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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que des "mesures sévères" seraient prises contre un soldat ayant été filmé en train de frapper à l'aide d'une masse une statue de Jésus dans le sud du Liban.
La séquence, dont l'authenticité a été confirmée par l'armée israélienne, a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Elle montre un soldat israélien frappant la tête d'une statue de Jésus crucifié, tombée de sa croix.
"J'ai été choqué et attristé d'apprendre qu'un soldat de Tsahal (l'armée israélienne, NDLR) avait endommagé un symbole religieux catholique dans le sud du Liban", a écrit M. Netanyahu sur X.
"Je condamne cet acte dans les termes les plus fermes. Les autorités militaires mènent une enquête pénale et prendront des mesures disciplinaires sévères à l'encontre de l'auteur", a-t-il ajouté.
L'armée avait indiqué plus tôt que le soldat était en opération dans le sud du Liban et a annoncé l'ouverture d'une enquête.
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs du sud du Liban, fief du Hezbollah, après l'attaque du mouvement pro-iranien contre Israël le 2 mars, en représailles à l'offensive israélo-américaine en Iran.
Les frappes israéliennes ont fait plus de 2.300 morts et un million de déplacés. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi. Du côté israélien, la guerre avec le Hezbollah a fait trois morts dans la population civile auxquels s'ajoutent 15 soldats tués dans le sud du Liban depuis le 2 mars.
- "Grave offense" -
"Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a précisé l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité".
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a également condamné un acte "honteux et dégradant", présentant sur X ses excuses "à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".
La statue se trouve dans le village maronite de Debel, près de la frontière avec Israël, a indiqué à l'AFP la municipalité qui n'a en revanche pas pu dire si elle avait été endommagée. La zone est inaccessible à la presse.
L'armée israélienne a assuré "aider la communauté à remettre la statue en place", ajoutant n'avoir "aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux".
Dans un communiqué publié par le patriarcat latin de Jérusalem, l'Assemblée des ordinaires (évêques) catholiques de Terre Sainte dit "sa profonde indignation et condamne sans réserve la profanation d'une représentation de Jésus crucifié par un soldat israélien".
"Cet acte constitue une grave offense à la foi chrétienne et s'ajoute à d'autres incidents signalés de profanation de symboles chrétiens par des soldats (israéliens) dans le sud du Liban", ajoute le texte.
Des vérifications effectuées par l'équipe d'investigation numérique de l'AFP, à l'aide d'outils de détection, suggèrent que l'image n'a vraisemblablement pas été générée par intelligence artificielle, comme l'ont affirmé nombre d'internautes. D'autres photos disponibles en ligne de la statue et de ses environs la situeraient aux alentours de Debel.
En parallèle, plusieurs images manipulées censées représenter la même scène ont circulé sur les réseaux sociaux, dont l'AFP a pu vérifier qu'elles ont été générées ou altérées par intelligence artificielle.
En mars, M. Netanyahu s'était défendu d'avoir voulu blesser quiconque après avoir suscité une avalanche de critiques en déclarant que Jésus ne faisait pas le poids face à Gengis Khan, dans une tentative de justification de la guerre régionale déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël en attaquant l'Iran. "Je n'ai pas dénigré Jésus Christ", avait-il alors déclaré.
(B.Hartmann--BBZ)