Berliner Boersenzeitung - En Guadeloupe, les sargasses empoisonnent la fin de l'année scolaire

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En Guadeloupe, les sargasses empoisonnent la fin de l'année scolaire
En Guadeloupe, les sargasses empoisonnent la fin de l'année scolaire / Photo: Carla Bernhardt - AFP/Archives

En Guadeloupe, les sargasses empoisonnent la fin de l'année scolaire

Les sargasses, ces algues brunes qui s'accumulent à des niveaux rarement atteints sur le littoral de Guadeloupe, obligent la communauté éducative de l'archipel à s'adapter, avec des fermetures d'établissements, un repli vers d'autres bâtiments et la délocalisation d'examens.

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Six écoles et une annexe scolaire ont fermé leurs portes vendredi à Petit-Bourg "afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels", selon un communiqué de cette commune d'environ 25.000 habitants.

En cause, le "niveau élevé de concentration des émanations de sargasses constaté dans les zones du bourg", écrivent les services municipaux, qui ne savent pas combien de temps les établissements resteront fermés. "Cela dépend du niveau des émanations durant le weekend et lundi", précise à l'AFP la mairie.

Car les algues brunes qui s'échouent régulièrement sur les plages caribéennes depuis 2011, en s'accumulant et en séchant, libèrent des gaz toxiques dont les odeurs nauséabondes rendent l'air irrespirable aux alentours.

Petit-Bourg fait partie des communes guadeloupéennes qui sont les plus exposées aux sargasses. Des barrages ont bien été installés, mais ils ne couvrent pas l'ensemble de son vaste littoral, situé sur la côte est de la Basse-Terre.

À la pointe à Bacchus, un espace littoral mi-agricole mi-naturel, la balade est agréable sans sargasse. "Cet endroit est bordé de mangroves, qui retiennent les algues qui s'y accumulent", explique Élisabeth Lepierre, proviseure du lycée des Droits de l'Homme, établissement dont les murs ocres se dressent à proximité de la pointe.

Depuis quelques semaines, l'inconfort est maximal. La directrice de l'établissement a donc pris la décision de ne plus accueillir les élèves l'après-midi.

"On savait que ça pourrait arriver alors on a pris sur nous de rajouter, depuis quelque temps, quatre à six heures de cours par semaine pour pallier celles qu'on ne ferait pas les après-midi", raconte Mme Lepierre, reconnaissant un dispositif "lourd pour tout le monde".

Un capteur pour mesurer la qualité de l'air et les émanations a aussi été installé.

- Cas par cas -

Autre conséquence, les épreuves du bac seront délocalisées pour les quelque 1.200 élèves du lycée. "Trois autres établissements accueilleront ces élèves pour les épreuves écrites: ils seront acheminés en bus sous escorte de la gendarmerie pour leur permettre d'éviter les embouteillages à l'heure de pointe", détaille Kwakay Bride, directrice de cabinet du recteur de l'académie de Guadeloupe.

Les autorités font du cas par cas, en fonction de l'exposition des sites et de l'inconfort ressenti à la fois par les élèves et les personnels. La méthode est déjà rodée pour certaines communes, avec des établissements de repli.

L'an dernier, à Capesterre-de-Marie-Galante, commune de l'île du même nom qui reçoit environ 40% des algues qui atteignent l'archipel de la Guadeloupe, les cours des collégiens avaient été déplacés dans le collège de Saint-Louis. "À Sainte-Anne aussi, on est en veille sur le sujet avec les échouements de ces dernières semaines", souligne le rectorat.

Quant à l'île de la Désirade, à l'est de la Grande-Terre, les sujets du brevet des collèges et les copies des six collégiens de l'île pourraient être acheminés par hélicoptère si le port, régulièrement entravé par les algues, ne peut pas accueillir les bateaux.

Du côté des parents d'élèves, les réactions sont mitigées. "Il y a une prise en charge, on sait que la question est difficile mais on ne peut que constater des réactions tardives", résume, sous couvert d'anonymat, une mère d'élève de seconde, en montrant un groupe WhatsApp constitué de près de 700 personnes qui envisageaient une mobilisation devant le lycée de Petit-Bourg. L'action a été annulée après l'annonce des mesures.

"On sait que le phénomène est récurrent et les réponses ne sont qu'en réaction, chaque année: il y a une impréparation politique chronique sur le sujet", dénonce-t-elle.

Les autorités de l'archipel anticipent des échouements encore très importants dans les semaines à venir et, selon l'agence de la qualité de l'air en Guadeloupe, cinq communes sont soumises à des émanations qui dépassent les seuils d'alerte.

(K.Müller--BBZ)