domicile. Un premier bilan probablement voué à s'alourdir.
"La vigilance météorologique baisse, la vigilance sanitaire demeure", a résumé dans un communiqué la mairie de Paris, qui "maintient ses dispositifs de protection" soulignant que "les organismes restent éprouvés plusieurs jours après les fortes chaleurs".
Plus tôt, Ian Brossat, sénateur PCF et conseiller à la mairie de Paris, avait évoqué sur RMC des indicateurs "préoccupants, à la fois sur la saturation des hôpitaux, la saturation des services funéraires".
- "Faillite collective" -
A l'hôpital, si l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" depuis la fin de la semaine, elle note aussi une baisse des passages aux urgences (-10%) et des appels au Samu (-9%) ces dernières 24 heures, même si leur niveau reste nettement supérieur à la normale.
Le gouvernement avait "bien anticipé" la crise, a répété M. Nuñez, quand M. Brossat a dénoncé "une forme de faillite collective", et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, "l'impréparation totale de nos gouvernants".
Dimanche, la vigilance rouge ne concerne plus que l'Alsace, avec une levée prévue à 22H00. Au pic de l'épisode, jeudi, 72 départements étaient au niveau d'alerte maximal.
Lundi, plus aucun département ne sera en rouge, et seuls 22 resteront en orange.
Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par le tunnel de nuits tropicales, aux températures supérieures à 20°C.
Louise Stockmanns, Strasbourgeoise de 73 ans, se déclare "épuisée". Elle a "très mal" vécu cette canicule: "J’ai suffoqué", "j’étais à la maison, enfermée", raconte-t-elle à l'AFP.
- Orages et grêle -
Dimanche, la chaleur persiste de l' Alsace au Rhône-Alpes, tout comme en Europe centrale: au moins 191 millions d'habitants, notamment en Allemagne, Pologne, Hongrie et en République tchèque, devraient encore connaître des températures supérieures à 35°C, selon les calculs de l'AFP.
Le reflux des températures s'est accompagné d'orages parfois violents. Dans la nuit, 19 départements seront de nouveau en vigilance orange pour les orages, jusqu'à 6h lundi, contre 23 la veille.
Ces "orages pourront produire de fortes chutes de grêle (moyenne à grosse), de fortes rafales de vent (pouvant dépasser 100 km/h), de fortes précipitations de l'ordre d'une cinquantaine de millimètres en une à deux heures. L'activité électrique s'annonce également intense", indique le prévisionniste national.
En prévision, la dernière journée du festival Europavox, où étaient attendus Big Flo & Oli et Benjamin Biolay, a été annulée à Clermont-Ferrand, tout comme la dernière journée du festival de musique Garorock à Marmande (Lot-et-Garonne) et la célébration de la victoire de l’équipe de rugby de Toulouse sur la place du Capitole.
Dans l'Aisne, la foudre a provoqué plusieurs incendies: à Laon cinq personnes ont été légèrement blessées.
Vers 14H00, 36.000 foyers étaient encore privés d’électricité en raison des orages, selon Enedis, contre 63.000 à 7H00, principalement dans le Nord et l'Aisne.
Cet épisode caniculaire, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossilesdépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", a souligné samedi Météo-France.
Ce dernier avait causé quelque 15.000 morts. Mais "on ne sera pas probablement dans la même situation d'un point de vue sanitaire", on n'aura "probablement pas la même surmortalité", a estimé dimanche la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur BFMTV.
Malgré tout, les effets sanitaires de cette canicule "restent devant nous", ont prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, évoquant un niveau élevé de "déshydratations", de "décompensations" de maladies chroniques et d'"hospitalisations différées" à prévoir pendant plusieurs jours.
Dans les funérariums, on constate "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF).
"Face à la hausse de la mortalité constatée dans l’agglomération parisienne, des moyens supplémentaires de transport et de conservation des corps ont été déployés par anticipation" et "des solutions temporaires visant à accroître les capacités des services funéraires et de l’IML (l'Institut médico-légal, NDLR), dans un souci constant de dignité et de respect, sont d’ores et déjà disponibles", a indiqué à l'AFP la préfecture de police.
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(L.Kaufmann--BBZ)