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L'Egypte est venue à bout de l'Australie (1-1, 4-2 t.a.b.) vendredi au bout d'un seizième de finale suffocant et historique pour les Pharaons de Mohamed Salah, probablement opposés à l'Argentine de Lionel Messi au tour suivant.
Le capitaine de 34 ans n'a pas fait le match de sa vie mais il a écrit avec ses amis, sur la plus grande scène du football international, l'une des plus belles pages d'histoire de son pays, le plus peuplé du monde arabe.
L'ailier tout juste parti de Liverpool n'a pas tremblé au moment d'envoyer sa tentative, d'un "panenka" tranquille plein axe, alors que deux Australiens ont eux échoué.
"Si quelqu'un devait la tenter, c'était moi ! J'ai plus d'expérience que les autres et je voulais leur donner de la confiance. Je l'ai décidé à la dernière minute, je devais le faire", a-t-il commenté.
L'Australie avait tenté le tout pour le tout en faisant entrer l'expérimenté Mathew Ryan, gardien remplaçant de la Roma puis de Lens la saison dernière, juste avant la séance fatidique.
Las, son capitaine Harry Souttar a envoyé les siens dans le décor en manquant le tout premier tir au but de son équipe, d'une frappe envoyée au-dessus de la cage, avant un autre échec du très jeune Lucas Herrington (18 ans), dont la frappe a été repoussée par la barre transversale.
Les Socceroos subissent une troisième élimination en autant de matches à élimination directe, après avoir déjà pris la porte et de justesse face aux futurs champions du monde, en 2006 contre l'Italie et en 2022 contre l'Argentine.
- Ashour à nouveau buteur -
L'Egypte en revanche n'a pas manqué son rendez-vous avec l'histoire, elle qui n'avait jamais remporté de match couperet en Coupe du monde. Cette première lui laisse entrevoir un 8e de finale contre l'Albiceleste, si Messi et sa bande font respecter leur supériorité contre le Cap-Vert.
Sa qualification est méritée après avoir poussé, en force et en vain, avant et pendant les prolongations. Sans une claquette spectaculaire de Patrick Beach sur une tête de Ramy Rabia (90e+3), le sort de la rencontre aurait été plié plus tôt.
Les Pharaons ont mené très tôt sur un rare éclair dans l'ennui d'une première période sans relief ni grands frissons, si ce n'est ceux provoqués par la climatisation du stade au toit fermé d'Arlington.
Emam Ashour a piqué une belle tête entre le gardien et un poteau (13e, 1-0), bien servi par un centre de Karim Hafez et bien aidé par le trou laissé par la défense "aussie", aussi.
L'ouverture du score a offert deux belles histoires, à commencer par celle d'Ashour, milieu offensif de Al-Ahly, de nouveau dans la lumière deux semaines après avoir ouvert son compteur international, contre la Belgique (1-1) au début du Mondial.
- Hassan, la belle entrée -
Et il y a celle de son passeur, Hafez, qui n'avait jusqu'ici disputé que sept minutes dans la compétition, et qui s'est retrouvé parmi les titulaires après le forfait du latéral gauche habituel, Ahmed Fatouh.
Le spectacle s'est fait rare avant la mi-temps et beaucoup moins après. Omar Marmoush a donné le ton en se procurant une balle du KO moins de dix secondes après la reprise, mais il a manqué son face-à-face devant le gardien égyptien, en tirant à côté (46e).
Malgré ce coup de chaud, les Socceroos ont pris les commandes et sont passés véritablement à l'attaque.
Leur récompense est venue d'un coup de pied arrêté (une de leurs armes préférées) et d'un coup de chance, quand le coup franc d'Aiden O'Neill a été prolongé par la tête de Mohamed Hany dans son propre but (55e, 1-1).
L'Egypte n'a repris du poil de la tête qu'après l'entrée de Haissem Hassan, ailier passé par les sélections jeunes de l'équipe de France, son pays natal.
L'actuel joueur d'Oviedo, en Espagne, a mis le feu à la défense, sur des dribbles, des centres et même sur un tir dangereux, dévié par un défenseur (90e+6).
Lui et ses partenaires n'ont pas trouvé la faille, mais leur mental d'acier a fait la différence quand il le fallait.
(A.Berg--BBZ)