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Poignées de main et bavardages sur le football: la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, et le roi Felipe VI d'Espagne ont informellement scellé jeudi la réconciliation entre leurs pays dont les relations étaient devenues orageuses quand Mexico avait exigé des excuses pour la conquête espagnole de l'Amérique au XVIème siècle.
En visite au Mexique pour soutenir l'équipe d'Espagne de football qui affronte vendredi l'Uruguay à Guadalajara (centre) lors du Mondial 2026, le monarque a été reçu jeudi par Mme Sheinbaum au palais présidentiel de Mexico. Cette visite de Felipe VI fait suite à celle de Mme Sheinbaum en Espagne pour un rassemblement de dirigeants de gauche en avril à Barcelone.
"Nous avons discuté de l'importance des peuples autochtones à travers l'histoire et des liens entre le Mexique et l'Espagne", a écrit Mme Sheinbaum sur X. "Nous sommes d'accord pour renforcer les relations bilatérales dans l'intérêt de nos nations", a-t-elle ajouté.
De son côté, la Maison royale espagnole a affirmé dans un communiqué que la rencontre s'était déroulée dans "un contexte d'intensification des relations bilatérales".
Les relations entre le Mexique et l'Espagne s'étaient dégradées depuis 2019, lorsque le président mexicain de l'époque et mentor de Mme Sheinbaum, Andrés Manuel López Obrador, avait envoyé une lettre à Madrid pour exiger de la Couronne des excuses pour "les crimes et exactions" commis durant la conquête.
Felipe VI n'avait pas répondu, et le gouvernement espagnol avait rejeté toute idée d'excuses. Des années de tension avaient suivi: Mme Sheinbaum n'avait pas invité le roi d'Espagne à son investiture en 2024 et, en réponse, Madrid n'avait envoyé aucun représentant à la cérémonie.
En octobre 2025, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait reconnu la "douleur et l'injustice" causées aux "peuples originaires" d'Amérique. Et en mars dernier, Felipe VI avait reconnu publiquement l'existence de "nombreux abus" pendant la conquête, une déclaration inédite sur ce sujet prononcée lors d'une exposition à Madrid sur les peuples indigènes du Mexique.
Le Mexique et l'Espagne "sont deux pays profondément liés tant sur le plan culturel qu'historique et économique. Ce rapprochement est donc positif en soi", a déclaré à l'AFP l'analyste politique mexicain Pablo Majluf, habituellement très critique à l'égard de Mme Sheinbaum.
(G.Gruner--BBZ)