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Le président syrien Ahmad al-Chareh a estimé mardi que son pays s'était libéré d'un "lourd fardeau" après que les Etats-Unis l'ont retiré, la veille, de la liste des États accusés de soutenir le terrorisme, une étape majeure vers la relance économique.
"Aujourd'hui, la Syrie se débarrasse d'un lourd fardeau et tourne la page douloureuse de son passé pour s'engager sur la voie du développement et de la reconstruction", a déclaré M. Chareh mardi.
Un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les Etats-Unis ont annoncé lundi le retrait de la Syrie de cette liste, sur laquelle elle figurait depuis 47 ans, ce qui limitait les investissements dans ce pays.
Ahmad al-Chareh a adressé ses "vifs remerciements" à son homologue américain Donald Trump et "à toutes les nations amies et solidaires qui nous ont soutenus".
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a affirmé pour sa part que cette décision "éliminait les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorisait la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale".
La Syrie figurait depuis 1979 sur cette liste noire américaine pour son appui présumé aux factions palestiniennes armées et d'autres groupes au Liban.
Les sanctions américaines s'étaient ensuite progressivement élargies, notamment dans le cadre du "Syria Accountability Act" en 2003.
Elles ont atteint leur pic après le déclenchement de la guerre civile syrienne en 2011, principalement en raison de la relation de l'ancien président Bachar al-Assad avec l’Iran et son soutien au Hezbollah libanais.
Donald Trump avait déjà commencé à en lever la plupart il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'eurent encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.
- "Ouverture économique" -
Pour l'expert en droit commercial et analyste économique Ammar Youssef, la mesure devrait rendre à la Syrie "sa place sur la carte mondiale".
La décision américaine pave notamment la voie à l'ouverture de succursales de banques étrangères, donc à des transactions et transferts facilités avec le reste du monde, ainsi qu'à l'introduction de "technologies de base", dit-il à l'AFP, anticipant une "ouverture économique".
Reste à voir quelles mesures les autorités syriennes prendront pour en tirer profit, ajoute-t-il.
Le coût de la reconstruction du pays a été estimé à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.
Damas tente d'attirer des investissements pour financer la reconstruction des infrastructures, dévastées par plus de dix ans de guerre civile.
Mais l'arrivée de ces fonds reste lente, malgré la stabilité relative retrouvée par le pays.
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a salué dans le geste américain une '"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale".
Son collègue aux Finances, Mohammed Barnieh s'est également félicité de l'ouverture d'une "voie majeure (...) pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".
Le ministère turc des Affaires étrangères, dont le pays est le principal soutien des nouvelles autorités de Damas, a également salué mardi le "nouvel élan" donné "aux efforts visant à renforcer les liens de la Syrie avec la communauté internationale".
Les Etats-Unis ont également radié l'ancien groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) - ex-Front al-Nosra - qu'avait dirigé le président syrien, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist).
Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.
(L.Kaufmann--BBZ)