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Rien n'indique pour le moment que le conducteur qui a fauché huit a personnes à Modène (nord de l'Italie) l'ait fait pour commettre un acte terroriste, a indiqué dimanche le ministre italien de l'Intérieur.
Le conducteur, un Italien d'origine marocaine d'une trentaine d'années, a renversé et blessé huit personnes samedi, dont quatre grièvement, avant de terminer sa course dans la vitrine d'un magasin.
Le conducteur avait déjà été pris en charge pour des troubles psychiatriques.
"A ce jour, ce qui ressort le plus clairement, c'est cette situation personnelle de nature psychiatrique", a indiqué le ministre de l'Intérieur dimanche après une réunion à la préfecture de Modène.
"Je ne cherche pas à minimiser", a ajouté le ministre Matteo Piantedosi (droite), ancien préfet de la Bologne voisine. "Il y a parfois des situations dans lesquelles les raisons se superposent, que quelqu'un agisse pour terrorisme ou pour d'autres raisons. Laissons les enquêteurs travailler."
- "Episode isolé" -
"La ville devrait être rassurée de ce point de vue, dans le sens où il s'agit d'un épisode dramatique, tragique, isolé", a souligné le ministre, se félicitant d'une "réaction chorale et efficace des citoyens in primis, puis de toutes les institutions".
La voiture est entrée à grande vitesse dans une rue du centre-ville en plein samedi après-midi, selon des images de vidéosurveillance diffusées par les médias.
"J'ai fait voir que l'Italie n'est pas morte", a témoigné dimanche l'un de ces passants, Luca Signorelli, blessé d'un coup de couteau au visage.
"J'ai dit à mon fils de lui courir derrière, il l'a bloqué et fait tomber son couteau à terre", a témoigné dans les médias italiens Osama Shalaby, un maçon égyptien de 56 ans.
Trois blessés étaient encore dans un état grave dimanche matin.
La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a annulé une visite prévue à Chypre afin de se rendre au chevet des blessés de Modène avec le président de la République Sergio Mattarella.
"Les héros, au fond, ne sont pas des personnes extraordinaires: ce sont des hommes et des femmes ordinaires qui, à un moment décisif, placent ce qui est juste avant eux-mêmes", a déclaré sur X Giorgia Meloni après avoir félicité Luca Signorelli.
Le conducteur, diplômé d'économie né en 1995 et inconnu des services de police, "avait été pris en charge dans un centre de santé mentale pour des troubles schizoïdes" en 2022, a précisé la préfète de la ville, Fabrizia Triolo, lors d'une conférence de presse samedi.
Interrogé par la police, le jeune homme est apparu "confus" et n'a pas répondu aux questions, selon les médias italiens. Son domicile près de Modène a été perquisitionné sans qu'on y trouve de signes de radicalisation islamique.
- Manifestation dimanche -
Le classe politique italienne a réagi immédiatement, la droite, le centre et la gauche soulignant le courage des passants qui sont intervenus pour stopper le conducteur.
La Ligue, parti d'extrême-droite dans la coalition au pouvoir en Italie, a remis en cause "l'intégration des citoyens de deuxième génération".
Le maire de Modène Massimo Mezzetti (centre-gauche) a proposé aux Modénois de se réunir dimanche soir à 19H00 en solidarité avec les familles touchées sur la grande place de la ville.
"C'est le moment de rassembler la communauté (...) et de prendre exemple sur ces citoyens qui, hier, avec un esprit civique, du courage et de l'abnégation, sont intervenus pour bloquer l'auteur de l'acte et le remettre aux forces de l'ordre", a déclaré le maire à l'AFP.
"La meilleure réponse, c'est cela, face aux charognards des réseaux sociaux, qui prétendent utiliser ce fait gravissime à des fins politiques, c'est la photo (des sauveurs, ndlr) avec les deux Italiens, les deux Egyptiens, puis les Pakistanais qui arrivent et maîtrisent le conducteur", a conclu Massimo Mezzetti.
(T.Burkhard--BBZ)