Berliner Boersenzeitung - Sous le feu russe, le port d'Odessa continue de fonctionner vaille que vaille

EUR -
AED 4.258972
AFN 73.060669
ALL 95.164722
AMD 427.010454
ANG 2.076382
AOA 1064.597181
ARS 1621.835894
AUD 1.632852
AWG 2.090055
AZN 1.97744
BAM 1.951983
BBD 2.336231
BDT 142.381568
BGN 1.936593
BHD 0.437494
BIF 3450.084232
BMD 1.159692
BND 1.485907
BOB 8.015326
BRL 5.854241
BSD 1.159932
BTN 111.914148
BWP 15.752332
BYN 3.161744
BYR 22729.966706
BZD 2.332838
CAD 1.595632
CDF 2612.206751
CHF 0.91624
CLF 0.026682
CLP 1050.148237
CNY 7.903272
CNH 7.900438
COP 4400.857865
CRC 524.773785
CUC 1.159692
CUP 30.731843
CVE 110.605633
CZK 24.32808
DJF 206.100457
DKK 7.473176
DOP 68.247881
DZD 154.141879
EGP 61.599252
ERN 17.395383
ETB 181.115921
FJD 2.563035
FKP 0.864042
GBP 0.866203
GEL 3.096426
GGP 0.864042
GHS 13.272699
GIP 0.864042
GMD 84.657962
GNF 10179.190951
GTQ 8.842708
GYD 242.675439
HKD 9.084014
HNL 30.850007
HRK 7.539506
HTG 151.834391
HUF 362.124343
IDR 20520.753105
ILS 3.391524
IMP 0.864042
INR 112.262667
IQD 1519.7766
IRR 1531895.383298
ISK 143.3724
JEP 0.864042
JMD 183.511137
JOD 0.822179
JPY 184.367972
KES 150.122482
KGS 101.41499
KHR 4652.105911
KMF 491.70978
KPW 1043.780346
KRW 1751.43089
KWD 0.358458
KYD 0.966618
KZT 546.241804
LAK 25455.242752
LBP 103850.434875
LKR 383.292195
LRD 212.542552
LSL 19.374313
LTL 3.42427
LVL 0.701486
LYD 7.375753
MAD 10.69768
MDL 20.066931
MGA 4866.483411
MKD 61.646811
MMK 2434.690215
MNT 4149.784306
MOP 9.358081
MRU 46.376194
MUR 54.981014
MVR 17.859358
MWK 2019.024314
MXN 20.190067
MYR 4.610587
MZN 74.11583
NAD 19.379152
NGN 1591.492383
NIO 42.685607
NOK 10.757887
NPR 179.062836
NZD 1.98886
OMR 0.445904
PAB 1.159932
PEN 3.969352
PGK 5.129968
PHP 71.540258
PKR 323.044475
PLN 4.253113
PYG 7103.954809
QAR 4.228141
RON 5.23254
RSD 117.37595
RUB 82.570095
RWF 1696.39726
SAR 4.351694
SBD 9.314947
SCR 16.342779
SDG 696.393113
SEK 10.9156
SGD 1.486496
SHP 0.865827
SLE 28.535803
SLL 24318.167586
SOS 662.903667
SRD 43.172441
STD 24003.286693
STN 24.452183
SVC 10.148978
SYP 129.257478
SZL 19.372417
THB 37.967743
TJS 10.7699
TMT 4.058923
TND 3.395017
TOP 2.79226
TRY 52.865843
TTD 7.863622
TWD 36.72188
TZS 3026.800055
UAH 51.234887
UGX 4373.447561
USD 1.159692
UYU 46.757757
UZS 13941.496451
VES 599.925583
VND 30573.544757
VUV 137.185922
WST 3.13866
XAF 654.68239
XAG 0.015602
XAU 0.000259
XCD 3.134126
XCG 2.090512
XDR 0.814281
XOF 654.673938
XPF 119.331742
YER 276.761003
ZAR 19.377703
ZMK 10438.616434
ZMW 21.836298
ZWL 373.420408
  • AEX

    3.2600

    1022.13

    +0.32%

  • BEL20

    20.6300

    5448.65

    +0.38%

  • PX1

    21.5500

    8003.3

    +0.27%

  • ISEQ

    1.2600

    12554.23

    +0.01%

  • OSEBX

    8.6400

    2065.97

    +0.42%

  • PSI20

    52.2100

    9211.97

    +0.57%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    27.4600

    4007.18

    +0.69%

  • N150

    6.7300

    4211.78

    +0.16%

Sous le feu russe, le port d'Odessa continue de fonctionner vaille que vaille
Sous le feu russe, le port d'Odessa continue de fonctionner vaille que vaille / Photo: Oleksandr GIMANOV - AFP

Sous le feu russe, le port d'Odessa continue de fonctionner vaille que vaille

Descendre d'une grue en vitesse pour courir aux abris, interrompre toute activité plusieurs heures d'affilée: l'escalade des frappes russes sur le port d'Odessa sur la mer Noire met sous haute tension le personnel et les opérateurs de cette infrastructure, cruciale pour l'économie ukrainienne.

