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Des rassemblements de l'opposition mardi dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC), dont la capitale Kinshasa, ont été émaillés de heurts et de tensions, la police ayant fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les militants.
Le président congolais Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second et dernier mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux quinquennats.
Or, la majorité présidentielle prépare depuis plusieurs mois l'opinion à l'idée d'une modification de la Constitution, qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat au chef de l'Etat.
Ce dernier s'était dit prêt à accepter un troisième mandat "si le peuple (le) souhaite", lors d'une conférence de presse en mai.
Les principaux partis d'opposition, sortis affaiblis de la présidentielle de 2023 remportée haut la main par M. Tshisekedi, se sont alliés en mai dans une coalition baptisée C64, qui entend s'opposer dans la rue à toute tentative de modification constitutionnelle.
La plateforme d'opposition avait appelé à une journée nationale de mobilisation mardi, espérant démontrer sa capacité à mobiliser face au pouvoir.
Des policiers anti-émeutes étaient déployés en nombre le long du parcours prévu pour le cortège, ainsi qu'aux principaux carrefours de la capitale où la circulation était inhabituellement fluide.
Après le départ du cortège, des affrontements ont rapidement éclaté entre des miliciens pro-régime et des partisans de l'opposition. La police est intervenue avec des tirs de gaz lacrymogène, dispersant les manifestants en désordre, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont vu au moins deux personnes blessées.
- "Arbitrairement arrêtés" -
A Lubumbashi, grande ville minière du sud-est de la RDC et capitale de la province du Haut-Katanga, fief électoral de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2019), la manifestation de l'opposition avait été interdite par les autorités locales.
De nombreux militants étaient toutefois rassemblés dans le centre avant d'être dispersés par des tirs de sommation des forces de l'ordre et des jets de gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ont été interpellées par la police, selon un journaliste de l'AFP sur place.
"Nous avons été surpris par un dispositif impressionnant de l'armée et de la police pour empêcher cette manifestation pacifique", a déclaré Mohamed Eyenga, coordonnateur provincial du parti d'opposition Envol et cadre de la coalition C64.
"Beaucoup de nos militants ont été malheureusement et arbitrairement arrêtés", a-t-il affirmé.
"La police a pris des dispositions pour permettre à chaque citoyen de vaquer librement à ses occupations", a indiqué le général Blaise Kilimbalimba, commandant de la police dans la province, assurant qu'aucun manifestant "pacifique" n'avait été interpellé.
"La situation est calme depuis ce matin", a-t-il ajouté.
A Kisangani, capitale de la province de la Tshopo (nord-est), les forces de l’ordre étaient déployées en nombre dans les rues mardi, et ont encerclé le siège d'un parti d'opposition où s'étaient réunis les manifestants, empêchant leur marche d'avoir lieu, a constaté l'AFP.
Dans la ville de Mbandaka, capitale de la province de l'Equateur (nord-ouest), le rassemblement avait été interdit par les autorités. Une centaine de militants ont été dispersés sous les intimidations de forces de l'ordre montrant leurs armes. Une dizaine de personnes ont été interpellées, a observé un autre journaliste de l'AFP.
(G.Gruner--BBZ)