Berliner Boersenzeitung - Présidentielle au Kenya: Kenyatta soutient son ancien rival Raila Odinga

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Présidentielle au Kenya: Kenyatta soutient son ancien rival Raila Odinga
Présidentielle au Kenya: Kenyatta soutient son ancien rival Raila Odinga

Présidentielle au Kenya: Kenyatta soutient son ancien rival Raila Odinga

Le président kenyan Uhuru Kenyatta a officiellement annoncé samedi qu'il soutenait son ancien rival Raila Odinga pour la présidentielle d'août prochain.

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"Nous avons choisi Raila Odinga pour être le 5e président du Kenya", a lancé le président Kenyatta à plusieurs milliers de ses partisans rassemblés à Nairobi.

Le soutien de M. Kenyatta à M. Odinga scelle le rapprochement de deux des grandes dynasties politiques qui se sont historiquement combattues dans les urnes pour diriger le Kenya.

En 2018, Uhuru Kenyatta et Raila Odinga avaient sidéré le pays en se serrant la main et en déclarant une trêve après les violences post-électorales de 2017 qui avaient fait des dizaines de morts.

En 2007-2008, une autre vague de violences post-électorales avait déjà fait plus de 1.100 morts.

Le mois dernier, le parti Jubilee de M. Kenyatta avait annoncé rejoindre la coalition Azimio la Umoja (Quête d'unité) de Raila Odinga en vue des élections présidentielle et législatives de l'été.

"Nous n'avons aucun doute, nous avons un capitaine d'équipe qui s'appelle Raila Odinga", a affirmé samedi Uhuru Kenyatta, 60 ans, qui achève un second mandat et ne peut pas se représenter, selon la constitution kenyane.

A 77 ans, Raila Odinga qui va se présenter à une 5e élection présidentielle, a assuré accepter "cette nomination avec absolue gratitude et dévouement pour notre peuple".

Le rapprochement des deux anciens adversaires est l'évènement politique "le plus inattendu de l'histoire de notre pays", a-t-il ajouté.

Cette alliance entre les deux hommes laisse de côté le vice-président William Ruto, initialement destiné à succéder à M. Kenyatta, qui a néanmoins prévu de se présenter également à la présidentielle d'août.

William Ruto, 54 ans, a été exclu de Jubilee fin février. En rupture publique avec le président depuis plusieurs mois, M. Ruto ne s'est pas officiellement déclaré candidat mais s'affiche comme tel, multipliant les meetings.

Jeune et charismatique, M. Ruto a mené ces dernières années un opiniâtre travail de terrain, se voulant le représentant des "débrouillards" du petit peuple face aux dynasties politiques qu'incarnent MM. Kenyatta et Odinga, dont les pères furent respectivement président et vice-président du Kenya.

- Building Bridges -

La possible élection de Raila Odinga à la présidence marquerait également une rupture au niveau ethnique. Depuis l'indépendance en 1963, seuls des présidents des ethnies kikuyu, celle de Kenyatta, et kalenjin, celle de Ruto, ont en effet dirigé le Kenya.

L'élection d'un Luo en la personne de Raila Odinga marquerait donc une rupture significative dans plus d'un demi-siècle de la vie politique kenyane.

Ancien prisonnier politique et ancien Premier ministre, Raila Odinga bénéficie désormais du soutien de 26 partis politiques réunis au sein de la coalition Azimio la Umoja. Mais son image d'adversaire irréductible de l'establishment a souffert de son rapprochement avec le président Kenyatta.

Les deux hommes ont tenté en vain de réformer le régime avec un projet de révision constitutionnelle qui s'est heurté à une forte résistance.

Baptisée Building Bridges Initiative (BBI), cette révision prévoyait notamment de créer de nouveaux postes dans l'exécutif (un Premier ministre, deux vice-Premiers ministres, un leader de l'opposition) et d'augmenter le nombre de parlementaires de 290 à 360.

Selon le président Kenyatta, à l'origine de ce projet, cette ouverture du pouvoir aurait permis de diluer la règle du "vainqueur rafle tout", qu'il considère comme la cause des conflits post-électoraux qu'a connus le Kenya.

Pour ses détracteurs, il s'agissait surtout d'une manoeuvre du chef de l'Etat pour se maintenir au pouvoir en tant que Premier ministre.

Attaquée de toutes parts, l'initiative s'est embourbée dans un imbroglio juridique, jusqu'à remonter à la Cour suprême du pays dont le verdict est en suspens.

(A.Lehmann--BBZ)