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L'édition 2026 de l'Esports World Cup, plus grand tournoi de jeux vidéo au monde initialement prévu en Arabie saoudite mais délocalisé en raison de la guerre au Moyen-Orient, aura lieu à Paris cet été, ont annoncé les organisateurs mercredi.
Créé en 2024 et financé par le fonds souverain d'Arabie Saoudite, l'EWC s'est imposé comme un rendez-vous majeur du calendrier de l'esport mondial. L'événement rassemble plus de 2.000 joueurs issus d'environ 200 clubs du monde entier pour des compétitions se déroulant sur une vingtaine de jeux différents.
Les deux premières éditions avaient eu lieu en Arabie saoudite, pays devenu ces dernières années un acteur central du secteur.
"À l'origine, l'édition 2026 devait également se dérouler à Riyad. Mais le conflit régional a fait naître de sérieux doutes quant à notre capacité à garantir que les joueurs puissent se rendre dans la région dans les délais impartis", a expliqué à l'AFP Ralf Reichert, patron de l'Esports Foundation.
Pour sa troisième saison, les organisateurs ont donc préféré trouver un autre lieu pour accueillir l'événement cet été et se sont tournés vers Paris. La ville accueillera les plus grandes stars du secteur et deviendra l'épicentre du monde de l'esport pendant sept semaines au cours de l'été (6 juillet-23 août).
La capitale française a l'avantage de disposer de nombreuses infrastructures, d'un soutien institutionnel, sans oublier le prestige associé à son nom, a fait valoir Reichert.
"Paris est une ville à part. Paris, pour de nombreuses raisons, est l'une des capitales incontournables, non seulement du tourisme, mais aussi du sport, de la culture et du divertissement dans le monde."
"Tout cela, combiné aux fans français d'esport, qui sont réputés dans le monde entier pour être exceptionnels... C'est l'ensemble de ces éléments qui a motivé notre décision."
L'EWC se distingue de la plupart des autres compétitions d'esport en réunissant des tournois de plusieurs jeux vidéo. "Cela rassemble l'ensemble de l'industrie du jeu vidéo. C'est donc un peu différent des tournois traditionnels en termes d'ampleur et d'échelle", a poursuivi Ralf Reichert.
- "Belle opportunité" -
Vingt-cinq compétitions différentes auront donc lieu au cours de l'événement avec des jeux de référence dans l'esport à l'image de League of Legends, Dota2, Valorant, Rocket League ou encore Counter-Strike...
"Toutes proportions gardées, c'est un peu comme les Jeux olympiques de l'esport, si ce n'est que c'est une compétition par clubs et non par nations", a précisé à l'AFP Nicolas Besombes, sociologue de l'esport.
D'une ampleur pharaonique à l'échelle de l'esport avec une dotation record de 75 millions de dollars, l'événement avait vocation à se déplacer en dehors de l'Arabie saoudite à moyen terme. "La situation (géopolitique) a accéléré l'internationalisation de la compétition", a reconnu Reichert.
Pour Nicolas Besombes, la tenue du tournoi en France est une "belle opportunité" pour l'esport tricolore. "En terme d'attractivité et de rayonnement, c'est fantastique."
"On attend un impact important pour le tourisme francilien, c'est un beau coup de projecteur sur notre pays", a souligné William Elman, conseiller sport, vie associative et solidarité auprès de l'Elysée.
D'après les organisateurs, la compétition avait généré un impact économique de 600 millions de dollars l'an dernier en Arabie saoudite.
Dans la foulée de cette annonce, le président français Emmanuel Macron s'est félicité du choix des organisateurs. "C'est une première qui nous honore. Merci à l'Arabie saoudite pour sa confiance. Nous sommes prêts à organiser cette Coupe du monde d'esport 2026. Très fiers d’accueillir le monde à nouveau", a-t-il déclaré sur X.
(B.Hartmann--BBZ)