Taille du texte:

"C'est la guerre, toutes les nuits", résume crûment Viktor Berestenko, jeune patron de la société Inter Trans Logistics, qui se fait volontiers le porte-voix des entreprises pour parler du port, sujet soumis à de strictes restrictions en raison de son importance stratégique.

Le port a été déclaré zone militaire après le début de l'invasion russe de 2022 et interdit d'accès à toute personne extérieure.

Mais la ville d'Odessa - un million d'habitants - garde la tête haute malgré des attaques russes quasi quotidiennes.

Les voitures de luxe côtoient les restaurants bondés, et en bord de mer, des familles déambulent près des équipes de défense aérienne, même lorsque celles-ci tirent sur des drones russes.

Plus grand hub d'Ukraine sur la mer Noire, Odessa, et ses satellites Pivdenny à 40 km à l'est et Tchornomosk à une trentaine de km à l'ouest, sont parmi les derniers ports maritimes à fonctionner.

La grande majorité des exportations ukrainiennes, principalement les céréales, transitent par Odessa.

Y travailler est "effrayant", raconte Iryna, 41 ans, employée au terminal des containers, en décrivant des journées ponctuées par les alertes aériennes et les allers-retours aux abris du port.

Rien qu'en 2025, il y a eu 800 alertes aériennes dans la région d'Odessa, entraînant plus d'un mois de perte d'activité, selon l'Administration des ports maritimes ukrainiens (USPA).

"Dès que la sirène se met en marche, on va à l'abri et on se met entre les mains de Dieu", poursuit Iryna, interrogée au téléphone et ne donnant pas son nom de famille.

"Parfois on travaille sans problème, parfois on reste des heures dans l'abri. C'est très difficile à prévoir, tout dépend de... nos voisins", ironise-t-elle.

Les forces russes tirent souvent sur Odessa depuis la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, à quelque 300 km à vol d'oiseau.

Certains missiles mettent quelques minutes -parfois moins de deux- à arriver.

"Quand vous êtes sur une grue, il faut au moins 45 secondes pour en descendre", souligne M. Berestenko, en faisant défiler sur son portable les photos de camions carbonisés ou d'entrepôts endommagés par les frappes.

Ces attaques font aussi des morts. En décembre, huit personnes, dont plusieurs employés du port, ont été tuées par un missile balistique.

- "Pression sans précédent" -

Le port a été ciblé dès 2022, mais les attaques russes se sont fortement intensifiées l'an dernier, dans le cadre de la campagne contre les infrastructures énergétiques, ferroviaires et portuaires de l'Ukraine.

"Le nombre d'attaques est passé de 36 en 2024 à 96 en 2025", constate Mykola Kravtchouk, dirigeant de l'USPA à Odessa, déplorant une "pression sans précédent" de Moscou.

Quelque 57 navires et 336 installations portuaires ont été endommagées l'an dernier, énumère-t-il.

"Aujourd'hui, nous avons deux priorités: assurer la sécurité des personnels, et le fonctionnement des ports et du corridor maritime", souligne M. Kravtchouk.

A l'été 2022, un accord conclu sous l'égide de la Turquie et de l'Onu avait permis aux ports de fonctionner et à Kiev, exportateur mondial de céréales de premier plan, de continuer à acheminer ses grains via la mer Noire.

Après le retrait unilatéral russe en 2023, l'Ukraine a établi un nouveau corridor le long de la côte nord-ouest vers le Bosphore.

Selon Kiev, ce corridor a depuis permis de transporter plus de 170 millions de tonnes de cargaisons: une petite partie d'importations, mais surtout 105 millions de tonnes de céréales envoyées en direction de 55 pays, notamment africains.

Mais les frappes russes ont des conséquences: l'an dernier, le volume de l'activité est passé à 82 millions de tonnes contre 97 millions de tonnes en 2024, selon Viktor Berestenko.

Pour lui, le but de Moscou est de "couper l'Ukraine de la mer". "Sans ses ports l'Ukraine sera détruite", répète l'homme d'affaires.

L'impact est aussi écologique. Une frappe le 20 décembre sur le plus grand terminal d'huile végétale du pays, dans le port de Pivdenny, a ainsi provoqué une pollution massive sur la côte de la mer Noire.

"Ce n'est que le dernier exemple en date", soupire l'écologiste et biochimiste Vladyslav Belinsky. Selon lui, quelque 130 km2 ont été pollués, entrainant la mort de milliers d'oiseaux et d'hippocampes.

(H.Schneide--BBZ)